‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie]Chapitre 48 sur 60 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

DE l'Être abstrait ou universel appelé humanité ; har-

MONIE ET IDENTITÉ DE L'hUMANITÉ ET DE l'hOMME.

Jordano Rruno, au seizième siècle, disait cette mémorable parole : « Quand je vois un homme, ce n'est pas un » homme en particulier que je vois , c'est la substance en » particulier. »

Bruno , prédécesseur de Spinoza et des panthéistes modernes, enseignait là à la fois une grande vérité et une grande erreur. Oui, peut-on lui répondre, c'est la substance en général qui vous apparaît dans l'être particiflier ; mais ce n'en est pas moins un être particulier qui est devant vous. Cet homme, c'est l'être en général; mais pourtant c'est un homme, et c'est tel homnae en particulier. Toutes les religions n'ont-elles pas enseigné que Dieu créa Thomme à son image? Donc l'homme, et en général toutes les créatures, sont de nature divine , sont de Dieu. Dieu , ou l'Être Infini , ne peut créer qu'avec sa propre substance. Donc vous^

comme Spinoza y comme Schelling et Hegel^ qui sont venus à votre suite, avez raison de dire que dans cet homme vous voyez l'être, la substance. Dieu. Mais vous, et Spinoza, et Schelling, et Hegel, vous avez tort de dire pour cela que cet être soit Dieu. II est Dieu en tant qu'il vient de Dieu, qu'il procède de Dieu ; mais il n'est pas Dieu pour cela.

A l'exemple de Jordano Bruno, je dirais volontiers : « Quand je vois un homme , c'est l'humanité que je vois ; » mais j'ajouterais : « Et c'est pourtant un homme particulier. »

L'humanité est virtuellement dans chaque homme, mais il n'y a que des hommes particuliers qui aient une existence véritable au sein de l'Être Éternel L'humanité est un être générique ou universel; mais les universaux^ comme on disait dans l'école, n'ont pas une existence véritable , si l'on entend par là une existence pareille en quelque chose à celle des êtres particuliers.

On se fait ordinairement de ce qu'il faut entendre par l'humanité des idées fort légères et très confuses. On appelle humanité l'ensemble des hommes qui ont paru ou qui paraîtront sur la terre, additionnés pour ainsi dire ensemble; ou bien l'on s'élève jusqu'à concevoir par humanité une espèce d'être collectif, provenant du jeu et de l'influence réciproque de tons ces hommes les uns sur les autres. Il faut avoir de l'hulnanité une idée plus nette et plus profonde. L'humanité, c'est chaque homme dans son existence infinie.

Nnl homme n'existe indépendamment de l'humanité, et néanmoins l'humanité n'est pas un être véritable; l'humanité, c'est l'homme, c'est-à-dire les hommes, c'est-à-dire des êtres particuliers et individuels.

Je dis d'abord que nul homme n'existe indépendamment de l'humanité. En effet, vous est-il possible de vous faire

ridée d'un homme sans avoir en même temps Tidée de l'humanité? Ne commencez- vous pas, au contraire, quand vous parlez d'un pareil être, et que vous voulez vous le représenter, par dire que c'est un homme.^

Et si vous voulez vous en faire une idée plus complète , après l'avoir d^ni par son espèce et avoir vu en lui l'humanité, ne le définissez -vous point par son pays et par le temps où il a vécu? C'est-à-dire que, pour le comprendre, vous êtes obligé encore de le comprendre en compagnie d'une multitude d'autres hommes; vous ne le voyez que parce que vous voyez avec lui l'humanité d'un certain temps ou d'un certain pays.

Il y a donc un relBet nécessaire de l'être particulier homme dans l'être général humanité, et réciproquement de l'être général ou collectif humanité dans l'être particulier homme , qui fait que vous ne pouvez pa^ séparer l'être particulier homme de tous ses semblables qui ont vécu , qui vivent , ou qui vivront, et que vous voyez réellement ensemble et du même coup l'iKHnme et l'humanité.

Ainsi, objectivement, vous ne pouvez pas séparer ces deu& termes homme et humanité ; j'entends que quand vMs con« sidérez un homme, vous voyez réellement tous les hommes, et que vous ne pouvez pas voir l'individu sans voir l'espèce.

Ce que vous ne pouvez pas faire objectivement pour les antres, le pouvez-vous faire subjectivement pour vous?

Rentrez en vous-même, et considérez -vous; cherchez ce que vous êtes : vous trouverez toujours en vous l'homme , non pas seulement l'être en général, mais l'être sous une condition déterminée , sous la condition humaine. Vous êtes virtuellement un être infini , je l'accorde ; mais je dis que virtuellement aussi vous êtes un homme dans toutes lésas-

pirations de votre être. Vous êtes sorti homme du sein de

Dieu 9 et vous embrassez virtuellement l'infini sous cet

aspect.

Donc l'être particulier homme n'est pas séparable de l'humanité ; et on peut dire, à l'instar de l'idée de Jordano Bru-

no : « Quand je vois un homme , c'est l'humanité que je

vois. »

Et pourtant l'humanité n'est pas un être véritable. Quelle idée, en effet, s'en former à ce titre? Additionner, comme je disais tout à l'heure, toutesi^les générations d'hommes les unes au bout des autres, toutes les races, tous les peuples, ne donnera qu'un chiffre, et ne donnera pas l'humanité. Considérer que les hommes agissent et réagissent les uns sur les autres , et par suite voir , dains ces générations qui s'ajoutent les unes aux antres , comnne une sorte d'être abstrait qui croit et se développe , cela est vrai et juste ; mais pourtant oti est l'être, l'être véritable? D'être véritable, je ne vois que les hommes, les individus, les êtres particuliers; je ne vois rien qui ait vie, sentiment, conscience, intelligence, responsabilité^ dans cet être abstrait que conçoit mon esprit ! Qu'est-ce donc , encore une fois , que l'humanité ?

Je dis que c'est l'homme.

C'est l'homme-humanité ; c'est-à-<lire , c'est Thomme, ou chaque homme, dans son développement infini, dans sa virtualité qui le rend capable d'embrasser la vie entière de l'humanité, et de réaliser en lui cette vie.

cLe monde intellectuel dont les anciens ont tant parlé, » dit quelque part Leibnitz (1) , est en Dieu et en quelque

(i) RépHque aux Réflexions de Bayle»

» façon en nons aussi. » Je dirai , en répétant cette pensée : L'humanité 5 portion de ce monde intellectuel et invisible dont parle ici Leibnitz^ après les anciens , existe en Dieu et en nous aussi.

Je commencerai par démontrer que l'humanité existe en nous.

L'humanité 5 dans quelque sens qu'on entende ce mot, existe en nous, comme l'amour, T^mitié, la haine, et toutes nos passions. L'amour, l'amitié, la haine, toutes nos passions, n'ont pas une existence véritable, une existence d'être; et pourtant nous n'existons que par eHes. Comment ces passions , qui n'existent réellement pas, sont-elles néanmoins cause de notre vie, et notre vie même? C'est qu'elles sont en nous; et, de plus, c'est qu'elles y sont de deux façons , subjectivement et objectivement. Il en est de même de l'humanité, qui est à la fois dans le moi et dans le semblable, et qui relie ainsi par l'identité le moi au semblable.

Cette vérité, que nos passions sont en nous et hors de nous , c'est-à-dire qu'elles sont en nous de deux manières, subjectivement et objectivement, se. montre manifestement dans toutes les passions énergiques et dans toutes les situations graves de notre âme, aussi^bien que dans le langage que ces passions nous inspirent. Dans l'amour , dans l'amitié, dans tous les grands attachements, n'identiiions-nous pas notre objet avec nous, et ne sentons-nous pas que l'être aimé est tellement lié à notre vie , qu'il est pour ainsi dire noti*e vie même? Il est bien vrai que ces passions ont leurs cours, et que nous sortons, avec le temps, de ces situations où un seul être semble absorber notre vie tout entière. Mais nous n'en sortons qu'en restant dans une relation pareille,, quoique moins intense , avec nos semblables en général , ou^

avec certains de nos semblables ; de sorte que ces passions et ces situations extrêmes dont je parle restent tQujours type de notre existence.

Or ce que nous sentons et proclamons nous-mêmes dans ces passions extrêmes 5 pourquoi ne le reconnatti^ions-nous pas de notre existence en général ? Et s'il est vrai que lorsque nous nous sentons vivre énergiquement 5 nous ne vivons qu'unis à un non-moi qui est la nature humaine y et pour ainsi dire notre propre moi hors de nous^ pourquoi ne reconnaitrions-nous pas que telle est en général et toujours notre destinée 9 c'est-à-dire que le moi ne vit réellement que parce qu'il est uni à un non-moi qui est encore nous? Ne seraîent-ce point par hasard ces mêmes^ passions particulières qui nous empêchent précisément de reconnaître cette vérité ; et n'est-ce point parce que nous mettons trop exclusivement notre vie ^ par suite de notre ignorance , dans tels ou tels de nos semblables 5 que nous n'apercevons plus clairement le lien qui nous unit à tous nos semblables?

Quoi qu'il en soit 3 il est donc certain , l"* que ces passions nommées amour ^ amitié, haine, etc. , ont leur siège et leur résidence en nous, existept subjectivement en nous, à tel point que si elles n'étaient pas en nous, bien qu'invisibles, nous ne serions pas. Ainsi d'abord ces passions bonnes on mauvaises, c'est nous, ce sont des hommes, c'est l'homme. Eh bien, il en est de même, sous ce premier rapport, de l'être abstrait ou universel appelé humanité. L'humanité, c'est la nature humaine en nous, c'est-à-dire la nature générique de l'homme contenue virtuellement en nous dans toute son infinité , et réalisée partiellement d'une certaine façon constituant à la fois notre particularité et notre vie présente.

2"" Hais il est également certain que ces mêmes passions, l'amour 9 l'amitié, etc. , ont encore leur siège dans les objets de cet amour, de cette amitié. Car ces objets sont nécessaires pour que ces passions existent , et ces objets causent invinciblement ces 'passions. Ainsi ce qui est en nous, la haine, l'amitié, l'amour, est également hors de nous; ces passions , qui existent pour nous subjectivement , existent aussi pour nous objectivement Eh bien, sous ce second rapport , il en est encore de même de l'humanité. La nature humaine qui est en nous, est réalisée hors de nous dans nos semblables, ce qui fait qu'étant en nous elle est encore pour nous hor^ de nous. L'humanité , sous ce second rapport, c'est notre propre nature qui s'offre à nous; ce sont nos sentiments et nos idées (non paip nos sentiments actuels et nos idées actuelles, mais nos sentiments et nos idées dans toute leur infinité) qui s'incarnent et se montrent manifestées et réalisées autour de nous dans le temps et l'espace.

Donc , en définitive , l'humanité existe en nous de deux façons, subjectivement et objectivement. Ce qui est virtuellement en nous, nous le trouvons encore hors de nous dans l'humanité. «Et ces choses qui sont en nous se préseurtant à nous objectivement sous la forme du semblable ou de l'humanité , de là résulte la vie.

Oui , à véritablement parler , ce sont nos sentiments , et toutes les idées que ces sentiments nous suggèrent, qui, se réalisant dans le cours des siècles , forment l'humanité.

De même que, réciproquement, c'est l'humanité qui, existant hors de nous et en nous, cause ces sentiments et ces idées qui sont notre vie.

L'humanité, donc, est un être idéal composé d'une mul-^

titude (t êtres réels qui sont eux-mêmes t humanité en germe, l'humanité à l'état virtuel. -

Et réciproquement l'homme est un être réel dans lequel vit, à l'état virtuel, l'être idéal appelé humanité. L'homme est rhumanité dans une manifestation particulière et actuelle.

Il y a pénétration de l'être particulier homme et de l'être général humanité. Et la vie résulte de cette pénétration.

Partant dans un autre ouvrage de la relation nécessaire de l'homme à la société, j'employais la similitude de l'image (fae produit la réflexion de notre corps dans un corps poli^ et je comparais cette image , ainsi produite par une véritable pénétration de deux êtres , à la vie résultant de la pénétration mutuelle jdu de l'union de l'homme individu et de la société. Je disais :

«Comment avons- nous connaissance de notre corps? » N'est-ce pas en nous regardant dans un autre corps qui » réfléchit nos traits? Ce que nous voyons ainsi, ce n*est » donc pas notre corps , c'est la glace où nous nous regar- » dons. Donc ce qui fait l'image , c'est la glace. Mais la glace » elle-même, si notre corps n'était pas devant elle, ne réflé- » chirait pas cette image. C'est donc notre coi*ps aussi qui » fait l'image. Néanmoins notre corps et la glace sont tout » à fait indépendants l'un de l'autre , quoique nous ne con- » naissions notre corps que par le moyen de l'un et de Tau- » tre. Il en est de même de la vie humaine. La vie humaine, » c'est la connaîsi^ance , le sentiment , la sensation qui ré- }> sultent de la coexistence de l'homme et de la société. Sup- » primez l'un ou l'autre, la vie cesse et disparaît, comme » l'image dont nous parlions tout à l'heure. 'L'homme et la » société sont pourtant aussi distincts, aussi indépendants ^

» que le sont notre corps et la glace où nous nous regar- }»dons. Mais c'est qu'il y a^ de l'homme à la société, delà » société à l'homme , une pénétration mutuelle^ par laquelle » ils se confondent sans cesser d'être distincts , de même que » notre corps et la glace se réunissent dans notre image (1). »

La société politique , dont je parlais en cet endroit , n'est qu'un cas particulier de l'humanité. Ainsi ce que je disais de la société politique s'applique à l'humanité en général. L'homme vit par l'humanité, quoique l'humanité soit l'homme.

L'humanité, considérée comme être collectif, n'existe donc pas d'une existence véritable , si nous la séparons de notre propre existence. Mais chaque homme est l'humanité, et ainsi l'humanité existe d'une existence véritable. Ne la cherchez pas en elle-même comme un être , car vous ne la trouveriez pas ; ne la cherchez pas hors de nous. Mais elle existe pourtant, et si bien, que vous ne pouvez pas voir un homme sans la voir et sans en avoir une idée.

Ce moi qui fait votre être, et que vous reconnaissez pour votre être, et que vous sentez durable même après la mort, ce moi, c'est l'humanité. Car ce moi n'existe pas sans un non-mois et ce non-^moi est l'humanité. Donc ce moi luimême est l'humanité.

Que l'homme donc se défasse de cet orgueil qui lui fait croire qu'il existe par lui-même indépendamment de l'humanité. Sans doute il existe par lui-même , puisqu'il est l'humanité, comme je le dis; il existe en Dieu par lui-même en tant qu'humanité. Mais il n'existe par lui-même en Dieu qu'en tant qu'il est humanité ; ce qui revient précisément à

(1) De V Egalité, deuxième partie, chap. IV.

20è DE L'HUMANITÉ.

ceci , qu'il n'exfste pas par lui-même ^ mais uniquement par l'humanité.

Les phis grossiers des hommes et les plus intelligents sont également portés ^ par des motifs différents^ à cet orgueil qui les fait se considérer comme existants par eux-mêmes^ indépendamment de l'humanité leur mère. L'ignorant ^ qui ne considère que ses sens^ dit : « Ces sens sont bien à moi ; je les possède par moi-même ; » et le voilà qui se regarde comme un être entièrement isolé, jeté par la nature au milieu de la masse des animaux, sans avoir plus^de relation avec les hommes ses semblables qu'avec les autres êtres , à moins qu'il n'accepte et ne constitue lui-même ces relations. Le savant, à son tour, dit : «Quel rapport entre moi et ce igenre humain qui m'est si inférieur! Mon intelligence est lien à moi; l'élévation de mon âme est à moi. »

Non, ni votre intelligence, ni la grandeur de vos sentiments, ni même vos sens et leur pénétration, rien de tout «cela n'est à vous; car vous tenez tout cela de l'humanité. Vous êtes sortisse l'humanité, vous vivez dans Thiimanité, vous vivez pour l'humanité. Tes sens, sauvage orgueilleux, qui te les a faits ce qu'ils sont , sinon la longue suite de tes ayeux? Grois^-tu que tout animal ait les mêmes sens que toi? Tu as hérité ces sens de tes pères , et tu les transmettras toimême modiflés à tes fils. Ce qui, à cet égard, t'appartient 'donc uniquement, c'est la modific|ition que tu apportes à l'humanité. Il en est de même de l'intelligence de l'orgaeilleux civilisé, qui croit savoir et sentir par lui-même. Insensé! il n'a de connaissance et de sentiment que par l'humanité et pour l'humanité. Son esprit, dont il est si fier, lui vient des autres; son âme, dont il s'enorgueillit, c'est j'humanité tout entière qui a contribué à la former. Si ce

qu'il tient des autres lui était ôté, au lieu de ce magnifique vêtement de son esprit dont il se pare et qu'il croit à lui, il resterait nu comme le geai de la fable.

N'ai-je pas en effet démontré solidement , dans un autre écrit (1), que l'esprit humain forme un grand tout, une unité, dont si on isole l'esprit d'un des hommes quelconques qui ont vécu , et qui ont été doués de plus de génie que les autres , à Tinstant même ces grands esprits n'ont plus ni valeur ni signification. Ils valent par leur union avec l'esprit humain. De même qu'ils avaient été préparés, amenés, ils ont, à leur tour, préparé, amené ceux qui les ont suivis; voilà en quoi ils valent : mais ôtez-les de cet ensemble, et leur valeur s'évanouit. Les vérités relatives qu'ils ont connues deviennent des erreurs; ce ne sont des vérités qu'à condition que, reprises et transformées, elles se perfectionneront encore. Ce ne sont des vérités supérieures que par la comparaison avec celles qui avaient été aperçues auparavant. Que resterait-il donc soit au philosophe, soit à l'artiste, soit à l'industriel, si l'humanité qui, de toute façon, lui a donné naissance , et lui a fourni les matériaux de son âme, de son esprit, de sa puissance, lui retirait ses dons? Il ne lui resterait pas même la possibilité d'être! On ne pourrait pas même supposer qu'il aurait pu être. En effet, être, pour cet esprit, c'est être homme. Être homme, c'est être homme dans un certain temps' et dans un certain pays. Conséquemment, avec la supposition de son existence, rcr ^ vïent l'intervention effective de l'humanité : le supposer, - c'est supposer l'humanité; c'est donc supposer qu'il est par l'humanité et pour elle.

(1) Béfuiation de CÉcUctisme, première partie, $ VII, unité de Vesprii hih main.

Philosophe athée ou dévot, ne soyez pas assez orgueilleux pour croire que ce qui vous a été prêté > vous puissiez l'eule* ver à cette essence générique dont vous n'êtes, après tout, qu'un représentant supérieur. Vous représentez l'humanité ; vous n'avez pas de rôle qui vous soit propre et particulier. Vous êtes un représentant particulier de l'humanité ; c'est là ce qui constitue votre particularité. Mais cette particularité ne va pas jusqu'à être par vous-même, indépendamment de l'humanité.

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