ÉPILOGUE. Ml
L'erreur de la plupart des hommes est de coufondre la vie avec ses manifestations.
Il y a deux mondes : le monde de l'être ^ et le monde des manifestations.
A l'essence de la vie répond donc un ordre ^ et à la manifestation de la vie un autre ordre.
La vie est toujom*s présente.
Donc ce présent embrasse le temps dans son immensité , dans son infinité.
Vous êtes étemel , puisque vous vivez. La vie en ellemême est étemelle et infinie.»
Vous êtes éternel comme homme : vous embrassez l'éternité sous l'aspect de l'humanité. Vous êtes Dieu-Homme.
Ensuite ^ et dans une autre sphère^ viennent les manifestations ; ce que vous étiez hier, ce que vous êtes aujourd'hui5 ce que vous serez demain ; non pas réellement ce que vous étiez, ce que vous êtes, ce que vous serez, mais ce que vous manifestiez, ce que vous manifestez , ce que vous manifesterez*
L'erreur de la plupart des hommes, encore une fois, est de confondre la vie avec ses manifestations, et de ne pouvoir distinguer ce que nous venons de distinguer , Y être et ses manifestations ; de ne pas comprendre que la vie est toujours présente, et par conséquent éternelle; que par conséquent nous vivons éternellement par cela seul que nous vivons.
Vous êtes, donc vous avez la vie éternelle ; car être emporte l'infinité et l'éternité.
Vous n'avez, il est vrai, cette vie qu'imparfaitement, et
comme une créature ; vous ne l'avez pas comme Dieu ^ qui l'a d'une manière infinie ; vous ne l'avez que d'une manière finie. Mais enfin vous l'avez.
Mais ensuite s'agit-il de la vie manifestée, il faut à cette vie un objet, il vous faut un objet ; cet objet est fini, comme vous-même l'êtes en essence.
Voilà le temps, voilà l'espace, non plus le temps dans son immensité , l'espace dans son immensité , mais le temps limité, l'espace limité.
Ainsi la vie manifestée est toujours dans le temps et dans l'espace.
Donc, étant éternels et infinis, c'est-à-dire participant de l'éternel et de l'infini de cette façon , nous trouvons par là même en nous la certitude de cette autre éternité et infinité qui consiste dans la manifestation.
En d'autres termes , nous sentant participer de l'infini en^ essence et en puissance, nous devons en conclure la manifestation éternelle de cette virtualité que nous sentons en nous.
Mais c^tte manifestation ne dépend pas de nous seulement; elle dépend de Dieu, elle dépend des créatures; elle est le fait du non-moi comme le fait du moL
Or, non seulement vous vous sentez être, c'est-à-direi éternel, en d'autres termes vous vous sentez une virtualitéi infinie et éternelle ; mais je dis que vous vous sentez , en tant que tel, lié aux autres hommes, à l'humanité.
En sorte que, bien qu'êtres finis, nous sommes unis à^ l'humanité d'une manière infinie à chaque instant de notre existence.
Ponc cette union éternelle qui lie l'homme- à l'homme , à l'humanité, se réalise à chaque instant donné de notre