Inûuence de la pesanteur et de la stagnation de l’urine
DE l’iiydronéphrose iinïermitteinte
Au moment de l’opération (et cela se voit encore assez bien maintenant), la surface interne était lisse, polie, sans la moindre lésion. La muqueuse repose sur une paroi fibreuse, résistante, bien plus épaisse que dans un bassinet normal. Mais si cette membrane fibreuse semble hypertrophiée dans presque toute son étendue, il y a des points (au moins un) où elle est légèrement amincie. (On voit des points sur la Figure XII.)
Au-dessous de l’épithélium courent, en se dirigeant vers l’orifice uretérin, une très grande quantité de très petits vaisseaux sanguins gorgés de sang foncé. Ils convergent tous comme les branches d’un éven-
Fig. XII. — Rein droit hydronéphrotique ouvert par son bord externe. Sa moitié antérieure est à droite. Un cordonnet passe dans l’uretère.
tail vers l’uretère et l’on dirait qu’au point où ce dernier était coudé, le sang éprouvait une certaine gêne à passer pour gagner les parois de l’uretère. La muqueuse du bassinet forme au niveau de l’orifice uretérin une série de plis en éventails, fins, mais très nets et marqués surtout au point d’insertion de l’uretère. L’orifice de ce conduit dans le bassinet, vu par sa face interne, ne présente rien de particulier. Il n'y a pas de valvule formée par la muqueuse. Le canal est facilement perméable et on y introduit sans peine une petite tige flexible, ou mieux une ficelle qui suit les coudures du conduit. La torsion et la coudure de l’extrémité supérieure de l’uretère étaient bien plus marquées au moment de l’opéra-
ANATOMIE PATHOLOGIQUE
tion que sur la pièce anatomique déformée par le durcissement dans l’alcool. La poche, dans sa totalité, peut encore contenir au moins 50 grammes d’eau, c’est-à-dire 50 centimètres de liquide (vérification expérimentale approximative); par contre, au moment de l’opération, elle contenait au moins 100 grammes d’une urine de couleur jaunâtre, un peu trouble, mais non 'purulente.
Nous tenons à insister encore sur ce fait que Vuretère ne rampe pas du tout sur la paroi du bassinet avant de s’ouvrir sur la muqueuse; il n’y a pas eu glissement, semble-t-il, des parties les unes sur les autres, mais déformation de la région où s’insère l’uretère par déplacement du rein.
Enfin dans le cas de M. Quénu (Obs. LXX), la coudure était encore moins marquée que dans le fait précédent, si bien que pour la dépister il a fallu examiner très minutieusement la pièce. Mais on se rappellera que les accidents étaient en somme assez récents (ils dataient d’un an à peine) et que cette hydronéphrose, infectée, était tout à fait à son début L
Observation LXX.
Quénu (inédite
Rein mobile droit. Crises douloureuses et hydronéphrose intermittente. — Néphropexie. Infection légère de Vuretère : Pyonéphrose intermittente. — Néphrectomie lombaire. — Guérison.
I. Histoire clinique. — Mme Louise Ch 1, âgée de vingt-cinq ans,
infirmière, entre à l’hôpital Cochin, service de M. le D»- Quénu, le 9 janvier 1891, salle Boyer, n® 11.
a) . Antécédents. — Mère, morte de tuberculose pulmonaire. — Père, décédé des suites d’une affection du cœur.
Réglée à quatorze ans, elle a eu, à vingt-deux, une fièvre typhoïde. Un accouchement à terme à vingt-quatre ans. Elle n’a Jamais rendu de gravier dans ses urines.
b) . Début. — C’est de suite après son accouchement que cette malade a commencé à ressentir des douleurs dans la région lombaire droite. Ces douleurs avaient à leur début les caractères des névralgies; elles présentaient des irradiations mal définies.
1. On remarquera qu’aucun des cas que nous venons de citer n’est superposable a l’un quelconque des autres. Ils constituent tous des degrés divers de la même lésion, depuis celui de M. Quénu jusqu’à celui de Hare, ce oui nous permet de mieux saisir le développement de l’affection. On notera aussi que les pièces anatomiques modernes, fournies par la néphrectomie, correspondent à des stades peu avances : ce qui montre que les chirurgiens opèrent en général au bon
moment et ne laissent pas la maladie arriver à une phase très éloignée du début cl 6 S
2. Observation rédigée par M. Lamotte, interne du servic^i, et par l’un de nous.
DE l’hYDRONÉPIIROSE IISTERMITTENTE
Au mois de mars 1890, cette femme fut prise pour la première fois d’une crise douloureuse fort intense. De mars en juin, il y a eu trois crises analogues. Pas de crise de juin en septembre. Elle a eu depuis cette époque des crises le 6 octobre, le 13 octobre, le l®** novembre, le 9 décembre, le 9 janvier 1891.
Ces crises n’ont jamais eu le moindre rapport avec les règles et sont survenues dans des circonstances diverses.
En moyenne chaque crise dure de 1 à 2 jours et s’accompagne d’une élévation de température. Il y a des symptômes importants : altération des traits, vomissements verts, répétés pendant l’accès; besoin constant d'uriner. Malgré cette sensation, pendant la crise, elle urine extrêmement peu. Elle n’a pas remarqué si, à la fin de l’attaque, elle rend plus d’urine que d’habitude.
c). Etat actuel le 9 janvier 1891. — Cette malade rentre dans le service en pleine crise (39° le soir); et l’accès présente son maximum d’intensité le lendemain 10 janvier.
Ce jour-là, on constate en outre l’existence d’une tumeur dans la région rénale droite et l’on reconnaît qu’il s’agit d’un rein mobile^ dont le déplacement est peu considérable.
La température est de 39° le matin, le soir de 40°, 2. Cette tumeur est extrêmement douloureuse; la région voisine est hyperesthésiée.
Le 11, au matin, la température est retombée à 37°, 8 ; le soir, il y a encore 38°, G. Mais les jours suivants, le thermomètre revient à la normale. — Les urines examinées à ce moment ne contiennent ni pus, ni albumine et paraissent normales : la crise est terminée.
Le 14 février, il se produit une nouvelle crise : il y a 39° le soir. Le 15, T. 38°, 3, le matin ; le soir, 37°,8. Cet accès semble n’avoir été qu’ébauché. Et, en fait, un plus intense survient le 21 au soir (T., 39°,2). Le 22, T. m., 38°,8; T. s., 39°, 6. — Le 23, 39° encore le soir; le 24, 38°,4 le soir; les jours suivants, 37° environ, dès que l’accès est passé.
Malade de constitution chétive, petite, pâle, anémiée et amaigrie. Parois abdominales flasques; ventre souple dans l’intervalle des crises, ce qui n’a pas empêché de faire porter au moment d’une crise le diagnostic de péritonite localisée. L’état général est si peu brillant que l’on a cru à de la tuberculose pulmonaire. Dans l’intervalle des accès, il persiste une douleur lombaire vague, paraissant siéger surtout vers le hile du rein; cette douleur est très exagérée par la palpation abdominale ; à la région postérieure, elle est moins marquée.
Cette femme est réellement névropathe, pleure à chaque instant sans cause et se désole. Elle réclame à tout prix une intervention. On lui propose la Népl^ropexie.
IL P'° Opération. — Néphropexie le 7 avril 1891 L — Incision verticale do 12 centimètres, à 5 centimètres de la colonne vertébrale. Le rein est amené au niveau de l’incision lombaire par la main d’un aide qui le refoule