‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie]Chapitre 57 sur 60 · DE.L*HU1»AN1TÉ · texte numérisé non relu

DE.L*HU1»AN1TÉ

Én^e demaiidq à ces (lvhs où se trouve^ parmi «llesyfSQii: pèf'e Anchise. Musée^l'élèvç d'Orphée, lui lîépoiid qiœ Jefl; ombres n'ont pas .de demeure. £^6iignée : , -.

Nulli certa domus : lucis habitamus op^cis Riparumque toros et pi-ata recentià livo InçolJmus»

Aucun de nous ii*a de demeure fixe ; nous habitons dans les bob épais, et nous, prenons pour couches le bord des ruisseaux et les prairies. » -. ■

Le disciple d'Orphée sert de guide à Ënéé Bt à la prétresse, et les conduit vers Anchise :

At pater Anchises penitus convalle virenti Indusàs animas, superumqiie ad limen itutas»

Lustrabat studio recolens ; oinnemque suorum Forte tccensebât humenim, charosqne nepotes, Fataque, fortunasque yirum, moresque» manusque.

Anchise alors se plaisait à considérer, au fiqnd d'un vallon yerdoyaDt,.des âmes réunies et destinées à revoir la lumière. Dans sort esprit, il passait en revue ta foule de s€^ descendants, sa postérité si châre à son: cœur, les destins d^ tous, ceé héros, leurs fortunes diverses, leurs vertus, leurs exploits^ ' ^ "

née veut embrasser son père , mais ce n*est qu*une ombre qui échappe à ses caresses :

Ter conalus ibi'éollo dare brachia cîrcum; Ter frtistra CM&prens» manus effiigit imago^ Par levibus ventls, volucrique simillima sumno»

Trois fois il veut le serrer dans ses bras; trois fois, en vain saisie, Timage échappe à ses mains, pareiMe aux; vents légen, et senddable àmn songe qui s'évanouit . ! •;! 1. . •

Enfin vient la. doctrine,.. viept l'explication de tous ces tableani par où llmaginatton du poète nous a'proîriçnés.

Virgile se fait philossophe iliiBSicaMeif «latine poètei;''^t c'est maintenant Pls^tod^ ou Pytbagoi:e^ que nottS:aUioii& entendre allégoriser: » ., ^^ ; .5,^^,, ^ ,.

*; ■'[■'.'^ Iiitoreii jirldei)./!5M99 in TaUcredufete: . :•- . u» 1 '»fjo:)

Let|iaQuaifu«, domos placiâ«8 qui prsnata£, jhhmhh;- > ' : ! inp

Hiui)c^ilx»m.iaiu«iQer» génies ,populH|iiefolabMt4 . • >>•"

.^ Ac, vduti ijn.|HrAti^;)tibi apes aestate^rena ; , t , ,.. . , .. w ,;

-s , I /Floribus ia$iâu)»t varMs, et candida ciroiinL . : ,;' . i., \

: . . i^Ua.funduntiur, $Mrepit.opini»jnUnniif6 çaaipiis. • ■> .*' /■■ . > . : «;

., HQrresèil.vi^usubUOi.caiiMsqufereqttirit ;.,ii. .u ^ / . ;»

,. l^nsçios iSn^i» ; qiia» sûdtea flunâDa porro, i

Quive vin taoW complerint agmine lipa». . ^ .. .

Tum pater Aiiehises r Anim» quIbuB altera'&to '.:•''•■ H' ,.[

. Coyfipra dçbfliiUM^^ Ii<«|h®i ad flumihis;und . ■ . '^m

Secorçs laticef^iet longa obMvia potant; m ... >

. ) Pa^'Cquid^ mçnKMraffe-tibi alqueostoodere caoikiiv ' >.': •:;})

Jaiapridem hanc prolen cupio enuiaerajre meûfum : 1^

Quo magi^ Italia m^uiD tojtere repf rta. < :; ' 'c.

-^ O pater, aime aliquse ad coelupi hinc ire puiandam est .*: • ) '.r

, ; Sublimes animas, Heirmnque in tarda reverti ,

Corpora? Quse luds miseris tam dira Cupidol

-*— PicamequideQib neo tesuspensum, natÇ) temb»; :

Siiscipit Anchises;, atque ordinesiogulapandiL. • :;l

Principio coQluni, ac terras, caniposque liquaptes^, .h!) mT)

Luc4»nt#nique globum Lunie, Titaaiaque astra» • :< : . 1

Spiritus intus alit ; totaoume infusa per aitUs .' •; . >^^;,;.t

Mejos^agitat molem, et magno se coipore miscet, • • : !> Inde hominum pecuduvque gettttft, yitœque Tolaatomy

Et qusB marmoreo fert moBstra sui> œquoK pontns. / >>[

Igaeus est ollis yigor et cceiestis origo . • ..>■':

Seminibus# quantum non nom corpora tardant V Terrenique hebetant artU0, moJÔbu&dàqtte miendiire. < t

Hinc metuunt, eupiuqtque; dolent, gaudentqu^i neque auras Dispiciunt, dafisse tenebins et carcare caco^- Quin et supremo cum ioinine vita reliquit, NoD tamen omne malum nûfleris, nec funditus «mae» Corporeœ excedunt pestes } penitusque necesse est ; Multa diu concreta modis inoledccbre miris.

Ërgo ei^rcentur pœois, veterumque malorum Supplicia eiipendunt AJ^.paoduntur inaaes Suspep^ae ad ventos) aliis sub gurgite vasto . Infectum eluiUir scelus, aut eturiUir igni, puisque suos patimur maneSé Ëiwde pel* empIuBi , . , . ^ MittJaiur Ëlysiun), et pauci Ixta arvatenewus : . ' Dftnec ionga dies^perfecto temporis (M4)e, ' . } • JÇoiB^çijetam exemit Ja^ip, pùrumque reliquit

iJElt^erium sensum, a^ue aurai simpUci6 {(j^neiia* . .. ':>.•. j

Has OMNES, ubi mille rotam volvere per annos,. Lethxum ad fluTium Deus evocat agmine magno : >', i ScUieetiimlMttorei'iu^arautctin^eâirevâeûil,

kl

2S» D£.Vim«)Mto^NltÉ.

Dixera^Anchises; natumque, una((ueSiby]lam, ,, IJiiiliinGètftttilJdtitilAfailfiri^MtiUk)^; tqirbaiÀ^ -' >> -- < '

Et tumulum capit, unde omnes longo ordine possit Adverses légère, et yenientuni dlscere vultus.

Cependant Ênée voit, au pointrM^la'vallé6 m MMé#r^, (tin ^^roàpk isolé de grands arbres, entourés d>ine forèl)d*arbrlB8eaux rétenlisMitfsV^^lcitletive Léthé qui baigne les confins des demeuras hevr^ses^ AuttfUtfîde ee fliM'?i?î volaient des races, des peuples lianombnlilés; et,' 0€iinnie>dÉM$>lê»pra1i1e9, fersque les abeilles, dans un beau jour d'été j se posent sur dé^^flë^fs fH sé versent sur les lys, ainsi Tair résonne du beurdonnémeiit des ottibt^' Ënéé, à cette vue, • firémit, et, plein d'étonmmewtv dunandela catis» de éepMdig«'7)|liel est ce fleuve qui s'étend au loin, et quels sont ces homme» qui ont'cOUtértses Hves d'une si grande foule 1 Alors Anchise s M^n fiés, les diiies à qaii J^ )ë destin ,' sont dus d'autres corps, boivent dans l'oiide du flenv« Léthé le cjtUie déFignbnnice et un profond oubli. Depuis longtemps^ je déeih« te 1^ f^ire ligmarqn^; les kidiquèr à tes regards, et énumérer devant toi ia suite (]e!ii)n'pûMéi4«é, afin çne tu te félicites encore plus avec moi d'avoii^trOuvé rftali6r— Otiibn père, «st-il croyable que quelque dme dléilt» ventile retoumer'd'ioi sm» la téri^ê ,' «et donseilte à se charger de nouveau do^ids-ef des liens du corps? 'Quel amotn* InséMsé de la vie égare ces malheureux I — Sans té: tenir en sufspens , je vais t^];plllitte^,ce que tu ne comprends pas, répond Anchise, et il lui expose drà^ê lihdse avec ordre. Avant tout, l'esprit {la vie) alimente intèrieuf^mentlecle?, làteM«, lès campagnes liquides, le globe brillant de 4a lune, le soleil e( les astres; et raiiîe, se versant dans tous les-Biémbres,vivifle toute la masse, et>s%init à tont lé grand corps. Delà l'espèce des hommies, et les espèces anâmtOesrerlèsblseauxdé-l^éJr, et les êtres étranges que, «biui^ii niveilEkii de marbre, i>enfriPlÀê l'océan. Ces semences ont une force ignée, répondant à le«t origine «él^(#e, tMit que- Ses corps destructifs de cette force ne raffaiblissentp&s, tant 'que deseompOéè^teirestres et des membres mortels rie l'émovsMfnt pAs; De là VieiK que les âmes^ ainsi unies aux corps , craigneiH ou désirent ^ se plaignent o«i seréjouis^ent, ét-ne regardent pas la lumière, enfientiéei i^VUes sont da^s les tènèl^res et'dsms'lettr obscure prison. Il y a plus ; lorsqu'à leur dernière heu^ Ib viè les a ^bandomiées, tout mal ne cesse pas pourvues, et toutes* les taches c^j^oreHésve sont pas entièrement effacées; car œkitaielies se sont accumulées avec le temps, et ont laissé à l'âme uM'empveinte quln^a fiiitqueciioltre d'une étrange fa^on avec ki durée de son existence terrestre. Cesàmes donc'sorit soumiscè à dès châtiments, et punies pour leurs anciens méfaits. Dians leur état deiidef-tes unes sotaft livrées ïiu souffle des vents; pour les autres, la souillure dU' erime eM pur^è>^us le gouffre des eaux , ou enlevée par le feu. Chacun de tious souffbe dî>vers^ment dans'ses mânes. Après cela nous sommes envoyés.dansrle vaste Élyfiiée, où bien peu occupent les heureuses demeures des champs fortunés; et no<!i^ y restons- jnsqu^à ce que le temps, après un nombre d'années rév^dties, ait effacé la.tatllie accumulée que nous avait laissée l'existenoe, «t ait rendu l'Ame à sa pureté, ¥n lui restituant son sentiment éthéréen et soii essence 41 vine* Lorsqneinille ans se* sont ainsi écoulés dans ce séjoikr, Dteii le&appette toot^ en (buièau bord du fleuve Léthé, afin qu'ayant perdu le siMnrenir, eHes revoient la sutface .de la terre, et commencent à vouloir retourner dans des în)rps.^— Après avoir ainà paMé;, Anchise conduit son fils et la Sibylle ad' miKett de cas ombk^, dans leurfottle bruyante, et occupe un tertre d'où il puisse les von venir et distingtier leurs traits.

Voilà la plus pureessence des doc4rine&aDtîqiie9 8tir la vie

sa substance en tant que vie. II est la vie absoIiJeC^èt^^l'^èsl encore la vie par émanation. Il est^ et ce qui n'est pas lui ou de lui n'est pë#-4r««^FiâAé;^Ws^;-'V'î¥gllê-ft'^désigne sous les noms à^animus, "P^tc^ 9 l'esprit, ou de mens, voyç, l'âme. Cest litme bu la Grariàë Âme des phîîosôpbies de rinde, paramâtmâ ou simplement âtmâ, % L'Ame,^ dit Maj»nou, est rassemblage des Dieux. L uni vers, repose dans » TAme Suprême , c est 1 Ame qui produit là série d^s,acjD^ » accomplis par les êtres animés (1). — «Que l'homme recon- 9 naisse dans sa propre âme. l'Ame Suprême présente dans 9 toutes les epéalûre6(^).*^)«'Qtte le; BrdbmHvr réfléchisse »avec l'applicatipA- di'espnt la plus e:&clusive:isuf l'essence » subtile et indivîSîjïlé de TAme Suprême^ et su^jspn existence » dans les corpsdè^ êtres les jilus éleVés et fes' plus lias (S). » De cette Ame universelle résultent, par émanation , les (JjfférentS;étre§c]ç:iéégj,dïstîiigMésèn espèces» « Delà substance î>d,e cette Ame'Sutirêmé, dî^eint aùsslles ïhîiîéns , s'échafe- 3» peut, comme les étincelles dû fetry dMiiWmbi'alifes priïR 9 cipes vitaux qui communiquent sans cesse le mouvement ï^àux" créatures dés atvel-soMbfes^^f^^^^^ ; '^ur.:

- Ce n'était pas la jpremîère fois, au siirplus, que Vit^lfé^ dans seé poèmes, expoëàrt cette th'ébloi^îiei Ces dëàx gratdi ^riniS|)e8xiëlPimmanence de Dîeu'âii sein de tonte créà<Àtë> éï'deVttèrîrittë eii Dieu de toute crëatirfré,* étaient si prbfotf-:

;•: . -: non

(i) Loi de Manou, liv. XII, si. 119.

(2) /Wrf., d. 125.

(3) Ibid,, liv. VI, si. 6^5. .fii > ; \ !)

(4)i«<<.Jiv. XII,sl, 15, c<pflw. .^

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