‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie]Chapitre 8 sur 60 · PRÉFACE. XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XI

le passé que pour conclure, c*est-^-dire en vue dhm enseignement sur Tavenir. Il est certain , dis-je , que dans ma pensée ce traité devait comprendre trois parties, le présent, le passe , Vaventr, Mais vrivè devant Tavenir, j'ai clos le livre, et n*ai pa$ osé marcher davantage.

Pourquoi n*ai-je pas osé?

C'est que je me suis vu forcé de faire comme les géomètres.

Les géomètres s'arrêtent quelquefois dans la suite de leurs raisonnements ; ils interrompent la chaîne de leurs déductions et de leurs^ théorèmes, pour se résumer dans ce qu'ils appeUent une scholie, ou pour démontrer une proposition intermédiaire qui leur est indispensable , et qu'ils nomment un lemme.

J'avais besoin aussi, pour pousser plus avant, de me résumer dans une scholie et de démontrer un lemme.

C'est cette scholie et ce lemme qui font ensemble l'objet du présent écrit.

Après avoir marché à travers le labyrinthe du passé, et considéré à fond la signification du présent , nous nous sentons entraînés vers la cité future, nous voudrions pénétrer dans l'avenir. Mais, pour franchir le passage , notre esprit a besoin de deux choses.

1° Il a besoin d'embrasser, par un retour rapide et sous une ^ule et indubitable formule , la vie antérieure de l'humanité. Voilà d'a^ bord la scholie nécessaire.

2° Mais une pareille formule n'est pas tout. L'âme peut être éclairée par l'étude du passé et du présent, au point de concevoir une certaine loi de progrès qui lui fait pressentir l'avenir ; mais il n'en résulte pas pour l'âme qu'elle aime à marcher vers cet avenir. Car l'âme s'interroge sur elle-même, et se demande quel rapport il y a entre elle et cet avenir de l'humanité qu'elle pressent , si cet avenir est lié à son propre avenir. L'âme, comme Archimède, demande un point fixe; et il n'y a que la religion qui puisse le lui donner.

L'âme se dit :

Voilà le passé; je le comprends : mais ce passé, ce n'est pas moi.

Page 1