C. — Conditions de V intermittence
Qu’il y ait coudure de l’aretère ou simple déplacement du rein, il se fait, dans une poche de nouvelle formation, placée à la sortie du rein, une sorte de Rétention d'urine; et l’on pourrait même comparer dans une certaine mesure la rétention d’urine proprement dite, c’està-dire la rétention vésicale, avec ceAe Rétention pyélique quoiqu’il y ait assez peu d’analogie entre la constitution anatomique du bassinet et celle de la vessie.
Théorie du mécanisme. — Au début, cette accumulation d’urine n’est que passagère; elle se produit quand le rein, devenu mobile, se déplace dans certaines conditions, encore inconnues, et quand ce déplacement persiste un certain temps. Dans ces circonstances, l’uretère se tord ou se coude et l’urine s’accumule dans les calices et dans le réservoir très rudimentaire qui, à l’état normal, fait suite à ces calices. Si le malade reste debout ou si le rein n’est pas remis en place par un procédé quelconque, c’est-à-dire si l’extrémité supérieure de l’uretère ne revient pas bientôt à sa position normale, le liquide sécrété continue à se collecter dans la poche qui vient de se former dans le hile du rein par distension du point de confluence des calices. Mais, à un moment donné,. la pression à laquelle l’urine est soumise par suite de sa sécrétion continuelle devient assez forte pour forcer l’obstacle, pour s’infiltrer au niveau du point rétréci par la coudure de Turetère, ou pour faire basculer le rein et lui permettre de regagner sa place. Dès lors, l’urine s’échappe et tout revient à l’état normal.
Si ces alternatives de dilatation et d’évacuation du bassinet se répètent, les parois du bassinet se dilatent progressivement ; elles finissent par s’altérer à la longue et leur élasticité diminue de plus en plus.
A chaque nouvelle crise, il faut une pression plus forte pour amener l’évacuation du contenu du bassinet, c’est-à-dire une plus grande quantité d’urine. Partant, la poche augmente peu à peu, en même temps que se développent les altérations péripyéliques dont nous avons parlé. Bientôt, il arrive un moment où le sac est devenu si vaste que l’urine ne s’évacue pas en totalité dans l’intervalle des accès. Une certaine quantité y reste en permanence : c’est la phase de dilatation fiasque^ la crise ne constituant qu’une distension temporaire : c’est dans ces cas qu’on a affaire à la variété clinique nommée Hydronéphrose ouverte. C’est aussi dans de telles condi-
1. M. le prof. Guyon a préféré récemment le terme de Rétention rénale.
DE l’IIYDRONÉPIIROSE INTERMITTENTE
lions qu’on observe ces grosses hydronéphroses, plus ou moins mobiles, confondues si facilement avec des kystes de l’ovaire, qui mettent fort longtemps à se remplir et qui se vident tout à coup plus ou moins complètement {Hydronéphrose à évacuation brusque).
Dans les cas où, au contraire, ce sont les altérations des parois du bassinet ou des parties voisines qui l’emportent, la coudure de l’uretère, de momentanée qu’elle était, devient plus ou moins permanente par suite du développement des brides fibreuses que nous avons signalées et du déplacement de l’orifice urétérin consécutif à la distension de la partie inférieure du bassinet. Ces tractus finissent par enserrer tellement le conduit vecteur des urines que la pression du liquide ne peut plus forcer l’obstacle; l’hydronéphrose est devenue permanente.
L’observation de Hare (Obs. III) ^ en est un exemple très net, car, ainsi que nous l’avons vu, elle nous a permis de prendre sur le fait le mécanisme même de celte transformation.
Dans les cas de pénétration oblique de l’extrémité supérieure de f uretère à travers la paroi du bassinet, les choses peuvent ne pas se passer de la sorte, ou plutôt se compliquent un peu. En raison de l’existence du trajet intrapariétal de l’uretère, si le liquide accumulé vient à dépasser la limite de pression capable d’assurer habituellement son évacuation, si, par suite, il est soumis à une pression assez forte pour comprimer énergiquement la partie originelle du conduit urétérin, l’urine ne peut plus s’écouler au dehors, et, dans ces conditions, l’hydronéphrose peut devenir rapidement permanente. Mais qu’à ce moment, comme dans le cas de Thompson, on remédie à cet arrêt brusque de l’écoulement de furine par une ponction aspiratrice, la tension devenant plus faible, l’urine peut s’échapper d’elle-même. Des faits de cet ordre ont été plusieurs fois constatés (Hillier, etc.) ; après des ponctions du bassinet, les urines ont repris pendant quelque temps leur cours normal et le sac hydronéphrotique s’est vidé plus ou moins complètement. Il est probable que, lorsque ce phénomène se produit, cela tient à une disposition de l’uretère plus ou moins analogue à celle qui a été notée à l’autopsie du malade de Thompson. En tout cas, on voit, comme l’avait déjà signalé Dickinson, que l’évacuation de la poche peut ne pas toujours coïncider avec son maximum de distension et au contraire correspondre à une diminution de la tension.
2° Expériences de contrôle. — Cette façon d’envisager les rapports