‹ De l'hydronéphrose intermittenteChapitre 15 sur 123 · Morel et Duval. Manuel de V anatomiste, 1883, p · texte numérisé non relu

Morel et Duval. Manuel de V anatomiste, 1883, p

5. Charpy remarque que ce collet, quand il existe, prédispose à la formation de valvules ou de rétrécissements.

ANATOMIE PATHOLOGIOUE

même dire que, sur la très grande majorité des moulages de M. Poirier, il siège à 2 cent., 3 cent, ou même 3 cent. 1/2 plus bas. Inutile d’ajouter que, lorsqu’on dispose ainsi d’un grand nombre de moulages, on trouve toutes les transitions b En examinant cette collection de moules, nous avons été amenés à faire d’autres remarques qui ne sont pas sans intérêt pour l’étude de la pathogénie de l’Hydronéphrose en général et de l’Hydronéphrose intermittente en particulier. Aussi croyons-nous devoir les rapporter ici, de même que les résultats que nous a fournis l’examen d’une dizaine de bassinets disséqués à l’École pratique par l’un de nous.

c. Dimensions du bassinet.

Un premier fait nous a vivement frappé! Le voici dans toute sa brutalité et sous sa forme paradoxale : à V état normal, sur le cadavre, il n’y a, pour ainsi dire, presque pas de bassinet Le plus souvent

Fiff. II. —Schéma d’un bassinet (réduction d’un 1/3 de sa grandeur, exactement) à 2 calices : a, a', points d’union des calices de premier ordre, 1 et 2; — c, partie inférieure du bassinet-—' U, uretère. ’

Fig. III. — Schéma d’un bassinet (réduction d’un tiers). — Même légende qne dans la Fig. II. Fig. IV. — Schéma d’un bassinet (réduction d’un tiers) à 3 calices de l"’*’ ordre (1,2 3 ) • a, a', a", points d’union des calices avec le bassinet; — c, collet du bassinet; — U, uretère *. '

l’uretère semble en effet faire directement suite aux calices de premier ordre; ou plus exactement le bassinet n’a l’air d’être que le résultat de la confluence, en un même point, de 2 ou 3 calices. Deux

1. De nouveaux moulages, faits récemment par l’un de nous par un procédé un peu différent, ne font que confirmer ces données.

2. Nous répétons que ce travail était rédigé quand a paru le mémoire de M. Legueu.

3. Toutes les figures inédites ont été dessinées en grandeur naturelle et nboto

gravées en réduisant d’un tiers. ‘

DE l’iiydronéphrose iivtermittente

chirurgiens, MM. Lloyd ' et Torrey *, ont récemment insisté sur ce point et montré que la description classique est absolument erronée. En réalité, comme l’avaient signalé déjà Hyrtl ^ et Gegenbauer il n'existe pas à proprement parler de bassinet \ D’ailleurs la Fig. II qui représente, réduite d’un 1/3 de sa grandeur, l’extrémité des voies d’excrétion supposées vides d’un rein normal, en est un exemple bien frappant. Entre le lieu de réunion (a, a') des 2 calices (1 et 2), et le point qu’on peut considérer comme la partie la plus inférieure du bassinet (C), il y a à peine un centimètre; autrement dit, le bas-

Fig. V. — Un bassinet, réduit d’un 1/3 de ses dimensions réelles : 1, 2, 3, 4 caliees de U'' ordre; — a, a', a", a'", points d’union des calices avec le bassinet ; — c, collet ; — U, uretère.

sinet rempli avait dans ce cas, au maximum, une capacité de deux à trois centimètres cubes seulement.

Toutefois il n’en est pas toujours ainsi; parfois la poche a des dimensions un peu grandes, mais encore si restreintes qu’elle n’existe guère que d'une façon théorique. Les Fig. III et IV montrent deux

1. Lloyd. Pmctical observations on kidney stone and kidney mobility ; in The Practitionner, vol. XXXIX, 1887, p. 171, 2® p.

2. S. W. Torrey (Beverly). A case of nephro-uretero-lithothomy with remarks upon the anatomy of the pelvis of the kidyiey\ in American Journal of medical sciences, p. 579, vol. XCVII, n. s., 1886. (Voir p. 582 et figures.)

3. Hyrtl. Loc. cit. — Voyez aussi : Hyrtl. Lehrhuch der Anat. des Menschen, 15* édition, 1881, p. 741.

4. Gegenbauer. Traité d^ Anatomie humaine. Traduction par Julin, T. III, p. 860, 1889.

5. Cruveilhier {Traité d’Anat.), au dire de Legueu, avait déjà fait remarquer que dans certains cas « il semblait ne pas exister de bassinet ».

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

états différents, ceux qu’on rencontre le plus fréquemment sur des pièces non injectées et qui sont des transitions très nettes entre les Fig. II et V. Cette dernière est presque l’exception pour les reins à uretères normaux, c’est-à-dire à extrémité supérieure non coudée. Dans ce cas, il y a réellement un véritable réservoir à l’extrémité supérieure du conduit vecteur de l’urine.

Sur les moulages de M. Poirier, les bassinets fortement distendus par l’injection à la cire présentent certainement une capacité un peu plus grande que ne semblent l’indiquer les Fig. II, III et IV ; mais la différence est en somme faible. Et un fait capital reste acquis : les dimensions fort restreintes du bassinet à l'état normal (140 fois sur 150 environ); elles varient du volume d’une petite noisette à celui d’une noix sèche.

D’un autre côté, la forme du bassinet est aussi variable que sa capacité. Quand on peut examiner un nombre de pièces aussi considérable que nous avons pu le faire à l’École pratique, on reste convaincu qu’^7 y a toutes les transitions entre le bassinet presque réduit à zéro., tétraédrique ou cylindrique, et une poche hydronéphrotique., plus ou moins sphérique ou ovoïde.

d. Cas particuliers. Bassinets dilatés,

Quand le bassinet présente des dimensions ün peu supérieures à celles de la Fig. V, dans presque tous ces cas — fait très remarquable, — au niveau du point normalement rétréci de l’extrémité supérieure de l’uretère, on trouve une coudure plus ou moins marquée de ce conduit, et le rétrécissement se trouve alors exactement à son extrémité supérieure, formant ainsi au bassinet un véritable collet h

Sur les 150 moulages préparés par M. Poirier, 8 à 10 seulement présentaient une dilatation notable ^ Or, sur les 2 bassinets les plus

1. Parfois le bassinet allongé, plus ou moins cylindrique, forme avec l’extrémité pyélique de l’uretère, une sorte decro^^e, assez comparable à celle de l’aorte, à longue courbure et à concavité inférieure et externe ; mais ces faits n’ont rien à voir avec les flexions ou coudures du canal vecteur des urines.

2. M. Legueu a groupé ces bassinets pour en faire une classe spéciale : Les Bassinets renflés ou ampullaires, distincte de celle des Bassinets qu’il appelle ramifiés, les plus fréquents. La preuve qu’il ne faut pas voir là une classe spéciale, c’est que ces bassinets ampullaires ou en entonnoir se rencontrent très rarement, de l’aveu même de Legueu (p. 369). Nous préférons de beaucoup notre interprétation. Quant au bassinet ramifié, le plus commun, il correspond au type que nous avons dénommé : « Pas de bassinet en réalité », puisqu’on dehors des ramifications, qui ne sont que les calices, il n’y a pas à proprement parler de réservoir à la partie supérieure de l’uretère. D’ailleurs l’un de nous reviendra ultérieurement sur ce sujet dans un mémoire spécial.

DE l’hYDRONÉPHROSE INTERMITTENTE

dilatés, que nous avons dessinés et représentés ici, leurs dimensions réelles étant réduites d’un tiers exactement {Fïg. VI et VII), cette flexion était très nette en C, au niveau du collet, ainsi qu’on peut le voir sur les figures.

Peut-être ces pièces se rapportent-elles à des reins un peu mobiles? (La Fig. VII provient d’un rein droit ’.) Mais tout ce que l’on peut dire ici, c’est que très probablement cette légère coudure a été la cause de la rétrodilatation du bassinet. Une constatation le démontre encore : sur les autres moulages à bassinets plus grands que normalement, le rétrécissement de la partie supérieure de l’uretère

Pig VI. — Moulage d’un bassinet dilaté avec flexion de Turetère en C (réduction d un tiers;

collection Poirier). . . i / n .•

Pig, VII. Moulage d’un bassinet dilaté avec flexion 1res marquée de 1 uretere (collection

Poirier).

siégeait aussi, dans ces cas, tout près du collet et était généralement très marqué.

Tous ces faits, qui de prime abord paraissaient constituer des exceptions à la loi générale formulée plus haut ; Presque pas de bassinet, pas de coudure de V uretère à Vétat normal et rétrécissement supérieur de ce conduit placé à une certaine distance du bassinet, s expliquent très bien désormais, si l’on tient compte de l’apparition d’un obstacle sur le point le plus rétréci de la partie la plus élevée de l’uretère. Celui-ci constitué, le bassinet se dilate; son extrémité infé-

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