I. — Anatomie normale
Abouchement de l’Uretère dans le Bassinet.
Contribution à V anatomie du Bassinet b — Il ne faudrait pas croire d’ailleurs qu’il s’agit là d’nn point d’anatomie sur lequel on soit bien fixé, même chez l’Homme, a fortiori chez les autres Mammifères dont le bassinet présente une constitution analogue. On ne sait rien non plus des différences qu’il peut y avoir à ce sujet chez l’embryon, l’enfant et l’adulte; cela présente cependant d’autant plus d’intérêt que les anomalies sont assez fréquentes dans ces organes et que l’hydronéphrose par altération d’origine congénitale de l’extrémité pyélique de l’uretère est loin d’être rare; malheureusement la plupart des auteurs — et Hyrtl lui-même, auteur d’un très beau mémoire sur ce sujet ’ — sont presque muets sur ces différents points.
a. Axe du bassinet.
A l’état normal, il semble que l’axe de l’uretère soit la prolongation directe du grand axe du bassinet, c’est-à-dire de celui qui s’étend de l’abouchement de l’uretère à la partie moyenne du hile du rein. Il y a continuité absolue entre ces deux parties des voies urinaires supérieures. C’est à peu près, pour l’apparence extérieure tout au
1. Ce chapitre était rédigé et remis à l’impression quand a commencé à paraître un mémoire de M. Legueu sur ce sujet (F. Legueu. L'anatomie chirui'gicale du Bassinet et l' exploration intérieure du rein ; in Annales des maladies des organes génito-urinaires, juin et juillet 1891, p. 365 et 459).
2. J. Hyrtl (Vienne). Ueber das Nierenhecken des Mensche7i und der Süugethiere ; in Denkschriften der Kais. Akad. der W’issenchaflen, T. XXXI, 1870, et tirage à part, 1870, librairie Gerold et fils, Vienne, 36 p. et 7 planches. (Comm. à la séance du 10 mars, section des sciences mathém. et naturelles.)
DE l’hYDRONÉPHROSE INTERMITTENTE
moins, la disposition qu’on rencontre au niveau de l’union du col de la vésicule biliaire avec le canal cystique. Les deux organes se succèdent sans transition, d’une façon presque insensible, comme l’extrémité effilée d’une pipette droite fait suite au cylindre de verre constituant le corps de cette pipette elle-même. On ne distingue pas, en général, la moindre coudure^ la moindre inflexion du canal sur le réservoir auquel il fait suite. Les moulages d’uretères et de bassinets normaux que M. Hallé a reproduits dans sa remarquable thèse ^ et ceux, bien plus nombreux, que M. le D'' Poirier, chef des travaux anatomiques de la Faculté, a obtenus à l’École pratique, la description récente et la figure de M. Charpy ^ l’indiquent de la façon la plus démonstrative. Dans la collection de M. Poirier, 140 moulages environ sur 150 plaident dans ce sens.
h. Collet du bassinet.
Existe-t-il toujours, à l’intérieur du conduit, comme y a insisté Hallé % un rétrécissement véritable, une sorte de plus ou moins marqué au point d’union de l’uretère avec le bassinet? Ce rétrécissement, qui n’est pas mentionné dans les auteurs classiques anciens, mais qui a été figuré par Ilenle, dont le dessin a été reproduit dans le traité de MM. Morel et M. Duval % représenté très nettement par Morris, mentionné par Charpy ^ existe réellement; il est même si accusé que les moules solidifiés de l’uretère ont toujours tendance à se briser à son niveau. Mais peut-on désigner ce point, avec MM. Hallé, Charpy, etc., sous le nom de Collet du bassinet^! Autrement dit ce rétrécissement siège-t-il toujours là où l’uretère se confond avec le bassinet? C’est là une question plus délicate à trancher. Aujourd’hui que nous avons pu examiner un très grand nombre de moulages d’uretères normaux, grâce à l’obligeance de M. le D*" Poirier, qui a bien voulu nous confier au moins 150 pièces de ce genre, nous pensons qu’on doit être moins affirmatif que M. Hallé.
Il existe bien réellement une partie plus ou moins rétrécie à l’extrémité supérieure de ce conduit; mais il s’en faut de beaucoup que le point le plus rétréci corresponde toujours exactement à ce qu’il est accoutumé d’appeler la partie inférieure du bassinet. On peut
1. Hallé. Uretêrites et Pyélites. Thèse de Paris, 1887. (Voir planche III.)
2. A. Charpy (Toulouse). Organes génito-urinaires (Cours de splanchnologie). Toulouse, 1890, p. 42.