‹ De l'hydronéphrose intermittenteChapitre 22 sur 123 · Hansemann. Loc. cit · texte numérisé non relu

Hansemann. Loc. cit

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Autopsie. — Le rein gauche., bosselé, à surface granuleuse, est plus volumineux que normalement (H centim. x 6 centim.). Le bassinet a la grosseur du poing; il est surtout dilaté en avant, au-dessus de l’extrémité de l’uretère. Celui-ci sort du bassinet à son angle inférieur, puis se dirige horizontalement pour se courber bientôt à 1 centim. environ et redescendre verticalement. Son volume est à peu près normal. Par la vessie, on peut remplir le bassinet et le distendre; mais il faut exercer une certaine pression pour que quelques gouttes du liquide puissent ressortir. Après l’ouverture de la poche hydronéphrotique par le bord externe du rein, on constate à l’orifice uretérin une valvule dirigée de bas en haut et d’arrière en avant. La substance rénale présente toutes les lésions de l’hydronéphrose classique.

Le rein droit est tout différent. Il a la forme d’une masse petite, aplatie, ayant 4 centim. 1/2 sur 1 centim. 8. L’uretère était perméable à partir de la vessie, jusqu’à 3 centimètres du rein; au-dessus de ce point, il était totalement oblitéré. En somme atrophie remarquable du rein droit, probablement congénitale, due sûrement à une oblitération absolue, très ancienne, de l’uretère L

Obs. il de Reghter (Résumé *).

Hydronéphrose gauche, découverte à l'autopsie. — Rein déplacé.

Une femme, rentrée à l’hôpital de Molenbeck-Saint-Jean, pour un rhumatisme articulaire aigu, y succombe dans le service de M. le P*" Crocq, après quelques jours.

La malade étant très difficile à examiner, on n’avait pas soupçonné de lésions rénales.

Autopsie. — A l’ouverture de l’abdomen, on constate l’existence d’une tumeur fluctuante, occupant tout l’hypocondre gauche étayant le volume d’un petit melon. Cette tumeur n’est autre que le rein gauche atteint d’hydronéphrose. La tumeur extirpée présentait un certain nombre de saillies secondaires qui auraient pu faire croire à l’existence d’un kyste.

En manipulant la tumeur, on constate que le liquide s'écoule petit a petit par Vuretère non dilaté et absolument perméable. Cet uretère était accolé au bassinet et présentait une flexion à angle aigu à son point d'origine. A l’ouverture de la poche, on peut voir que de cette flexion résultait une véritable valvule ayant oblitéré la lumière de l’uretère et empêchant le liquide de couler. Les manipulations, en défléchissant le conduit, avaient rétabli la perméabilité.

Dans ce cas, la cause de l’hydronéphrose semble avoir été un déplace^ ment du rein, une véritable flexion de cet organe sur l’uretère, laquelle

1. On sait que l’oblitération totale et brusque d’un uretère, si elle est aseptique

amène en général l’atrophie du rein et non la dilatation du bassinet. ’

2. De Ilechter. Loc. cit. — 11 dit que c’est là un mode de production de l’IiYdro-

néphrose qui doit être très rare. ^

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a entraîné, par le mécanisme sus-indiqué, la rétention d’urine dans le bassinet ^

Le liquide renfermé dans le kyste était bien de l’urine (4 p. 100 d’urée) ; il y en avait 480 grammes.

L’examen histologique a été fait.

En résumé, dans ces 6 cas (Rare, Wilse, Lloyd, Braun, Terrier, Quénu) et dans les deux autopsies de Hansemann et de de Rechter, la lésion dominante était très nettement une coudure marquée de l’extrémité supérieure de Turetère, coudure dont la permanence était certainement assurée par l’existence de tractus fibreux unissant le point de flexion à la surface du bassinet. Tant que l’hydronéphrose resta intermittente, la lumière du canal ne fut jamais, bien entendu, complètement obstruée. Sa perméabilité varia seulement suivant des circonstances sur lesquelles nous aurons bientôt à nous appesantir.

Dans trois cas seulement, on a noté l’existence d’un repli valvulaire au point de flexion. C'est là, certainement, une lésioyi surajoutée^ conséquence de la coudure et non pas, comme a pu le prétendre Hansemann % une lésion primitive. Une preuve que ce pli n’est que de formation secondaire, c’est qu’il manque dans certains cas où il y a flexion (5 fois sur 8); c’est qu’il n’existe que dans des faits où il s’agit de lésions assez anciennes; c’est qu’on ne l’a pas encore rencontré dans des autopsies à l’état isolé. A remarquer aussi — Wilse ou plutôt Heiberg et de Rechter sont très affirmatifs sur cette particularité — que ce repli existe surtout dans le cas où la coudure la plus marquée siège au niveau même du point d’union de l’uretère et du bassinet.

h). Pénétration à angle aigu et oblique de l’uretère à travers la paroi du bassinet. — Une autre disposition a été encore observée; mais elle doit être extrêmement rare, car elle n’a été constatée que dans un seul cas. C’est la pénétration oblique de l’extrémité supérieure de l’uretère dans la paroi du bassinet, d’une façon absolument analogue à ce qui a lieu normalement pour l’extrémité inférieure de ce conduit, au moment de son entrée dans la vessie.

L’observation de Thompson note expressément que l’uretère s' engageait dans la paroi du sac hydronéphrotique à sa partie antérieure et inférieure et la traversait très obliquement. Il devait cheminer, pendant une certaine étendue, dans l’intérieur même de la

1. C’est ce fait surtout qui nous a fait admettre que cette hydronéphrose avait dû pendant la vie être intermittente.

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