‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 3)Chapitre 27 sur 31 · ÉPILOGUE. M · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE. M

vie. L'inlSnité et Téternité de ce lien se peint et se reflète , pour ainsi dire, dans chaque moment de notre existence. Or c'est précisément en cela que consiste l'infinité et l'éternité. Donc, vous démontrant qu'à un instant donné vous êtes en communion nécessaire avec l'humanité, je vous montre de plus que vous le serez toujours, puisque vous ne l'êtes réellement à un instant donné que parce que virtuellement vous l'êtes toujours, en un mot que vous l'êtes par essence.

Regardez ce qu'il y a d'éternel et d'infini en vous ; car là est véritablenaent votre être, là est véritablement votre vie. Et si réellement vous êtes lié à l'humanité par ce qu'il y a d'éternel et d'infini en vous , il s'ensuit que vous êtes lié à l'humanité d'une façon éternelle et infinie à chaque instant de votre existence ;

Que, par conséquent, la normalité de votre existence consiste à ne pas violer ce lien qui vous unit à l'humanité.

Donc vous devez vivre comme si vous deviez vivre éternellement dans l'humanité ;

Et quand vous ne vivez pas ainsi , vous êtes blessé d'une façon éternelle dans votre vie présente ;

Ce qui revient à ceci , que vous êtes vicié dans votre vie éternelle.

Gomme un miroir reflète les objets placés devant lui > « comme l'eau d'un lac ou d'une rivière reflète le ciel et les arbres de la rive , ainsi le moi humain reflète le non-moi , et réciproquement le non-moi reflète le moi,

Chaque homme, en ayant devant lui le non-moi que l'on

appelle humanité ^ a, pour ainsi dire, lui-méine ou son propre moi devant lui. Suivant donc qu'il se conduit avec ce non-moi, qui le reflète et dans lequel il se reflète, sa vie se développe ou s'atrophie , se perfectionne oii se vicie. Il ne peut être méchant sans se nuire à lui-même.

Les Chrétiens, pour s'encourager à l'aumône et à la charité, ont coutume de faire cette réflexion, que l'infortuné qui a recours à eux pourrait être leur Sauveur. « Il est pQssible, disent-ils, que ce pauvre soit Jésus-Christ» Il faut aller plus loin que les Chrétiens ; il faut nous dire : c Cet homme notre semblable , c'est nous-même. » Tous tant que vous êtes, hommes, vous êtes cela; et, chacun de vous étant cela , chacun n'a en lui que la moitié de «a vie pour ainsi dire , l'autre moitié étant dans son objet nécessaire , c'est-à-dire dans l'humanité. Et ayant ainsi la moitié de sa vie dans l'humanité , il se trouve n'avoir pas même cette moitié , s'il isole son bonheur du bonheur dé l'humanité* Car la vie , ainsi divisée , par la volonté du Créateur , dans l'homme sujet et dans l'homme objet , est au fond indivise ; tellement que là où il n'y a que la moitié de la vie, c'est-à-^ dire le sujet ^ns l'objet, le sujet non uni à son objet néces* saire, il n'y a pas la vie, il n'y a rien.

Voilà, suivant nous, la réponse qu'il faut faire, avec Moïse , avec Jésus, avec S. Patil, à l'antique problème, pre-» mier mobile de toute la philosophie des Grecs : Tvêûôi tnwrbv^ Nosce te ipsum, connais-toi toi-même*

Platon, dans son ProtagoraSj rapporte, en efiet, que les anciens sages de la Grèce avaient écrit dans le temple de

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