SUITE
Cette loi de Tunité et de la communion est si certaine et si évidente, qu'elle est apparue même aux philosophes les plus éloignés de toute religion.
Qu'est-ce en effet, je le demande, que la doctrine de l'm- , ter et bien entendu pris comme principe constitutif de la morale, à laquelle est venue aboutir, sous un de ses aspects principaux, la philosophie du dernier siècle?
Après avoir tout désuni, tout séparé, tout abstrait, après avoir réduit l'homme à la sensation , au pur fini , et nié sa solidarité avec le genre humain, après avoir nié jusqu'à l'Être Infini qui relie entre eux tous les êtres particuliers , voilà , au bout de leurs raisonnements , les philosophes de la sensation et de l'égoîsme qui prêchent à l'homme ainsi individualisé la vertu et l'union avec tous les hommes ! C'est qu'ils étaient arrivés, malgré eux, par des considérations objectives et empiriques, ou plutôt encore par la voix instinctive du sentiment, que tous les sophismes du monde ne peuvent étouffer, à reconnaître cette unité de la vie qui fait de l'homme l'objet nécessaire de la vie de l'homme.
Mais quelle sanction avait cette doctrine? Comment le. bien des autres fa.it-il mon bien? ou comment mon bien estil lié à celui des autres?
La sanction qui manquait aux moralistes dont nous par-^ Ions , nous venons de la donner.
156 DE L'HUMAJVITÉ,
Ainsi , d'un côté ^ Jésus et tous les grands législateurs religieux ont fait un précepte de la charité , saqs en apporter d'autre raison que la volonté de Dieu.
Et, d'un autre côté^ les philosophes les plus irreligieux ont vanté la charité comme étant de notre intérêt.
Nous venons de démontrer^ par la loi même de la vie, qu'en effet la charité est notre loi et notre intérêt