Newmann. Loc. cit., p. 120 (Ch. Hydronéphrose
OBSERVATIONS 2o9
Pendant quelques-unes de ces crises, M. Newniann découvrit une augmentation considérable de volume du rein gauche.
A chaque crise, la douleur durait de quarante-huit à cinquante-six heures. Les crises revenaient à intervalle de quatre à sept semaines.
Quand l’accès diminuait d’intensité, la grosseur diminuait aussi, et ce phénomène était suivi d’une évacuation d’urine concentrée.
Pas de dépôt, ni élément anormal d’aucune sorte dans l’urine.
Le malade a cru remarquer que les crises apparaissaient surtout quand, il laissait sa vessie se distendre.
Observation *XXXIII.
Landau (Cas 1] (Traduction in extenso)!.
Prolapsus utérin. — Hijdronéphrose intermittente à droite. — Pyonéphrose et abcès périnéphr étique à la suite de ponctions. — Fistule du bassinet. Guérison.
Histoire clinique. — G. AL, âgée de soixante ans, secundipare. Depuis son dernier accouchement, qui a eu lieu il y a trente-six ans, cette femme présente un prolapsus des organes génitaux, qui va toujours en augmentant.
Antécédents. — Depuis environ dix ans, elle soulfre de douleurs lombaires, de malaise abdominal, de cardialgie, avec crises gastriques, tiraillements dans les reins, et sensation de pression dans la région vésicale.
11 y a huit ans, elle a remarqué pour la première fois qu’elle avait dans le ventre une tumeur qui disparaissait de temps en temps, et qui fut prise par divers médecins tantôt pour un kyste hydatique, tantôt pour une tumeur du foie, tantôt pour une tumeur de l’ovaire.
Ftat en 1S79. — Le 14 septembre 1879, elle présentait à Texamen les phénomènes suivants : Femme pâle, amaigrie, atteinte de jiro/apsws de l'utérus et de la paroi vaginale antérieure. Dans l’hypocondre droit et dans le flanc droit se trouve une tumeur fort tendue, élastique, sphérique, (|ui s’étend ; en dedans presque jusqu’à la ligne blanche; en dehors presque jusqu’à la ligne axillaire; en bas, jusque dans le voisinage de l’épine antérieure et supérieure de l’os iliaque. La tumeur est très mobile, surtout en dedans et en bas. Entre elle et le foie existe un sillon, marqué surtout quand on comprime la paroi. A la percussion elle est mate; mais le son est un peu tympanique, sauf au sommet de la tumeur et le long de la ligne axillaire, où la matité est absolue.
Une ponction exploratrice, grâce à laquelle on retire 3 centimètres cubes de liquide, montre que le contenu de cette tumeur en apparence solide est un liquide aqueux, clair, incolore à la lumière transmise; il ne contient aucun élément figuré, pas d’albumine; mais il est riche en chlorures.
On ne pouvait songer qu’à un kyste hydatique du foie ou du rein ou à une hydronéphrose avec rein mobile.
1. Landau. Berl. Klin. Woch., D588, n" 47 (Observation publiée déjà avec plus de détails. Voir Bibliograiibie).
DE l’HYDRONÉPHROSE INTERMITTENTE
Dans les deux cas une opération parut nécessaire ; elle fut décidée pour l’un des jours suivants, après une nouvelle ponction exploratrice.
Au moment où M. Landau voulut fixer la tumeur pour inciser la paroi abdominale, la tumeur avait disparu.
A sa place se trouvait l’intestin, reconnaissable à la percussion. Et même, à l’aide d’une palpation profonde, faite sous le rebord costal droit, on ne pouvait sentir la moindre tumeur. La malade se trouvait d’ailleurs relativement soulagée ; elle avait rendu le jour précédent, comme elle l’a rapporté depuis, une quantité très considérable d’urine claire et transparente. Cela ne lui avait pas paru extraordinaire, car la quantité d’urine qu’elle rendait d’habitude variait constamment. L’urine émise ce jour-là était normale.
Restait à savoir, à ce moment, si le liquide du kyste avait fait irruption dans la cavité péritonéale, à la suite de la ponction, par la petite ouverture faite à la poche; ou bien s’il s’était vidé par les voies naturelles.
Dans la première alternative, la nature de la tumeur restait douteuse; dans la seconde, il s’agissait d’une bydronéphrose. La disposition de la tumeur pouvait s’expliquer par le redressement de l’uretère coudé ou tordu, au cours des différentes positions prises par la malade, particulièrement la position génu-cubitale ; ou bien par la disparition d’un obstacle valvulaire, à la suite de la diminution de pression dans la poche, consécutive à la ponction.
Le diagnostic resta cependant douteux, car l’urticaire pathognomonique du kyste hydatique ne se montra pas et la tumeur ne reparut pas.
Etat en 1880. — En février 1880 la malade revint, se plaignant de phénomènes de compression insupportables; elle présentait les mêmes symptômes que lors du premier examen.
Le diagnostic d’hydronéphrose devenait dès lors ferme; ce qui l’affermit encore, ce furent les recherches chimiques effectuées sur une grande quantité d’urine rendue. On y constata la présence de l’urée (on ne rechercha pas l’acide urique à l’aide de la réaction de lamurexide).
Ouelque temps après, on put observer la disparition spontanée et complète du kyste et l’apparition simultanée des symptômes particuliers à l’excrétion de l’urine. Ces alternatives de rétention et d’évacuation du liquide se répétèrent quatre fois. Puis la poche ne se vida plus. L’état général déclina; une fièvre continue s'établit et la tumeur grossit peu à peu; elle devint très tendue et très douloureuse au moindre contact.
Une ponction exploratrice fournit un liquide qui, au lieu d’être clair et dépourvu d’éléments figurés, contenait celte fois un grand nombre de globules de pus; par conséquent on ne pouvait plus différer l’opération.
Opération. — Le 20 juin 1880, l’opération fut faite. La poche de l’hydronéphrose fut suturée à la paroi abdominale, après incision préalable d’un abcès périnéphrétique et ponction suivie de l’évacuation d’un liquide purulent; puis elle fut incisée et drainée.
L’ouverture de l’uretère dans la poche ne fut pas vue ni cathétérisée. La poche de l’hydronéphrose était un peu plus grande qu’une tête d’enfant.
OBSERVATIONS
Suites opératoires. — Le iO juillet, toute la plaie était cicatrisée, sauf au niveau de l’angle inférieur de l’incision où persistait une fistule qui pouvait admettre le doigt. On y plaça un di’ain qui fut enfoncé d’environ 14 centimètres; il facilita fécouleinent de l’urine, qui fut d’abord très peu abondante, mais qui augmenta peu à peu, puis servit à faire des lavages abondants. Le liquide purulent devint clair et bientôt l’écoulement fut constitué par de l’urine pure. La poche se fronça d’elle-même et la paroi des calices, amincie et atrophiée, devint plus épaisse. Dans de telles fistules rénales, un appareil destiné à recueillir l’urine ne peut être supporté. D’ailleurs il est inutile, car la malade se contente d’un simple drain, à condition de changer le pansement plusieurs fois par jour.
A l’heure qu’il est (1888), la malade a soixante-huit ans et porte sa fistule rénale depuis huit ans. Cette infirmité ne la gêne nullement; elle vit et se livre à ses occupations habituelles, comme si elle n’avait pas de fistule. Les alentours de celle-ci ne sont le siège ni d’eczéma, ni d’érythème.
Observation XXXIV.
Landau (Cas II) (Traduction in extenso)*.
Ilydronéphrose intermütente à droite. — Grossesse.
C. G., 35 ans, quatre enfants, vient consulter en juin 1885; elle se plaint de souffrir depuis plus de quatre ans de cardialgie et de douleurs dans le côté droit et dans les reins.
Elle a constaté elle-même la présence d’une tumeur solide dans le côté droit du ventre; mais cette tumeur disparaît de temps en temps, à l’exception d’une rétroflexion de l’utérus gravide (grossesse de 2 à 3 mois), qui est de suite redressée à faide d’un pessaire; on ne peut rien constater d’anormal et en particulier sentir une tumeur dans le liane droit.
Mais, lorsque cette femme vint quinze jours après, M. Lar)dau trouva dans l’hypocondre droit une tumeur grosse environ comme les deux poings; elle était dure et distendue et ne présentait aucun signe de tluctuation. Pour n’être qu’un simple rein mobile, la tumeur était trop globuleuse et trop grosse; sa forme et sa petitesse montraient qu’on n’avait pas affaire à un abaissement du foie; d’ailleurs on pouvait constater l’existence d’une sonorité tympanique entre la tumeur et le lobe droit du foie. Une ponction exploratrice dévoila le contenu de la poche; en effet, le liquide éfait clair comme de l’eau, contenait de l’urée et des chlorures; il n’y avait pas d’éléments figurés.
Quelques mois après on revit cette femme; la tumeur avait complètement disparu. Elle ne se montra pas pendant le reste de la grossesse. Celte femme a été perdue de vue.