‹ De l'hydronéphrose intermittenteChapitre 103 sur 123 · W. Fell. Loc. cit · texte numérisé non relu

W. Fell. Loc. cit

OBSERVATIONS

il constata de même que la tumeur n'existait plus. Le rein était bien encore un peu incliné en avant, un peu déplacé; mais la jmrtie fluctuante, qui s’avançait jusque vers l’ombilic, avait totalement disparu. La malade racontait que les choses se passaient toujours ainsi : « Tant que les douleurs étaient intenses, la grosseur persistait; mais dès que la tumeur disparaissait, elle se trouvait délivrée de toutes ses soiitfrances L »

Pour M. Fell, l’explication la plus probable du phénomène fut que l’uretère s’obstruait pour une raison ou pour une autre, et que le bassinet se dilatait énormément; d’où les douleurs et les vomissetnents. Quand l’obstacle n’existait plus, la tumeur se vidait d’elle-même. Toutefois il ne put pas se rendre un compte bien exact de la grande quantité d’urine excrétée à ce moment; mais, au dire de la malade, elle en rendait toujours autant. Il n’y eut jamais de sang dans l’urine.

Il sembla alors au D’' Fell que pendant les crises douloureuses cette femme courait quelques dangers par suite de la possibilité de la rupture du bassinet dilaté et à parois amincies Aussi, le 7 septembre 1886, assisté des D'* Collins et Lawson, crut-il devoir procéder à l’opération.

Opération. — On prit les précautions antiseptiques les plus minutieuses. Une incision, d’environ 4 pouces de long, fut faite comme si l’on avait voulu pratiquer une colotomie lombaire droite; toutefois elle fut placée un peu plus en avant que d’ordinaire. La paroi de l’abdomen ouverte, la première chose que l’on aperçut fut le bord du foie ; puis, immédiatement audessous, le rein. En passant la main avec précaution en avant vers l’ombilic, on put amener au dehors une large poche contenant du liquide. Elle faisait évidemment partie du rein et une pression légère permit de réduire quelque peu cette masse. Cette poche étant dès lors partiellement vidée un doigt put en invaginer une portion et la faire rentrer dans la cavité formée au niveau du hile du rein. D’autre part le pouce étant appliqué à la surface externe de l’organe, on put ainsi constater que la substance rénale avait beaucoup diminué d’épaisseur. Le rein s’était donc peu à peu transformé en une vaste poche pleine de liquide.

Après une courte délibération, on fut d’accord sur ce point ; à savoir que ce rein était une source constante de danger; par suite on décida qu’il valait mieux l’enlever.

En conséquence, on l’incisa, enleva brusquement la capsule qui était adhérente en quelques points et arracha le rein. Puis, glissant avec une certaine difficulté les doigts au delà de la poche, on amena au dehors une masse de tissu mou et aréolaire. On en fit sortir le plus que l’on put. Cette masse comprenant l’uretère, du tissu conjonctif et le mésentère constitua le pédicule, qui fut transfixé et lié avec trois fils. Après l’ablation de la tumeur,

1. 11 serait difficile, à l'heure actuelle, de ne pas reconnaître là une hydronéphrose intermittente typique. {Note des Trad.)

2. Ce qui laisse supposer qu’au niomenl des accès la tumeur augmentait notablement {idem).

3. Probablement, dans ce déplacemenldu rein, on redressa l’organe et diminua la torsion de l’uretère, ce qui permit à l’urine de s’écouler dans la vessie. {Note des Trad.)

DE l’hYDRONÉPHROSE INTERMITTENTE

une hémorragie assez abondante eut lieu par des vaisseaux restés en dehors de la ligature à la partie supérieure et en dedans de la plaie. Quelques secondes s’écoulèrent à peine que l’artère fut oblitérée; mais la perte de sang avait été si considérable qu’on craignit qu’il en résultât pour la malade une certaine faiblesse. Une double ligature à la soie solide fut placée et le fil coupé au ras. Puis la plaie, nettoyée rapidement, fut fermée avec 5 sutures profondes et 3 superficielles. Pansement à la gaze iodoformée sèche. L’opération, depuis le début de l’anesthésie, avait duré une heure et demie.

La convalescence fut rapide; aucun accident. La température s’éleva une fois à 100° Fahrenheit, mais ne dépassa jamais ce chiffre.

Le 22® jour la malade s’asseyait dans une chaise et se trouvait bien mieux qu’avant Fopération.

Il y a actuellement 8 mois qu’elle est opérée. Elle jouit d’une santé parfaite et le rein unique suffit parfaitement à sa besogne.

Examen de la pièce. — Sur le rein enlevé, furetère naissait au point où le bassinet était notablement enflammé, où la membrane muqueuse était très congestionnée. Quant à la cause de fobstruction, M. Fell se déclare incapable de la dire.

Observation XXVIII.

Newmann (Cas I) (Traduction in extenso) L

Rein mobile droit. — Hydronéphrose intermittente droite.

Histoire clinique. — W. O., quarante-neuf ans; depuis trois ans, ce malade, bien constitué, a maigri. Il a beaucoup souffert d’une bronchite catarrhale chronique, jointe à une expectoration muco-purulente abondante, dans laquelle le microscope trouve parfois quelques parcelles de sang et beaucoup de pus. Il y a aussi de l’emphysème, sans bronchectasie.

Début. — Sa maladie a débuté au commencement de 1882. Il était à cheval lorsque son cheval butta; il tomba sur le côté gauche en se fracturant deux côtes (la neuvième et la dixième). Il garda le lit quinze jours environ après l’accident. Pendant ce temps, il se plaignit d’une douleur au côté droit, immédiatement sous le bord du foie.

On crut à un abcès. Tant qu’il resta couché, il n’aperçut pas de tumeur dans le côté droit; mais dès qu’il se leva, il découvrit une tumeur mobile située dans fhypocondre.

État actuel. — Quand M. Newmann vit ce malade, ce dernier se plaignait d’une douleur dans la région rénale droite, de vomissements et de diarrhée.

La douleur survenait d’ordinaire subitement ; elle durait cinq à six heures. Ce malade avait remarqué que, s’il faisait beaucoup d’exercices ou s’il était constipé, il avait plus de tendance à avoir une crise. Quand il était couché les symptômes disparaissaient.

1. Newmann. Loc. cit. (Cas II de Newmann; in Tableau des reins mobiles observés par cet auteur, p. 24).

OBSERVATIONS

A rexamen, amaigrissement notable, abdomen pendant et flasque. Au palper, on sent une tumeur ovale, siégeant sous le foie, à environ 2 pouces de l’ombilic. Il est facile de déplacer la tumeur dans l’abdomen. Après déplacement de cette tumeur, on constate que la région rénale est vide et, quand on la saisit, le malade éprouve une sensation de malaise, comme lorsqu’on comprime le testicule. On chercha, aux environs de la tumeur, les battements de l’artère rénale, le cas s'y prêtant en raison de la maigreur du sujet et de l’état flasque des parois abdominales; on ne trouva rien.

Le symptôme le plus remarquable était la suppression subite d’urine, sans cause apparente, et sans relation visible avec la position du rein droit. Quelquefois, en effet, elle se produisait sans que l’organe fût déplacé — au moins autant qu’on pouvait l’apprécier à la main — et il n’y avait pas d’augmentation de volume de l’organe pendant que durait ce phénomène.

L’urine évacuée, quand la sécrétion recommençait, ne différait pas de celle qui était excrétée en dehors des crises.

Urine d’une crise L

Date

Heure

Quantité

Densité

Urée

Remarques

28 novembre

1 h. matin

10 onces

Faible dépôt d’urates.

Fort dépôt d’urates.

Pas de dépôt.

1 h. soir

Observation XXIX.

Newmann (Cas II) (Traduction' in extenso)

Bein mobile droit. — Hydronéphrose intermittente droite.

Histoire clinique. — Mme D., âgée de quarante-trois ans, a joui d’une bonne santé jusqu’à la naissance de son neuvième enfant. Sa deuxième couche a été suivie de symptômes qui ne furent pas bien compris, en raison de leurs caractères vagues.

En quatorze ans elle a eu 9 enfants, tous encore vivants, et 2 fausses couches; la première au 5° mois, entre le troisième et le quatrième enfant; la deuxième au quatrième mois, entre le huitième et le neuvième. Après son dernier accouchement, elle éprouva un malaise mal défini, moins que la douleur qu’elle accuse actuellement, mais suffisant pour l’empêcher de travailler. Elle devint anémique et maigrit; les règles furent bientôt très abondantes et accompagnées de phénomènes douloureux inaccoutumés.

Début. — Au bout de six mois, elle se plaignait d’une douleur notable

d. Au cours de cette crise, il n’y eut pas d’urine rendue entre onze heures du matin le 28 et une heure du matin le 29 novembre; donc arrêt de quatorze heures.

2. Newmann. Loc. cit., p. 40 (Cas III de Newmann ; in Tableau des reins mobiles par lui observés, p. 24).

DE l’hYDROINÉPHROSE INTERMITTENTE

dans le côté droit; en même temps, elle s’aperçut de la présence d’une tumeur mobile de ce côté. On pouvait palper cette tumeur sans augmenter beaucoup les soufTrances ; mais cet examen déterminait des nausées et même des vomissements. Quelques mois après, les douleurs devinrent très violentes, surtout pendant les règles, après un exercice pénible ou lorsqu’il y avait de la constipation. Alors apparurent des symptômes de dyspepsie.

Lorsque M. Newmann vit cette malade pour la première fois, en décembre 1881, 9 mois après sa dernière couche, les phénomènes s’étaient tellement' aggravés qu’elle demandait à rester couchée pendant ses règles.

A l’examen de la tumeur du côté droit, M. Newmann en reconnut nettement la nature : c’était un rein mobile. L’urine était absolument normale.

État actuel. — Le 14 décembre 1882, les symptômes sont très marqués : douleurs presque continuelles, habituellement localisées dans la région lombaire droite, mais s’étendant parfois dans tout l’abdomen. Elles augmentent pendant la menstruation, mais sont parfois très violentes en dehors des règles. — Accès. A ces moments-là, s’ajoutent d’autres symptômes semblant indiquer un obstacle à l’excrétion urinaire. En général, ils apparaissent très subitement et suivent quelque elfort soudain; ils se produisent au moment où le rein se déplace. Ils peuvent ne durer que quelques heures et disparaître presque aussi soudainement qu’ils sont venus, ou bien persister vingt-quatre et même trente-six heures. Le premier indice d’une crise est une diminution subite dans le W3lume de l’urine évacuée, quelquefois même sa suppression presque entière. Ce phénomène est suivi d’une augmentation rapide dans le volume de la tumeur mobile dans l’abdomen; cette tumeur se trouve alors un peu à droite de la ligne médiane, avec son bord inférieur à 1 pouce environ au-dessus du tiers interne du ligament de Poupart.

En même temps, douleurs violentes dans la région rénale venant par accès et s’accompagnant de maux de cœur, de nausées, de vomissements même. Leur violence varie beaucoup suivant les crises. Quelquefois un repos d’un jour au lit calme les accès; d’autres fois, ils persistent plus longtemps, si bien qu’ils sont suivis parfois de symptômes urémiques, tels que troubles de la vision, maux de tête violents et persistants, coma, avec ou sans crises d’excitation.

Pendant la durée de ces crises, la quantité d’urine est diminuée et le premier indice de l’amélioration est une évacuation soudaine d’urine concentrée, en même temps que se produit une diminution dans le volume de la tumeur rénale, suivie de la sécrétion d’une grande quantité d’urine moins dense.

Voici l’indication de la quantité d’urine rendue pendant les crises, avec les modifications survenues dans sa composition :

Date

Heure

Quantité

Urée

Acide

uricjue

Phos-

phates

Chlorures

Autres corps solides

Totaux

9 déc.

10 h. matin

10 onces

7 h. soir

1 h. matin

7 h. soir

OBSERVATIONS

L’urine, recueillie ce jour-là à dix heures du matin, était normale. A midi la crise commença et dura jusqu’à 7 h. 30 du soir. A sept heures la malade évacua 8 onces d’urine concentrée, contenant 6 p. 0/0 de matières solides; à 7 h. 40, elle rendit 18 onces 1/2 d’urine diluée, contenant moins de 2 p. 0/0 de matières solides. A aucun moment on ne put découvrir d’élément anormal à l’examen microscopique.

Les crises rapportées ci-dessus so7it absolument différentes des doideurs qui survieimcnt pendant les périodes menstruelles. Les douleurs ne sont pas si aiguës, ne surviennent pas par crises. Ce sont plutôt des tiraillements qui ne s’accompagnent que de légers symptômes dyspeptiques ou de troubles ■dus à la congestion utérine.

Évolution. — Au 17 février 1883, la malade a eu deux attaques accompagnées de suppression d’urine. La première a été bénigne; la deuxième plus pénible et plus longue (3 jours). Aujourd’hui, le rein est moins volumineux qu’en décendjre 1881: il est plus mobile; mais quand on le saisit avec la main, les sensations éprouvées sont plus désagréables encore qu’à cette époque. Le fait le plus important est la présence d’une petite quantité d’albumine dans les urines qui deviennent plus abondantes et moins denses (1008, 1012), et renferment parfois des cylindres hyalins et granuleux. L’anémie est plus prononcée; les traits sont tirés, les troubles digestifs plus marqués (perte d’appétit, nausées, etc.).

L’urine ultérieurement (1883) a été toujours abondante, peu dense, et a continué à renfermer de l’albumine. En vingt-quatre heures la malade en rendait une quantité plus grande que normalement; cela variait entre 70 et 90 onces. Jamais, sauf après les accès douloureux, la densité n’a dépassé 1014. La moyenne a été de 1011, le minimum 1007. L’albumine variait en quantité et manquait parfois. Elle n’a jamais dépassé 0,21 p. 0/0 et en général ne montait pas au-dessus de 0,08 p. 0/0. Le dépôt était faible, eornposé d’épithélium granuleux, de mucus, de leucocytes et parfois de cylindres hyalins ou granuleux.

Le rein mobile a montré une tendance à diminuer de volume, de sorte qu’en juin 1883, il semblait plus petit d’un tiers environ qu’en janvier 1882. Il a continué à être mobile. Quand il est déplacé, il ne reprend plus sa position normale avec autant de facilité qu’auparavant. — Pendant les 5 premiers mois de 1883 la malade a eu 4 crises de douleurs violentes avec suppression d’urine, en outre de la gêne qu’elle a éprouvée à chaque période menstruelle et du malaise général dont elle se plaint sans cesse. Cette malade était convaincue que si on lui Axait le rein en place, elle ne soutfrirraitplus; aussi réclamait-elle une opération.

M. Newmann considéra l’albumine et la présence de cylindres dans l’urine .comme une complication sérieuse. Aussi, tout en supposant le rein gauche sain (il en avait reconnu l’existence en place normale par la palpation avant de proposer l’opération), voulut-il s’assurer d’abord de l’état de ce rein en analysant les urines sécrétées. Il eut recours pour cela au cathétérisme des uretères et examina séparément les urines des 2 reins. Urine du rein droit : Pâle, à faible dépôt, neutre; densité de 1,012; urée 1,10 p. 0/0;

Terrier et Baudouin. 17

DE l’hYDRONÉPHROSE mTERMlTTENTE

albumine 0,33 p. 0/0; pas de sang, pigments biliaires, etc. Au microscope : dépôt formé de mucus, de quelques leucocytes, d’épitbélium granuleux et graisseux, mais pas de cylindres.

Observation XXX.

Newmann (Cas III) (Traduction in extenso) ^

Prolapsus utérin. Cijstocèle. Reins mobiles. — Hydronéphroses intermittentes

des deux côtés.

Malade âgée de trente deux ans, ayant eu 7 enfants, en onze ans.

Quand M. Newmann la vit, elle soulîrait d’un ballottement de tout l’abdomen, d’un prolapsus de l’utérus et de la vessie, et les deux reins étaient mobiles.

Cruelles douleurs aux époques menstruelles, et quand le prolapsus utérin n’était pas réduit.

Quand l’utérus sortait, elle se plaignait tout particulièrement de douleurs légères d’abord, puis violentes, dans les régions rénales; en même temps il y avait des vomissements, une diminution subite dans la quantité d’urine excrétée, et une augmentation de volume des reins mobiles.

Mais Tutérus et la vessie étaient-ils remis en place, à un intervalle plus ou moins long, la malade éprouvait, raconte-t-elle, la sensation de « quelque chose qui tombait goutte à goutte dans la vessie » et aussitôt après elle évacuait une grande quantité d’urine normale.

Observation XXXI.

Newmann (Cas TV) (Traduction in extenso)

Rein mobile droit. — llydronéphrose intermittente droite.

Femme de vingt-cinq ans. Rein mobile droit.

Phénomènes dyspeptiques. Amaigrissement.

Hydronéphrose intermittente avec suppression d’urine.

Douleur dans la région lombaire droite pendant la menstruation qui était très irrégulière.

Observation XXXII.

Newmann (Cas V) (Traduction in extenso)

Hydroné2)hrose intermittente gauche.

Homme, souffrant de fréquentes crises de colique rénale prolongée, mais non très douloureuse.

1. Newmann. Loc. cit. (Cas VII de Newmann, tableau des reins mobiles, p. 24).

2. Newmann. Loc. cit. ^ p. 24; in Tableau des cas de reins mobiles (cas XII).

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