I^RATE
j» Il me paraît que vous vous formez une idée singulière de ]i ce que j'appelle la connaissance des choses d'en hauti Vous t aroy«z saas doute que si quelqu'un apprenait quelque chose « en considéranidebas en baut les peintures d'un plafond^ il r^arderait des yeux de l'âme, et non de ceux du corps. )) Peut-être avez-vous raison , et me trompé-je grossièrement. » Pour moi 9 je ne puis reconnaître d'autre science qui fasse » regarder l'âme en haut que celle qui a pour objet ce qui est » et ce qu'on ne voit pas. Et tandis que quelqu'un s'occupera » de quelque chose de sen^iblç, soit qu'il regarde en l'air la » bouche béante , soit qu'il baisse la tête et ferme les yeux, je »ne dirai jamais qu'il apprend quelque chose, parce que » sentir quelque chose n'est pas connaître ; ni que son âme » regarde en haut , mais en bas , quand m6uie il serait ccmché » à la renverse sur terre ou sur mer (1). »
Socrate a raison. Le ciel de notre âme n'esl pas dans ces astres que nos yeux considèrent Ces astres , quand même nous pourrions nous y transporta, ce ne serait pas le ciel^
(1) LiTre VIII , traduction de Gnra.
ce serait encore la terre. Ce serait un voyage comme celui que nous pouvons faire sûr la planète que nous habitons. Nous verrions d'autres corps , et voilà tout. Notre âme ne trouverait pas là le ciel.
Mais il faut aller plus loin que Socrate^ et être plus conséquent que lui. Il faut dire avec Socrate que le ciel n'est ni en haut ni en bas^ ni dans les objets que nous offre la terre ni dans les astres du firmanuent. Mais il ne faut pas mettre le ciel^ comme Socrate^ dans la pt^re intelligence, dans l'intelligible seulement Nous sommes sensation -sentiment-connaissance indivisiblement unis. Le ciel n'est donc pas dans l'intelligence seulement II est dans la sensation et dans le sentiment, comme dans l'intelligence^ ou plutdt il est dans le développement simultané de ces trois aspectsde notre nature réunis dans l'unité de cette nlsitare.