Et la remarque de M. Tuffier, bien entendu
DE L’hYDRONÉPHROSE IINTERMITTE.ME
devenu mobile. Enfin, dans celte expérience, Turetère a dû être assez violemment tiraillé ; sa partie supérieure n’est pas restée absolument fixe, comme cela semble nécessaire pour qu’une hydronéphrose apparaisse dans un rein déplacé. Rien d’étonnant dès lors à ce qu’il ne soit pas survenu de crises d’hydronéphrose intermittente à la suite de ce déplacement expérimental f
Pour nous, les quelques constatations anatomiques qui ont pu être faites ont une bien autre valeur; rapprochées des phénomènes cliniques, qui sont la caractéristique de l’hydronéphrose intermittente, et des expériences plus récentes de M. le prof. Sinitzine, de Moscou, sur les troubles qui accompagnent chez l’homme l’oblitération momentanée des uretères, elles nous montrent bien mieux avec quelle fréquence les hydronéphroses intermittentes doivent compliquer. les reins mobiles, et quelles sont les relations certainement d’importance capitale qui existent entre ces deux affections.
3° lielalions étiologiques entre les Reins mobiles et V Hydronéphrose
intermittente.
L’on sait désormais les rapports fréquents de cette variété d’hydronéphrose avec les reins mobiles; on comprend donc qu’il y ait un réel intérêt à rechercher les données que fournit la statistique au point de vue du côté occupé de préférence par la lésion et de l’influence du sexe. Ces deux notions étiologiques sont capitales dans l’étude des causes prédisposantes du rein mobile : voyons ce qu’il en est pour l’hydronéphrose intermittente.
1° Sexe. — Sur 70 observations, dans 65 seulement, le sexe a été noté. Si nous laissons de côté 2 cas congénitaux ^ et celui de Morris, d’une espèce toute particulière, les cas de Lancereaux ^ et celui de Rockwell (où l’on diagnostiqua des calculs de l’uretère), il reste 56 cas sur lesquels nous pouvons tabler. Nous y trouvons 12 hommes et 44 femmes : soit environ une proportion de presque 1 sur 4. C’està-dire, sans recourir au langage des chiffres, que le sexe féminin est 4 fois plus frappé que le masculin. Qu’on le remarque, ce n’est pas tout à fait la même proportion que pour le rein mobile. Mais, en réalité, la différence est bien petite; en effet, d’après les statistiques les plus récentes, on sait qu’autrefois on avait légèrement exagéré
\. D’ailleurs le fait de M. Tuffier montre que l’on peut obtenir expérimentalement, en se plaçant dans de bonnes conditions, une véritable coudure de l’uretère.
2. Dans le 3® cas cité d’origine congénitale (Lloyd) le sexe n’est pas indiqué.
3. Cinq cas; dans le cas III de Lancereaux le sexe n’est pas noté.
ÉTIOLOGIE ET PATHOGÉNIE
la fréquence de cette affection chez la femme ' ; et, d’après celle d’Ebstein en particulier, rapportée par M. Le Dentu, le rapport pour le rein mobile, en ce qui concerne le sexe, est de 1 pour 6.
Entre les chiffres de 1 sur 4 et de 1 sur 6, il n’y a qu’une nuance qu’on peut d’ailleurs tenter d’expliquer ; mais nous n’en donnons cette interprétation que pour ce qu’elle vaut. On peut en effet supposer que l’hydronéphrose intermittente se greffe sur le rein mobile avec une prédilection plus marquée chez l’homme que chez la femme : ce qui tiendrait peut-être à ce qu’un plus grand nombre de femmes que d’hommes sont dotées de reins mobiles sans s’en porter plus mal, soit par suite de dispositions anatomiques spéciales au sexe féminin, au niveau de l’extrémité supérieure de l’uretère, soit plutôt à cause de la vie plus sédentaire qu’elles mènent.
2° Côté atteint. — En ce qui concerne le côté malade, nous préférons éliminer de suite, pour simplifier le travail de comparaison, les deux cas d’hydronéphrose intermittente considérée cliniquement comme double (Obs. III et XXX), quoique l’affection ait été plus marquée à droite qu'à gauche, ce qui est la règle pour les reins mobiles qui siègent des deux côtés (Lancereaux). Il nous reste donc 68 observations; dans 8 d’entre elles, le côté atteint n’a pas été mentionné et dans 11 cas il s’agissait d’hydronéphroses congénitales ou produites probablement par un mécanisme particulier. Nous ne pouvons donc baser nos calculs que sur le chiffre assez restreint de 49.
Or, 30 fois l’hydronéphrose siégeait à droite, et 19 fois à gauche; autrement dit, il y a une différence d’un tiers environ en faveur du côté droit. On le voit, l’hydronéphrose intermittente semble plus fréquente du côté gauche que le rein mobile lui-même " : cela tient peut-être à ce qu’un grand nombre de reins flottants, surtout du côté gauche, passent inaperçus chez la femme, et que, par contre, les hydronéphroses du côté droit attirent plus vite l’attention.
Mais, si nous entrons plus avant dans cette question, cet exposé de chiffres devient bien plus intéressant et va même nous permettre de dégager une notion qui nous semble nouvelle.
a). Chez l'homme. — Sur les 12 hommes dont l’observation a été publiée, 8 fois la lésion se trouvait du côté gauche, tandis qu’elle n’a
’e m mobiles; in Ann. des Mal. des org. génito-urin., septem-
2, 3 congénitaux, 6 de Lancereaux, 1 de Morris, 1 de Rockwell.
^ gauchc düns
la proportion de 4, 5 à 1.
DE l’hYDRONÉPHROSE INTERMITTENTE
été notée que 4 fois à droite. Ainsi donc, dans le sexe masculin : r hydronéphrose intermittente paraissant en rapport avec le rein mobile semble, point à retenir, une fois plus fréquente à gauche qu'à droite.
h). Chez la femme. — Par contre, sur 37 femmes, dans 26 cas la lésion siégeait à droite, pour 11 fois à gauche; c’est-à-dire que, chez la femme, l’hydronéphroseest plus d'une fois phis commune à droite qu'à gauche.
Autrement dit : chez la femme, c’est le côté droit qui est le plus souvent atteint, tandis que chez r/iowme la lésion siège plus fréquemment à gauche.
Il est regrettable que pour le rein mobile on n’ait point fait de recherches analogues, et malheureusement nous n’avons point eu le loisir de les entreprendre nous-mêmes ; mais il serait intéressant de savoir si les choses se passent de la sorte. S’il en était ainsi, tout reviendrait à chercher les causes de cette fréquence plus grande du rein mobile pour l’un ou l’autre côté, suivant le sexe.
Un des éléments du problème nous échappant, nous nous bornons à souligner aujourd’hui la constatation numérique brutale que nous avons faite, sans tenter la moindre explication. Malgré cela, nous croyons devoir ajouter que cette simple étude statistique, si elle est l’expression de la vérité, détruit en grande partie l’échafaudage des causes prédisposantes d’ordre physiologique, admises ordinairement pour le rein mobile et dont nous n’avons jamais pu nous rendre bien compte (influence prépondérante de l’usage du corset, influence du foie pour le côté droit, influence considérable des règles, etc., etc.) K Mais nous n’insistons pas, car il nous faudrait reprendre toute l’étiologie des reins mobiles, et ce serait, certes, trop nous attarder. ^
1. Nous recounaissons que certains auteurs ont déjà, pour d’autres raisons, mis ces faits en relief. (Bartels, Labadie-Lagrave,'etc.).
ÉTIOLOGIE ET PATIIOGÉME
§ II. — Hydronéphroses congénitales.
Les ITydronéphroses intermittentes congénitales existent et nous en avons recueilli trois observations indiscutables, dont deux surtout, celles de Hillier (Obs. VI) et de Lloyd (Obs. XXIV) ^ , ont toute l’importance et toute la netteté de celle de Morris pour les hydronéphroses acquises dues à une lésion de l’extrémité inférieure de l’uretère. Mais il est inutile d’ajouter qu’elles paraissent, jusqu’à présent, aussi rares que cette dernière variété pathogénique.
Pour le cas de Hillier, si le tableau symptomatologique est assez démonstratif, puisque la tumeur a été constatée à la naissance même, on ne possède aucune donnée anatomo-pathologique. Dans l’observation XXIV au contraire, Lloyd a expressément noté qu’il existait une flexion de l’extrémité supérieure de V uretère ; mais, à cette donnée seule se bornent nos documents; il serait inutile de discuter longuement sur une base aussi peu solide. Le rein, dans ce cas, était-il congénitalement mobile, c.-à-d. mobile avant la naissance? Nul ne peut le dire et pourtant, pour expliquer cette flexion, nous ne voyons désormais que cette hypothèse ^ Mais, si elle était exacte, ce cas rentrerait en somme dans une de nos précédentes catégories, il s’agirait simplement d’une 'mobilité rénale d'origine congénitale
S’il faut se rappeler que Rayer, Roberts, Virchow, etc., pour les hydronéphroses ordinaires ont décrit des anomalies d’insertion de Turetère, il ne faut pas oublier que Simon considère toujours ces changements de direction de l’uretère comme secondaires àl’hydronéphrose et qu’il y a peut-être une partie de vérité dans cette manière de voir. En tous cas, il sera bien difficile de séparer la lésion secondaire de la primitive, puisque toutes les deux sont de même ordre.
1. Le 3* cas (Obs. XXV de Lloyd), qui a trait à un enfant de onze mois, ne fournit aucun détail anatomo-pathologique à noter, quoique l’autopsie ait été faite.
‘2. Landau fait remarquer avec raison qu’on ne comprendrait pas comment une hydronéphrose congénitale, par insertion anormale de l'uretère^ pourrait être intermittente.
3. Et il est probable que le rein mobile est bien plus souvent d’origine congénitale qu’on ne l’a dit. Il l’est peut-être toujours ou presque toujours \
DE l’hYDROINÉPHROSE INTERMITTErSTE
On le voit, qu’il s’agisse d’hydronéphroses intermittentes ou autres , la pathogénie des cas d’origine congénitale reste encore tout à fait obscure ou plutôt complètement inconnue . Comme Landau, en ce qui concerne du moins la forme intermittente, nous ne la comprenons guère que si elle a pour cause une mobilité congénitale du rein; mais nous avouons qu’aucun fait ne peut être invoqué en faveur de cette hypothèse.