CHAPITRE PREMIER
l'idée des anciens sur la VIE FUTURE A ÉTÉ UNIVERSELLEMENT QUE L*HOMME RENAISSAIT DANS L*HUMANITÉ.
Nous n'enseignons ici rien de nouveau 5 ou du moins rien qui ne soit conforme à la tradition bien comprise de Thumanité. Car, si Ton veut examiner avec soin le fonds des croyances humaines^ on verra que tous les peuples qui ont eu le sentiment de la vie future ont eu primitivement et fondamentalement l'idée qfxe cette vie future se passait dans l'humanité.
Il est bien vrai que dans le cours dei^àges trois suppositions différentes de celle-là se sont produites^ savoir : 1'* l'idée d'un retour absolu à Dieu 5 ou d'un anéantissement en Dieu ; 2'' l'idée d'une renaissance- terrestre en dehors de
2a4 DE L'HUMANITÉ. .
rhumanité; c'est-à-dire d'une métempsychose indi§terminée et confuse dans les corps des animaux divers et des plantes ; S"" enfin l'idée d'un ou de plusieurs paradis ou enfers y tout à fait étrangers à l'humanité vivante , et phis ou moins étrangers aussi à l'univers tel que nous le connaissons. Dans la haute antiquité, ces trois suppositions sont venues s'ajouter à celle de la renaissance dans l'humanité y et ont régné, simultanément avec cette dernière, chez certains peuples, chez les Indiens par exemple, où elles- ont engendré par leur concours la religion la. plus compliquée et les superstitions les plus étranges qu'il fût possible à l'esprit humain d'enfanter. L'hypothèse du retour absolu à Dieu, ou de l'anéantissement en Dieu, a été abandonnée la première ; elle n'avait jamais été d'ailleurs qu'à l'usage des ascètes et des philosophes contemplatifs. Elle s'est évanouie à mesure que l'humanité s'est développée , et n'a plus été qu'une opinion particulière de penseur isolé, toutes les fois qu'elle s'est reproduite. La métempsychose indéterminée a cédé ensuite au progrès du temps ; et , après avoir largement séduit et égaré les esprits, elle a fini par être rejetée c(Niime une erreur grossière. Les paradis et les rafers, quoique datant aussi de la plus haute antiquité sont restés en possession de la foi des hommes, et obtiennent encore crédit et autorité, malgré les vives attaques dont ils ont été l'objet dans les derniers siècles.
Ainsi, jusqu'ici l'idée que je regarde comme la plus solide , savoir celle de la renaissance dans l'humanité , a été presque constamment éclipsée; et, à quelques exceptions près, la tradition, au premier aspect, paraît m'être diamétralement contraire. J'admettrai même, si l'on veut.
que cette idée que je crois solide^ et la seule solide,
ne s'est jamais produite pure et sans raccompagne-
ment obligé dés autres. En d'autres termes , j'admets
que l'idée de la vie future a revêtu jusqu'ici trois
formes fausses. Mais je soutiens, malgré cela, que le vrai sentiment des hommes , caché sous ces formes ,
fut constamment la renaissance de l'homme individu dans
l'humanité.
Je dis d'abord qu'il y a une explication très simple de ces erreurs qui ont éclipsé la vérité jusqu'ici.
C'est uniquement parce que l'idée du progrès dans l'humanité leur manquait, qu'ayant instinctivement besoin de ce progrès, et ne le concevant pas sur la terre, les hommes ont mis la perfection et le bonheur, ce but de leurs désirs, hors de la vie , dans des Champs Élysées ou dans des paradis , dont leur imagination a fait tous les frais, et dont ils ont déterminé la place et la venue, suivant l'état de leur science ou plutôt de leur ignorance. Or un séjour des bienheureux, des élus, emportait presque nécessairement un séjour tout différent pour les méchants , les réprouvés. De là, du même coup, les enfers et les purgatoires. Néanmoins il est si vrai que les paradis ont été imaginés parce qu'on ne concevait pas la perfectibilité sur la terre, que très souvent, on a cru que la terre suffisait pour enfer et pour pur*gatoire.
La même ignorance d'une loi générale de continuité et de progrès dans l'univers, et dans chacun des êtres qui font partie de cet univers, a permis aussi à l'imagination des hommes de s'^arer dans la pensée que l'homme pouvait ,. perdant sa nature d'homme , renaître animal ou plante. Et de là l'erreur de la métempsychose indéterminée et rétro-
grade 5 qui a rivalisé dans toute l'antiquité avec celle des paradis et des enfers.
Enfin 9 la même ignorance de la loi de perfectibilité, et par conséquent l'impossibilité d'un idéal qui pût, sans sortir de la nature et de la vie, satisfaire l'insatiabilité du cœur et de l'esprit humain, ont poussé les contemplatifs de l'Orient, et, à leur suite, beaucoup d'autres contemplatifs et de philosophes, à aspirer à l'anéantissement en Dieu.
Uniquement donc parce que la perfectibilité était inconnue, l'idée de la vie future a dû revêtir ces trois formes fausses. Mais d'où venait à l'esprit humain l'idée même de la vie future ? Avant de croire à l'anéantissement en Dieu , à la métempsychose dans les animaux, à des Champs Élysées et à des Tartares, les anciens, dans leur conscience et dans leur intime pensée, ne croyaient-ils pas confusément à quelque idée plus vraie, qui seulement prenait dans leur esprit ces formes fausses, ne pouvant venir à la lumière autrement, ni revêtir une expression plus solide ou plus vraisemblable?
Véritablement, on ne s'est pas encore rendu un compte exact des opinions des anciens sur l'immortalité des âmes et siir la vie future. On n'a pas su démêler le point important de leur divers systèmes, au milieu des erreurs qu'ils y avaient jointes; au contraire, on a plutôt fait attention à ces erreurs secondaires qu'à la vérité initiale qui avait inspiré ces erreurs. ^ -
Les anciens avaient, je le soutiens, le sentiment de la vérité que je m'efforce de rendre évidente , savoir, qh'il y a un lien entre l'homme individu et l'humanité, en sorte que la destinée de l'individu se trouve unie indissolublement, dans la justice divine, à la destinée de l'espèce. Ils avaient si bien ce sentiment, que c'est toujours définitivement à la
renaissance de Thomme sous la/forme humaine que tendent leurs systèmes. Ces systèmes^ loin de porter témoignage contre cette idée^ tournent donc en sa faveur; car au lieu d'avoir été imaginés contre elle^ on peut dire qu'ils n*ont été im^^inés que pour lui servir d'explication.
D'abord, ce qu'on ne peut me nier ; c'est que dans tous les systèmes^ des anciens, cette renaissance se trouve conservée et placée en : première ligne, Donc tous ces systèmes, quels qu'ils soient, portent témoignage que le sentiment de la vie étemelle, dans l'antiquité, a toujours été uni d'une certaine façon au sentiment de la renaissance dans l'espèce. Seulement, ne concevant pas encore, au point oh nous pouvons le concevoir aujourd'hui, ce lien de l'homme individu et de l'humanité, n'ayant pas d'ailleurs les lumières que le proigrès des sciences nous a apportées sur la' marche générale de la nature dans la création des êtres , et n'étant retenus par conséquent, par aucune barrière, les anciens ont presque constamment dévié de la voie droite ot leur sentiment les avait fait entrer, pour donner dans les systèmes secondaires de la métempsychose rétrograde et des paradis ou enfers ; car, quant au troisième système, l'absorption en Dieu , il ne mérite guère d'être compté , n'ayant jamais été que le paradis des philosophes , c'est-à-dire une rare exception faite par les ascètes, et à leur seul profit.
Mais le sentiment primitif, spontané,* fondamental, d'un lien indestructible entre l'homme et son espèce, est resté néanmoins si fortement empreint et si ineffaçable dans ces déviations mêmes d'hommes privés de lumières sufiBsantes, que je n'aurai pas de peine à démontrer que le système de la métempsychose dans les animaux et celui des paradis et des enfers ne furent jamais, dans la théologie antique, qu'un
moyeii d'expliqfuer lé passage d'une vie dans rbiimanité à une autre vie dans l'humanité* Ce passage restant, pour les anciens 9 complètement obscur, comme leur science de la nature était d'ailleurs fort médiocre, ils remplissaient ce vide par de pureis suppositions, où leur imagination, aidée de leur ignorance, se donnait ami^e carrière.
Je prendrai la religion de l'Egypte pour faire comprendre ma pensée. Les Égyptiens, au rapport d'Hérodote, croyaient que les âmes des hommes, immédiatement après la mort, entraient dans le corps de quelque animal, et, après avoir accompli, pendant ù*ois mille ans, une sorte de pèlerinage, à travers toutes les formes d'êtres que renferment la terre, l'eau, et l'air, reprenaient finalement la forme humaine (1). Évidemment, l'idée solide des Égyptiens , c'était l'idée de l'immortalité de l'âme humaine en tant que telle ; aussi le but de;toutes ces transmigrations à travers des formes d'animaux était le retour à l'humanité. Si donc ils se montrèrent si entêtés de cette chimère de la transmigration dans le corps des animaux , c'est qve , tout en ayant le sentiment de la vérité , à savoir que la vie future de l'homme est d'être homme, ils ne savaient comment, de la forme humaine qu'il abandonnait par la mort , cet homme pouvait>enaître dans Thumanité. De là le côté erroné de leur idée , dont l'imaginatfon ensuite s'emparait.
Les Indiens , à leur tour, chez qui l'opinion de l'immortalité est si forte que le temps disparaît pour eux dans la vie éternelle , plaçaient et placent encore aujourd'hui l'immor-
(i) oHi (i£gyptii) i^riini exstiterant qui dicerent animam hominis esse im- » mortalem; sed, exolescente corpore, subinde in aliud animal, quod assidue » nascitur, immigrare. Atque ubi per onmia se circumtulisset, terrestria, ma- • rina, Yohicria, rursus in hominis corpus, quod gigneretur, introire; atque » bunc ab ea drcuitum fieri intiti annorum tria millia. 9 ( Euterp, )
t^Iité daBS ]a renaissance sor la terre an sein de rhnmanité. Et né£M[imoîos leurs sages^ n'ayant pas l'idéal du progrès^ aspiraient après l'anéantissement. Gela est facile à comprendre : la terre leur paraissant à jamais condamnée au mal ^ renattre sur la terre, au sein de l'humanité vivante , ne pouvait être qu'une punition. De là un exil volontaire du sa^ hors de la vie. La nature , la réalité, étant, pour les mounis indiens, le péché, le mal, la souffrance, ils faisaient, pour ainsi dire , de la vie la mort, et de la mort la vie. Leur science, leurs austérités, tout leur art enfin consistait à s'échapper dans le néant , à sortir de la vie par une mort véritable. Plus ils étaient pénétrés de la vie éternelle, plus ils travaillaient à conquérir la mort, parce que la vie était le mal, un mal éternel et sans remède. Il fallait donc s'élancer au ciel de Brahma; encore là avait-on une dernière renaissance sur la terre à subir. Mais le nirwana ou l'anéantissement au sein de FÊtre Infini était le but promis au sage parvenu à la vertu suprême et à la science de l'absolu. Les sages ainsi sauvés, c'est-à^re anéantis, les autres hommes restaient, soumis à la renaissance dans la vie, conf(Htpément an sentiment naturel qui avait inspiré.aux indiens leur idée de. ta vie éternelle. Mais, pour ce vulgaire des hommes^ toutes les suppositions étaient admises et épuisées. De là la ^ métempsyçhose si largement développée des Indiens , et leur mylàologie céleste , leur paradis {Swarga) , lem* enfer ( le séjour ^Yama) , leur ciel d'Indra, leur ciel de Brahma, et toutes ces. autres imaginations absurdes qw remplissent à profusion leurs poèmes et tous leurs livres , même les plus sérieux et les plus philosophiques.
Les ChaMéens, les Thraces, les Gaulois, lès Perses, les Juifs , n'ont cru , comme les Indiens et les Égyptiens , à Tim-
mortalité 5 qu'en concevant cette immortalité dans la vie par la transmigration. Le fonds de leur croyance ^ comme de celle des Indiens et de& Égyptiens, a toujours été larenaissance au sein de l'humanité. Ils n'ont dévié de cette croyance que comme les Indiens et les Égyptiens, parce que le lien qui unit l'homme à l'humanité ne leur était qu'im*parfaitement connu, et que l'idéal du progrès ne les éclairait pas.
Les Chrétiens eux-mêmes, quand ils sont venus, à la suite de certaines sectes persanes et juives, prêcher la fin du monde, n'ont-ils pas imaginé la résurrection des corps! preuve sans réplique qu'il n'avaient pu parvenir à séparer ces deux idées inséparables, vie future de l'homme et humanité.
Ils imaginaient bien que la nature et la vie, telles qu'elles nous apparaissent, cesseraient, et que l'humanité, par conséquent, s'arrêterait dans ses transformations : mais, du même coup, ils voyaient les morts sortir du tombeau sous forme humaine, et la terre renaissait pour devenir le paradis. Ce temps de rafraîchissement, comme parle S. Pierre, cette résurrection, fondement angulaire de la foi de S. Paul, c'était donc encore la nature et la vie, c'était encore l'humanité.
Quelque effort que l'imagination ait pu faire pour constituer des paradis et des enfers à part de la nature et de la vie, toujours l'imagination s'est vue contrainte à reproduire dans ces demeures chimériques une image de l'humanité, tant il est vrai que notre destinée est d'être hommes, et de rester unis à l'humanité pour nous perfectionner avec elle.
En outre, si, laissant la tradition générale des peuples, nous interrogeons , dans toute la profondeur de leur pensée,
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'fcs>h^ytamea«qiH «slt le^itôinfliiencëinesppit hiinmia sons ce }Tàpj^rtvprrédsépieùt|)iaroe que de riant ceux «javontenJe plpside Inmière^ ou^ si Fon Veut;^ qiii oiitTeçiii(féD hdiit le jfkmde liimièFé 'sqr de points sous trouvons qpàe ces liom- ^«esy ^aas lavoir :iilontré à. œt égard use certtjtude complète, ont«iii^BiqinBi»cliaé avieo>ciertitude^er9 l?ophiîôii de ht vie éternelle eontiniiéeidtii9;4fl|Uifiia]lité.:^ - '^ - . . ^ ;
Ces hommes 5 pour notre Occident, sont incontestablement :
Pylhagore,
Platon ,
Jésus-Christ
Or Pythagore a ensfeigné le dogme de cette immortalité , ^t n'a enseigné, malgré ce qu'on dit ordinairement de lui, que ce dogme.
Platon, au milieu de quelques hésitations inspirées par son goût de science et de poésie, a enseigné le même dogme.
Enfin Jésus ne me paraît pas avoir pensé autrement que Pythagore et que Platon. Plus, en effet, je lis l'Évangile, plus je me persuade que Jésus n'avait pas compris le ciel autrement que Pythagore et Platon. Ce n'est donc pas l'inspiration vraie de Jésus, c'est l'erreur et, à bien des égards, la folie des «hommes qui a créé le paradis et l'enfer du Christianisme.
Je dis donc et je vais démontrer qu'au fond de toutes les traditions religieuses de l'humanité, dans tous les temps et chez tous les peupfes, on retrouve, avec le sentijnent de l'immortalité , le sentiment de l'immortalité au sein de l'humanité.
Je dis que les paradis et les enfers à part de la nature et de la vie ne sont qu'une hérésie dans la tradition humaine. L 16
2A2 D£ UHUHIANirrÉ.
Jte' disy f enfid ^ iqueJIidée deiànoiëps a élé umi^enelkmerk qxst PhoBJMfe xenaissait tbms l^bunuMiité ;: jè dîsugulr^ce'ifiit tDiÔQiirs: là le point câpitaj de Jearï àiwavs BjsièmBh ^ jet'qtip cejÊe fut îfi^n^.qu)d\secomdairènîfnt qafite'énibra^sèiickiit mit la HiétèiBpBycbofe ind^ermiiléeà travètSiJeSî.diveiB» iormesd'élÉeÀiqiH rmofitoB^nt i')Uiit]irie^^:sQjk.le[pasaa^daiiB des paradis^ des enfers^ )étié66j(^tin|(atbiptt;: ': ' < ' u; . j)
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■■?'); Vir)- t)l)î'.:û) r,\ -!> 1o ?>riinri'i ■)!> ,o[)H(.:n •;! ■.iii;-;;-]^'>':j .■:cri(;'I !(•■ jnpoi;*'; ■.::;> r 'kioî) -î;) -liY ,'rii;!::t'i <>;'i;!> i- :.'!■ !);(;<;•) ■.■; ,}•) ■iS'Uuj,:''-! ',; Ji) l.-.i •:. i:i
des Grecs et des Romains. En effet ce,3f)^^c yJLVf^t,df|i)ig-l'4ge
par K^^p^d^^p» ^^s^^i^^f Bmi^miifm^ft.^km^
hiéroglyphes; elle était encore toute vivante; mais elle.-^j'^j,
2kk DE L'HUMANITÉ.
tait plus concentrée ; ses savants avaient reflué dans la Grèce et dans l'Italie , et Rome puisait à profusion dans les bibliothèques d'Alexandrie. Enfin, Virgile, le plus érudit peut-étre de cet àg^ d'érpdUimiL, nfav/dt épatmé. aucun aui|^j)our retrouver tàui les Wêsogél «të'lltaliè^imftiv^l A\ ^mme il s'était enquis des moindres détails de faits ou de lieux qui se rapportaient à son poj^^fi^i^ ajf^t 4^^f^rr<^er les traditions des antiques religions italiennes, soit de Rome même, soit de rÉtmrie et de la Grande-Grèce.
Or donc à cette époque où Rome, c'est-à-dire le monde, prétendait se résumer et se constituer dans l'Empire , Yir- ^J'W'^èfe'dë^RbA'^ , »«ën¥W«é'k À!lfeiike,'Uë Cés^i^; f ^mpë<^K} iSoii'^tféBÎeqiVrè d61'^nî««é;'Éi'sdf'^ii8?Wtilë'^ siiiMie :H<vté>'ilé>V«ii&^«i> iiktiSiiàlé f Siii' h 're!l^l«ii',^ ià IKéuo<Mir1»^îé!9&tff^.me6''^éslfD§'de!Ro&é*ko'M idtifilifià'rfWc^aS'TeHgiëifi' WèmésVît c»e«' Vli^le','^ iiaei tëi"iiItBi<«fig)èiiyè8ét')efs)i^lils'saiiitei^'é(tii àleritMiM
^f 'i)àWëWs* «otiai^-' ^ •''■''' " ' •^"'':"">'' ■'■■■ '■■ >•• "■ " •'• ' "■'■'■' -"i^ué 'aH'd«Ké'«ë^-ïnïn!eirtr ià^ràotibM', 'qut l^s"àèeè'Véiins mkiliê ôtfi^toi^ourè éontéhip'âVisc W^^ct'^ èt'poiir^iè^el {ë^'Chrëtiëbë'^i-m«m^^.dnt ltfxi0k lif^f^ké' unè' adiiiii^i tidîi'^^oitâëV^éùrânVbieii'^àe c'ë^it^ ,<'eïï^^fibt',''^^^^ ce^Wffltidtfeltèi lë+^^ îsbîé A^iif6Re',%AMk^âié^'èM
dd poétiques' Vbiiyy'fâ V^itëiiiië À'ô<ak solltédon'â il:!, 'sa^bii^ ^':iès lîoiâm^Vévfvéni'dank l'^^ànftél' iW à' été', 'en èfflItV jfe *ie :rèpké',"l'^oJJinibii"6ft!iodbxé de -toiite Hâùti-
Çus^e^ y descend au rx)yat^ne â|ça,m<^ : .) ,.;
Pèrque domos Dids vacuas* et inania régna.
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' tu s'^avançaient obscurs, sous la nuit solitaire» à' travers roinibrè,' dans les paliasdiiWd|i^(dap^lfiaTaiiifl,reyaiwies. . : -.. », . ) , :!:;ijî;./ ' /> \ \
'. Ç|e9 deux yfrs; ainsi- qu'miQ moltitiide: ^^adtr^.qiie;,^^ pourrais citer, prouyeuf d'abord l'idéequa Viigite «tstoolr ^«Qliqipité {^ iai^aiept ;da cettd BKi8teace>]eai[;ddiQrs^â la pi^turQ. et de ia réaliblé. Ce n^était Mi|ae. r6xisteiice<d|tix>vJd4 ^Qffsfd^tapbydU^ienft de. rOcieiiliîOOt tougoûrsl di$tiQg«éj{avcje v^sm \^m& ém»é& l'6tre : l'élat dé^'iliaQilEtatattDOfiJ iél l'i^^t f^toto^liOtt latetit Ce» deux états /qtie tMfiit phitoaspU^ ^Pjti^S^ieii.effi9t.e»nou»!4iqs^ la fîeipliésettté ^ ^gmiror Yi^pnçiit i^Yinvmffle ^t pu^^ij^^^^i onC.cwstiDlinteiH; ét^ (i$fîgné9:;en QrJeûC par |e$ moU ;de:«;iVi(a et de piein.\h% Bible jfiivQ^ purJiapt die H^ftt où^élaiitJatenrfi avant b cré^r ti^i^ diw^is^r di^. qu'elle était à fétal ^ :\w%\\^ , mmi9 H »fl^»^|TQU4.1e|( orieasalifites savent '<8iii^oqrd'hUi que^^phi^ k)0fiipbi^.da SanHIiy^ etdei» Boudd]wi)S9.r^^«e qniqvfiiMt sur cejQte iom^nle du j$»/eiV et du ^Ule^yjKim%i\X^r^W^ ém\ é^t&^ l^étre^ Et i'aipmQKtPé ailletirs fwmjq^ent les.;teiWiWî dp, ^î^«* l'état de vid^i et de fuifwiui^ l'état fltfjiwaflîrr fe^tioPv de^ 9Qudd)H(lte9 et ide^: philosophas ^ SatiUli^^ c^reAp^ndent) parC|it0nient au& termeaodks ^VjéAantins^.qiâ appellent ces deux états, de \iitualité.>et'd&nlaaifôstatioft
(1) Veyez Tarticle Coniemptation, de VEneyclepé(Uii,^tpupelii^%,,i., ,,,.,/
m DE ïHtJitt'A'î^ttÉ.
nuellement d'une màiflSfèfetétîOîl hi'im^ âuti^e-"'^eirtaift'BBèii en elle son état de virtualité , mais recouvrant pour ainsi dire de manifestatioûiS lOUjmjrs lidtfVè'nfes^ dl?<W"t)tiissanee d'être qui cause l'être, et se montrant toujours ainsi à l'état de plein ,ou de. visible.^ tandis qa'aji. jfond spn esjsence est d'être virtuelle, c'est-à-dire, pour employer 'leW l^rtaiéf^ orientaux, vide ou invisible ^ les morts, au contraire, «ifotft.xiue 4*€6seiïèe de Ja vie; i»nis ^^oiipitaf yléfifièur iÉan4iik« te pWssaiice de 'se maniléster. ^: • . i . î 1 > i / i ? '1 Lés «morts; dKmc , suivant les ancien)^;' éf«ièîht des ^éë^itces (4>0è'/«»)<qQi> étaient pas^é detl'état'de manifesitatioa kVéiM d«/ pure)! viltualité Gijins manlfestâfièn l àë Hm de- ptètlfi à rétat<*feiJiJÛfej .C'était! :ié vase, côbme dll? A^cflldniWs de Ty^tse (l](î «{côi a laissé écouler k matièi^'iqa^l-r^ti^Élâk^ mais qi^> n'en >siib$i^ê paâ mbibis, c^ihme une ^Vti^^^ èôpaWté'^détènfiinééfet étefielfe'; îqu*^ w^teiidrâ te-^ôur cette niêm^î^ntetière dont tl lEfsi vkle ïftaitotetiàbtC Ciefè'^êkèk vid69 étEiient Mtkn^^omdpeè. Atii^i^ÉÂéèy dëii^ sbù vbyâf^i M T&lemnttëh ttav^s l6^ C^àriipi Élykéèii q^^ deé^î^nnbfV^j e-efiat-4Hili*0 dek étre^: privés de la' i^ri^ vétïtablëy quol^ë vfK^ttt déaiitnoittB en ^«i'qu'essétïéeSr' Cmcf'pérÉèiailétidëdè Vett^ ddnls !«5 ChMips ^âly^ês n*«st dôiic')4«'ilii état d'St^ temeVun passage ^Jtii n'a pour 'but <pié: d^irafenei^ to cèrtâitt^ftibli y après. lequéKPêft'è renâfea de noWveanVà bvie v^àl^le, m reprenant tin^ -forme hou vëlleU^ C*estëii 'effet là'Oe qù^ nous ^Ifons vôiT ettSèigttédë^la fâçdfl k |^tes pé^ sitrte dans la suite >dé ce »iÉi6rceau. '*> ^ '■'- -> ' - . , ^ Après avoir traversé le Styx, Ënée parcoWrt'ùkie tottgiie:
(1) Voyez plus loin, chaifdu V« '
afveiitte^ ique te, peète appelle ie Vestibule du palais de nûton. È'est te séjeur de cetit qui n'oht mérité ni le» Champs Élysées ni le Tàrtare. Puis s'ouvrent deux 'routes : à droite sont les élus^ dans les Champs Élysées^ à gauche les réprouvés dans le ïartare.
Ënée n'entre pas dans le Tartare ; seulement la Sibylle lui en fait la description. Mais il pénètre dans les Champs Élysées :
Deremere iooos laetos et i$iiiaena -viret»:
Fortunatorumnemorum, sedesque beatas; Largior hic campos xfher et lamine vestit Purpureo, solemque stium sua sidéra norunt
Us parvinrent aux lieux d^allégresse, aux doux ombrages des bois fortunés,, aux places heureuses. Là, un air plus pur revêt les champs d'une lumière de pouipre. Ces lieux ont leur soleil et des astres en rapport avec ce soleit
Nous voilà dans le Paradis des anciens. Mais qu'est-ce que cette existence des ombres les plus heureuses? C'est ^ comme je l^ai déjà dit^ un état de pure virtualité ^ en attendant la renaissance. Ces ombres sont de pures ombres^ sans autre çxiçtence qu'une possibilité d!étre. Jusqu'au moment où elles vivront de nouveau^ elles reproduisent servHe-^ ment leur existence antérieure. Aussi Virgile se donne-t-il peu de peine pour décrire cette béatitude ; il se contente de représenter ces âmes comme livrées à un doux loisir >. et à des jeux tels qu'elles en avaient sur la terre :
Pars in graminei» exercent memilnrpalœstris^
Contendunt ludo , et fulva luctantur arena ;
Pars pedibus plaudunt choreas, etcarmina dicunt, etc^.
Les mis sur les gazons s'exercent à 1& palesti'e', se Wvrent à différents jéux ,. ou luttent sur Tarène; d'autres forment des chœurs de daiis^, e^ chutent de^t vers, etc.