DE.L*HU1»AN1TÉ
Én^e demaiidq à ces (lvhs où se trouve^ parmi «llesyfSQii: pèf'e Anchise. Musée^l'élèvç d'Orphée, lui lîépoiid qiœ Jefl; ombres n'ont pas .de demeure. £^6iignée : , -.
Nulli certa domus : lucis habitamus op^cis Riparumque toros et pi-ata recentià livo InçolJmus»
Aucun de nous ii*a de demeure fixe ; nous habitons dans les bob épais, et nous, prenons pour couches le bord des ruisseaux et les prairies. » -. ■
Le disciple d'Orphée sert de guide à Ënéé Bt à la prétresse, et les conduit vers Anchise :
At pater Anchises penitus convalle virenti Indusàs animas, superumqiie ad limen itutas»
Lustrabat studio recolens ; oinnemque suorum Forte tccensebât humenim, charosqne nepotes, Fataque, fortunasque yirum, moresque» manusque.
Anchise alors se plaisait à considérer, au fiqnd d'un vallon yerdoyaDt,.des âmes réunies et destinées à revoir la lumière. Dans sort esprit, il passait en revue ta foule de s€^ descendants, sa postérité si châre à son: cœur, les destins d^ tous, ceé héros, leurs fortunes diverses, leurs vertus, leurs exploits^ ' ^ "
née veut embrasser son père , mais ce n*est qu*une ombre qui échappe à ses caresses :
Ter conalus ibi'éollo dare brachia cîrcum; Ter frtistra CM&prens» manus effiigit imago^ Par levibus ventls, volucrique simillima sumno»
Trois fois il veut le serrer dans ses bras; trois fois, en vain saisie, Timage échappe à ses mains, pareiMe aux; vents légen, et senddable àmn songe qui s'évanouit . ! •;! 1. . •
Enfin vient la. doctrine,.. viept l'explication de tous ces tableani par où llmaginatton du poète nous a'proîriçnés.
Virgile se fait philossophe iliiBSicaMeif «latine poètei;''^t c'est maintenant Pls^tod^ ou Pytbagoi:e^ que nottS:aUioii& entendre allégoriser: » ., ^^ ; .5,^^,, ^ ,.
*; ■'[■'.'^ Iiitoreii jirldei)./!5M99 in TaUcredufete: . :•- . u» 1 '»fjo:)
Let|iaQuaifu«, domos placiâ«8 qui prsnata£, jhhmhh;- > ' : ! inp
Hiui)c^ilx»m.iaiu«iQer» génies ,populH|iiefolabMt4 . • >>•"
.^ Ac, vduti ijn.|HrAti^;)tibi apes aestate^rena ; , t , ,.. . , .. w ,;
-s , I /Floribus ia$iâu)»t varMs, et candida ciroiinL . : ,;' . i., \
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., HQrresèil.vi^usubUOi.caiiMsqufereqttirit ;.,ii. .u ^ / . ;»
,. l^nsçios iSn^i» ; qiia» sûdtea flunâDa porro, i
Quive vin taoW complerint agmine lipa». . ^ .. .
Tum pater Aiiehises r Anim» quIbuB altera'&to '.:•''•■ H' ,.[
. Coyfipra dçbfliiUM^^ Ii<«|h®i ad flumihis;und . ■ . '^m
Secorçs laticef^iet longa obMvia potant; m ... >
. ) Pa^'Cquid^ mçnKMraffe-tibi alqueostoodere caoikiiv ' >.': •:;})
Jaiapridem hanc prolen cupio enuiaerajre meûfum : 1^
Quo magi^ Italia m^uiD tojtere repf rta. < :; ' 'c.
-^ O pater, aime aliquse ad coelupi hinc ire puiandam est .*: • ) '.r
, ; Sublimes animas, Heirmnque in tarda reverti ,
Corpora? Quse luds miseris tam dira Cupidol
-*— PicamequideQib neo tesuspensum, natÇ) temb»; :
Siiscipit Anchises;, atque ordinesiogulapandiL. • :;l
Principio coQluni, ac terras, caniposque liquaptes^, .h!) mT)
Luc4»nt#nique globum Lunie, Titaaiaque astra» • :< : . 1
Spiritus intus alit ; totaoume infusa per aitUs .' •; . >^^;,;.t
Mejos^agitat molem, et magno se coipore miscet, • • : !> Inde hominum pecuduvque gettttft, yitœque Tolaatomy
Et qusB marmoreo fert moBstra sui> œquoK pontns. / >>[
Igaeus est ollis yigor et cceiestis origo . • ..>■':
Seminibus# quantum non nom corpora tardant V Terrenique hebetant artU0, moJÔbu&dàqtte miendiire. < t
Hinc metuunt, eupiuqtque; dolent, gaudentqu^i neque auras Dispiciunt, dafisse tenebins et carcare caco^- Quin et supremo cum ioinine vita reliquit, NoD tamen omne malum nûfleris, nec funditus «mae» Corporeœ excedunt pestes } penitusque necesse est ; Multa diu concreta modis inoledccbre miris.
Ërgo ei^rcentur pœois, veterumque malorum Supplicia eiipendunt AJ^.paoduntur inaaes Suspep^ae ad ventos) aliis sub gurgite vasto . Infectum eluiUir scelus, aut eturiUir igni, puisque suos patimur maneSé Ëiwde pel* empIuBi , . , . ^ MittJaiur Ëlysiun), et pauci Ixta arvatenewus : . ' Dftnec ionga dies^perfecto temporis (M4)e, ' . } • JÇoiB^çijetam exemit Ja^ip, pùrumque reliquit
iJElt^erium sensum, a^ue aurai simpUci6 {(j^neiia* . .. ':>.•. j
Has OMNES, ubi mille rotam volvere per annos,. Lethxum ad fluTium Deus evocat agmine magno : >', i ScUieetiimlMttorei'iu^arautctin^eâirevâeûil,
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2S» D£.Vim«)Mto^NltÉ.
Dixera^Anchises; natumque, una((ueSiby]lam, ,, IJiiiliinGètftttilJdtitilAfailfiri^MtiUk)^; tqirbaiÀ^ -' >> -- < '
Et tumulum capit, unde omnes longo ordine possit Adverses légère, et yenientuni dlscere vultus.
Cependant Ênée voit, au pointrM^la'vallé6 m MMé#r^, (tin ^^roàpk isolé de grands arbres, entourés d>ine forèl)d*arbrlB8eaux rétenlisMitfsV^^lcitletive Léthé qui baigne les confins des demeuras hevr^ses^ AuttfUtfîde ee fliM'?i?î volaient des races, des peuples lianombnlilés; et,' 0€iinnie>dÉM$>lê»pra1i1e9, fersque les abeilles, dans un beau jour d'été j se posent sur dé^^flë^fs fH sé versent sur les lys, ainsi Tair résonne du beurdonnémeiit des ottibt^' Ënéé, à cette vue, • firémit, et, plein d'étonmmewtv dunandela catis» de éepMdig«'7)|liel est ce fleuve qui s'étend au loin, et quels sont ces homme» qui ont'cOUtértses Hves d'une si grande foule 1 Alors Anchise s M^n fiés, les diiies à qaii J^ )ë destin ,' sont dus d'autres corps, boivent dans l'oiide du flenv« Léthé le cjtUie déFignbnnice et un profond oubli. Depuis longtemps^ je déeih« te 1^ f^ire ligmarqn^; les kidiquèr à tes regards, et énumérer devant toi ia suite (]e!ii)n'pûMéi4«é, afin çne tu te félicites encore plus avec moi d'avoii^trOuvé rftali6r— Otiibn père, «st-il croyable que quelque dme dléilt» ventile retoumer'd'ioi sm» la téri^ê ,' «et donseilte à se charger de nouveau do^ids-ef des liens du corps? 'Quel amotn* InséMsé de la vie égare ces malheureux I — Sans té: tenir en sufspens , je vais t^];plllitte^,ce que tu ne comprends pas, répond Anchise, et il lui expose drà^ê lihdse avec ordre. Avant tout, l'esprit {la vie) alimente intèrieuf^mentlecle?, làteM«, lès campagnes liquides, le globe brillant de 4a lune, le soleil e( les astres; et raiiîe, se versant dans tous les-Biémbres,vivifle toute la masse, et>s%init à tont lé grand corps. Delà l'espèce des hommies, et les espèces anâmtOesrerlèsblseauxdé-l^éJr, et les êtres étranges que, «biui^ii niveilEkii de marbre, i>enfriPlÀê l'océan. Ces semences ont une force ignée, répondant à le«t origine «él^(#e, tMit que- Ses corps destructifs de cette force ne raffaiblissentp&s, tant 'que deseompOéè^teirestres et des membres mortels rie l'émovsMfnt pAs; De là VieiK que les âmes^ ainsi unies aux corps , craigneiH ou désirent ^ se plaignent o«i seréjouis^ent, ét-ne regardent pas la lumière, enfientiéei i^VUes sont da^s les tènèl^res et'dsms'lettr obscure prison. Il y a plus ; lorsqu'à leur dernière heu^ Ib viè les a ^bandomiées, tout mal ne cesse pas pourvues, et toutes* les taches c^j^oreHésve sont pas entièrement effacées; car œkitaielies se sont accumulées avec le temps, et ont laissé à l'âme uM'empveinte quln^a fiiitqueciioltre d'une étrange fa^on avec ki durée de son existence terrestre. Cesàmes donc'sorit soumiscè à dès châtiments, et punies pour leurs anciens méfaits. Dians leur état deiidef-tes unes sotaft livrées ïiu souffle des vents; pour les autres, la souillure dU' erime eM pur^è>^us le gouffre des eaux , ou enlevée par le feu. Chacun de tious souffbe dî>vers^ment dans'ses mânes. Après cela nous sommes envoyés.dansrle vaste Élyfiiée, où bien peu occupent les heureuses demeures des champs fortunés; et no<!i^ y restons- jnsqu^à ce que le temps, après un nombre d'années rév^dties, ait effacé la.tatllie accumulée que nous avait laissée l'existenoe, «t ait rendu l'Ame à sa pureté, ¥n lui restituant son sentiment éthéréen et soii essence 41 vine* Lorsqneinille ans se* sont ainsi écoulés dans ce séjoikr, Dteii le&appette toot^ en (buièau bord du fleuve Léthé, afin qu'ayant perdu le siMnrenir, eHes revoient la sutface .de la terre, et commencent à vouloir retourner dans des în)rps.^— Après avoir ainà paMé;, Anchise conduit son fils et la Sibylle ad' miKett de cas ombk^, dans leurfottle bruyante, et occupe un tertre d'où il puisse les von venir et distingtier leurs traits.
Voilà la plus pureessence des doc4rine&aDtîqiie9 8tir la vie
sa substance en tant que vie. II est la vie absoIiJeC^èt^^l'^èsl encore la vie par émanation. Il est^ et ce qui n'est pas lui ou de lui n'est pë#-4r««^FiâAé;^Ws^;-'V'î¥gllê-ft'^désigne sous les noms à^animus, "P^tc^ 9 l'esprit, ou de mens, voyç, l'âme. Cest litme bu la Grariàë Âme des phîîosôpbies de rinde, paramâtmâ ou simplement âtmâ, % L'Ame,^ dit Maj»nou, est rassemblage des Dieux. L uni vers, repose dans » TAme Suprême , c est 1 Ame qui produit là série d^s,acjD^ » accomplis par les êtres animés (1). — «Que l'homme recon- 9 naisse dans sa propre âme. l'Ame Suprême présente dans 9 toutes les epéalûre6(^).*^)«'Qtte le; BrdbmHvr réfléchisse »avec l'applicatipA- di'espnt la plus e:&clusive:isuf l'essence » subtile et indivîSîjïlé de TAme Suprême^ et su^jspn existence » dans les corpsdè^ êtres les jilus éleVés et fes' plus lias (S). » De cette Ame universelle résultent, par émanation , les (JjfférentS;étre§c]ç:iéégj,dïstîiigMésèn espèces» « Delà substance î>d,e cette Ame'Sutirêmé, dî^eint aùsslles ïhîiîéns , s'échafe- 3» peut, comme les étincelles dû fetry dMiiWmbi'alifes priïR 9 cipes vitaux qui communiquent sans cesse le mouvement ï^àux" créatures dés atvel-soMbfes^^f^^^^^ ; '^ur.:
- Ce n'était pas la jpremîère fois, au siirplus, que Vit^lfé^ dans seé poèmes, expoëàrt cette th'ébloi^îiei Ces dëàx gratdi ^riniS|)e8xiëlPimmanence de Dîeu'âii sein de tonte créà<Àtë> éï'deVttèrîrittë eii Dieu de toute crëatirfré,* étaient si prbfotf-:
;•: . -: non
(i) Loi de Manou, liv. XII, si. 119.
(2) /Wrf., d. 125.
(3) Ibid,, liv. VI, si. 6^5. .fii > ; \ !)
(4)i«<<.Jiv. XII,sl, 15, c<pflw. .^