‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie]Chapitre 32 sur 60 · DE LA CHARITÉ, REMÈDE DU MAL · texte numérisé non relu

DE LA CHARITÉ, REMÈDE DU MAL

Nous venons, je crois, de démontrer métaphysiquement un grand principe de morale et de politique , ou plutôt le principe fondamental de la -morale et de la politique.

Les anciens sages ^ Gonfùcius, Jésus ^ avaient dit : Aimez votr^e prochain comme vous-même.

On n'a pas encore bien compris , ce me semble , la profondeur de leur parole. La philosophie en donne aujourd'hui la démonstration en ajoutant: Votre prochain, c'est vous-même; car c'est votre objet,

La vie est une communion : communion avec Dieu^ communion .avec nos semblables ^ communion avec l'univers. Mais l'homme ne peut communier directement ni avec Dieu, ni av«c les créatures autres que l'homme ; tandis qu'au contraire, par la communion avec l'homme, il peut communier légitimement et normalement avec Dieu et l'univers. S'il délaisse sa communion nécessaire avec ses semblables, pour s'attacher aux espèces inférieures de la création , il dégénère de sa nature d'homme , sans pouvoir se faire semblable à ces espèces inférieures auxquelles il s'attache. Si également il délaisse sa communion nécessaire avec ses semblables ^ pour s'attacher à une communion directe avec Dieu , cette communication directe avec l'Être Infini étant impossible, il dégénère également de sa nature d'homme , et ne devient point pour cela-semblable à Dieu. Dans le premier cas , il essaie vainement de se {dire sensation, et il souffre; et justement, parce que sa nature normale est d'être sensationsentiment-connaissance indîvisiblement unis. Dans le second cas, encore, il essaie vainement de se faire connaissance, et il souffre ; et justement, parce que sa nature normale est d'être sensation - sentiment - connaissance indivisiblement unis.

Au contraire, si, reconnaissant sa vraie nature, il communie directement avec ses semblables, indirectement avec Dieu dans une communion directe avec ses semblables , in^

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directement avec l'univers clans une communion directe avec ses semblables ^ l'homme est dans sa nature et dans la vérité.

Aimez donc votre prochain^ parce que votre pi*ocfaaîn vous est uni dans la vie, et qu'en ce sens votre prochain , c'est vous-même. Apprenez à vous aimer là oii vous êtes, c'est-à-dire dans vos semblables, dont l'existence manifeste, au premier chef, votre existence. Vous ne sauriez échapper à cette loi d'amour et d'union; vous ne sauriez du moins la violer sans souffrir. Car vous êtes indivisiblement sensationsentiment-connaissance; et votre connaissance consiste, au premier chef, à reconnaître cette loi ; votre sentina^eut consiste à l'aimer et à la vouloir ; votre sensation ou votre activité consiste à la pratiquer. Et si vous ne savez pas la reconnaître, l'aimer, la pratiquer; par un effet nécessaire, par une correspondance qui tient à cette loi elle-même , et qui en est un corroilaire identique avec elle, vous violez l'essence de votre nature; et du même coup, par conséquent, vous vous corrompez et vous souffrez.

Que deviennent tous les sophismes de l'égoîsme devant cette loi de la vie que nous venons de démontrer! Puisque notre vie est liée à ce point à celle de nos semblables, puisque nous sommes unis à l'humanité, puisque nos semblaUes au fond c'est nous , encore une fois que devient l'égi^me 9 et que deviennent les fausses doctrines fondées sur l'intérêt in<dividuel et égoïste de chacun ? Évidemment l'égoîsme tourne à sa propre défaite; il se détruit parhii-même. Vous voulez vous aimer : aimez-vous donc dans les autres ; car votre vie est dans les autres , et sans les autres votre vie n'est rien. Ainiez-vous dans les autres; car si vous ne vous aimez pas ainsi , vous ne savez pas réellement vous aimer.

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