‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie]Chapitre 33 sur 60 · SUITE · texte numérisé non relu

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Cette loi de Tunité et de la communion est si certaine et si évidente, qu'elle est apparue même aux philosophes les plus éloignés de toute religion.

Qu'est-ce en effet, je le demande, que la doctrine de l'm- , ter et bien entendu pris comme principe constitutif de la morale, à laquelle est venue aboutir, sous un de ses aspects principaux, la philosophie du dernier siècle?

Après avoir tout désuni, tout séparé, tout abstrait, après avoir réduit l'homme à la sensation , au pur fini , et nié sa solidarité avec le genre humain, après avoir nié jusqu'à l'Être Infini qui relie entre eux tous les êtres particuliers , voilà , au bout de leurs raisonnements , les philosophes de la sensation et de l'égoîsme qui prêchent à l'homme ainsi individualisé la vertu et l'union avec tous les hommes ! C'est qu'ils étaient arrivés, malgré eux, par des considérations objectives et empiriques, ou plutôt encore par la voix instinctive du sentiment, que tous les sophismes du monde ne peuvent étouffer, à reconnaître cette unité de la vie qui fait de l'homme l'objet nécessaire de la vie de l'homme.

Mais quelle sanction avait cette doctrine? Comment le. bien des autres fa.it-il mon bien? ou comment mon bien estil lié à celui des autres?

La sanction qui manquait aux moralistes dont nous par-^ Ions , nous venons de la donner.

156 DE L'HUMAJVITÉ,

Ainsi , d'un côté ^ Jésus et tous les grands législateurs religieux ont fait un précepte de la charité , saqs en apporter d'autre raison que la volonté de Dieu.

Et, d'un autre côté^ les philosophes les plus irreligieux ont vanté la charité comme étant de notre intérêt.

Nous venons de démontrer^ par la loi même de la vie, qu'en effet la charité est notre loi et notre intérêt

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