‹ De l'hydronéphrose intermittenteChapitre 25 sur 123 · I. — Hydronéphroses de causes mal déterminées · texte numérisé non relu

I. — Hydronéphroses de causes mal déterminées

De cette première catégorie nous parlerons à peine, si ce n"est pour montrer qu’en réalité elle ne mérite peut-être pas d’être conservée.

Les observations qui la constituent ne présentent, au point de vue étiologique, qu’un bien faible intérêt : ce sont presque des non-valeurs, des documents inutilisables. On devrait même les laisser de côté, en raison des données par trop incomplètes qu’elles fournissent. Si nous les avons signalées dans ce travail, c’est surtout pour montrer la fréquence de l’hydronéphrose à forme intermittente; mais c’est aussi parce qu’elles apportent, pour l’étude clinique de cette affection, des renseignements d’une certaine importance.

a. Reins déplacés. — La plupart de ces observations sont très vraisemblablement la conséquence de déplacements du rem plus ou moins accentués, ayant passé inaperçus pour le chirurgien comme pour le malade, avant l’apparition de l’hydronéphrose elle-même. Il suffit de parcourir ces observations, de les comparer avec celles de notre troisième catégorie, si nettes, si semblables les unes aux autres, pour constater que beaucoup d’entre elles présentent avec ces dernières de réelles analogies. C’est à peine s’il y a quelque divergence dans les détails; c’est, en tous cas, la même allure clinique; ce sont les mêmes conditions d’apparition et de développement. Le rein n’est pas ou n’est plus mobile; il est fixé en un point quelconque : voilà la différence; mais rien ne prouve qu’il n’a pas été mobile autrefois.

b. Calculs rénaux. — Cependant, avant d’aller plus loin, il importe d’élucider une question d’une certaine importance. Parmi ces hydronéphroses, sans cause bien démontrée, y en a-t-il qui soient dues à un calcul du bassinet ou de Vuretcre ^ ? Pour la plupart de

1. On sait qu’on distingue, depuis les travaux des Anglais sur ce sujet, trois variétés cliniques dans les calculs du rein. Une seule semble pouvoir donner lien, a priori, à une hydronéphrose intermittente ; c’est celle-ci : Calcid, dans iin bassinet sain, arrêté à l’embouchure de l’uretère. Les autres sont : 1» Calcul encastré dans un rein sain; 2° Calcul volumineux avec abcès rénal.

ÉTIOLOGIE ET PATHOGÉNIE

ceux qui out écrit sur ce sujet, il ne saurait y avoir le moindre doute : l’hydronéphrose intermittente par calcul du bassinet et de rurelère existerait réellement.

Cote, le premier (Obs. IX), semble avoir adopte cette opinion. Depuis, Landau et bien d’autres auteurs avant ou après lui (Morris d’abord, et surtout Lancereaux % Rockwel % et récemment Legueu etc.) out admis comme possible, comme démontré même qu’un calcul du rein, du bassinet ou de l’uretère pouvait, à un moment donné, oblitérer soit l’extrémité supérieure de l’uretère, soit une autre partie de son trajet et déterminer ainsi une dilatation aseptique intermittente des voies urinaires en arrière do l’obstacle. Au bout d’un certain temps, ce calcul pouvait redevenir libre et flottant dans le bassinet ou tomber dans la vessie : d’où disparition de l’hydronéphrose et retour des mêmes accidents, si un calcul — le même ou un nouveau — s’engageait dans Turetère.

Certes, nous ne demandons pas mieux que d’admettre la possibilité de tels accidents — dont la fréquence a été exagérée, croyons-nous, par M. Lancereaux — d’autant plus que cette hypothèse peut être soutenue aussi pour d’autres observations rentrant dans notre première catégorie (cas de Thiriar [Obs. XLVIII] par exemple, où il y avait du sable dans les urines). Mais on voudra bien reconnaître pourtant que la moindre constatation anatomo-pathologique serait fort précieuse pour l’hydronéphrose à forme intermittente, tout au moins. Or ces observations semblent manquer complètement, et il n’y a même qu’un seul fait qui, cliniquement, plaide dans ce sens : c’est celui de Rockwell. Il a, d’ailleurs, trait à une hydronéphrose déjà en voie de transformation et infectée.

Pour nous, les cas rapportés par M. Lancereaux sont loin d’être démonstratifs et, pour quelques-uns d’entre eux tout au moins, publiés avec assez de détails (le P*' et le VP en particulier), le doute nous semble parfaitement légitime. Il n’y aurait rien d’étonnant à ce que dans ces deux faits, entre autres, il s’agisse de reins mobiles.

On ne peut même pas invoquer l’existence concomitante de graviers dans l’urine ^ comme une preuve indiscutable de calcul du rein. En voici la raison : quelques hydronéphroses typiques, en rapport très vraisemblablement avec des déplacements rénaux, étaient com-

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