Le Dentu» Loc. cil., p
DE l’hYDRONÉPHROSE INTERMITTENTE
paru inutile de s’étendre, dans un livre destiné à des chirurgiens, sur la pathogénie de ces déplacements rénaux. Pourtant, puisqu'il s’agissait de discuter plus loin les indications et le manuel opératoire de la néphropexie, il eût été très naturel de chercher à se rendre compte tout d’abord du mécanisme qui explique le développement du rein flottant.
On comprendra cette apparente digression si l’on veut bien admettre que l’hydronéphrose intermittente devra être considérée désormais comme une complication, un accident assez fréquent des reins mobiles. Et, si nous regrettons que les chirurgiens de notre pays n’aient pas, sauf dans ces derniers temps, regardé comme faisant partie de leur domaine cette dernière affection, c’est parce que nous sommes convaincus que là est la raison du petit nombre d’observations d’hydronéphroses intermittentes recueillies chez nous. Il n’est pas probable, en effet, que le rein mobile soit plus fréquent en Allemagne ou en Amérique qu’en France et c’est surtout parce que cette lésion est restée consignée dans le cadre de la pathologie médicale qu’on n’a pas songé à étudier la constitution exacte du pédicule de ce rein flottant et les rapports réciproques que présentaient dans ce pédicule l’extrémité supérieure de l’uretère, les artères et les veines. En négligeant ces examens on ne pouvait pas être amené à penser que l’uretère lui -même pouvait être atteint à la suite de celte bascule du rein et dès lors être susceptible de déterminer le développement d’une hydronéphrose intermittente, au moins au début. Et en fait, il ne semble pas que, dans aucune des rares autopsies de reins mobiles publiées, on se soit préoccupé de la façon dont le pédicule était réellement constitué.
a. Hydronéphrose fermée dans les reins mobiles. — Pourtant un certain nombre de cas d’hydronéphrose fermée — c’est-à-dire non intermittente — avaient déjà été observés en même temps que le rein mobile. Dès 18^9, Fritz, dans sa remarquable revue critique sur le rein mobile g avait colligé les quelques faits publiés jusqu’à cette époque. Et si trois de ceux qu’il a analysés ne constituaient que des coïncidences, qu’une association de deux affections n’ayant aucun rapport l’une avec l’autre % dans le dernier par contre — celui qu’il
1. Fritz. Des reins mobiles-, in Arcli. génér. de médecine, août et septembre 1859, p. 173.
2. Dans les deux premiers cas, celui de Braun (Deutsch. Klinik, 1853) etde Urag [Wiener med. Woch., n° 3, 1856), il s’agit de malades atteints de reins mobiles transformés en poche hydronéphrotique par suite d’une compression de l’uretère consécutive à un cancer utérin et à un kyste de l’ovaire concomitant. — Le
ÉTIOLOGIE ET PATHOGÉNIE
désigne sous la dénomination de cas II de von Oppolzcr — il y avait manifestement rapport de cause à effet entre l’hydronéphrose et le rein mobile. Certes Fritz s’est trompé dans l'interprétation de ce cas, puisqu’il admit alors que l’hydronéphrose était la cause du déplacement du rein, tandis que l’inverse nous semble être la vérité; mais l’observation clinique n’en reste pas moins, témoin véridique du phénomène vu par von Oppolzer.
Simon * qui, quinze ans plus tard, prétendait qu’il n’y avait pas un seul cas de rein flottant compliqué d’hydronéphrose, était donc trop affirmatif. D’ailleurs les observations récentes, confirmées parfois par l’examen de pièces anatomiques, sont venues prouver qu’il n’était pas rare de rencontrer une telle complication des reins mobiles. Il nous suffit de rappeler ici les malades auxquelles Ahfeld Schramm ^ firent la néphrotomie; les deux cas de Gzerny ceux de Wagner de Winckel de Martin etc. ® ; et il y en a sans doute bien d’autres ^
b. Hijdronéphrose intermittente. — C’est Landau qui, en 1881, dans son mémoire sur le Rein mobile des Femmes., montra les véri-
troisième a trait (1®'' cas de von Oppolzer) à un rein mobile compliqué d’hydronéphrose aiguë, passagère, causée par un calcul rénal. Le calcul éliminé, l’hydronéphrose ne reparut plus. — Dans un autre cas analogue à celui de Urag, celui de Leray {Bull. Soc. anat., p. 52, 1854), il s’agissait aussi d’une compression de l’uretère par une tumeur de l’ovaire. Enfin Obalinski a publié récemment une observation comparable à celle de von Oppolzer (Zz^r mod. Nierenchù'urgie in Samml. Klin. Vortr., n» 16, mars 1891, p. 108).