Medical Times and Gazette, t. XVI, p. 7, 85 et
ÉTUDE CLIISIQUE
l’hydronéphrose pure, à urines claires et limpides K Au bout de peu de temps le pus y apparaît d’autant plus vite que les crises sont plus répétées et plus intenses, c’est-à-dire que la circulation uretérale est plus entravée et la stase veineuse plus accentuée dans les vaisseaux du bassinet. Mais il ne faudrait pas croire pour cela que la muqueuse du réservoir soit profondément atteinte ; elle ne l’est même que très légèrement, d’une façon toute superficielle, et généralement quelque temps après la crise, l’infection semble disparaître avec le rétablissement de la libre sortie des urines. La preuve en est fournie par l’examen des reins enlevés dans ces conditions, alors même qu’il y avait du pus dans les urines à la fin de la crise (Obs. Terrier, cas II; Quénu, etc.).
La muqueuse du bassinet peut être à peine touchée : elle est un peu moins lisse, un peu plus terne que d’habitude et les vaisseaux qui serpentent à sa face profonde sont légèrement congestionnés.
Bien entendu, il y a tous les intermédiaires entre cette infection passagère et légère d’origine généralement uretérale, peut-être parfois d’origine vasculaire (mais ce n’est pas démontré) et la pyonéphrose véritable, avec accès intermittents, accompagnée d’une pyurie persistant plus ou moins entre les crises. Pour M. Le Dentu, la plupart des faits d’hydronéphrose infectée et suppurée ne seraient que des pyonéphroses primitives mal interprétées ou méconnues; mais il lui a bien fallu reconnaître pourtant qu’il y a des exemples fort nets d’infection d’une poche hydronéphrotique. Pour nous, tout au contraire, c’est ce dernier processus qui doit être le plus fréquent.
h) Pyonéphrose intermittente véritable. — Dans la pyonéphrose
1. Malgré la fréquence de l’infection, il importe de ne pas oublier pourtant que l’hydronéphrose intermittente pure existe réellement et qu’il y en a un certain nombre d’exemples très démonstratifs dans les observations que nous avons rassemblées : ce qui prouve de plus que l’altération préalable des parois du bassinet n’est pas absolument indispensable pour la production de l’hydronépbrose, comme certains auteurs le pensent.
2. M. le professeur Guyon est désormais de cet avis (sept. 1891). N’a-t-il pas dit tout récemment : « S’il faut à tout prix distinguer la pyonéphrose de l’hydronéphrose, il faut se souvenir aussi qu’il y a des rétentions rénales qui tiennent à la fois de l’hydronéphrose et de la pyonéphrose. Elles tiennent de l’hydronéphrose parce que les rétentions sont aiguës et passagères, et de la pyonéphrose, puisqu’elles appartiennent à des sujets infectés. » C’est bien là ce que nous avons appelé la pyonéphrose consécutive à l’hydronéphrose intermittente ou plutôt l’hydronéphrose intermittente infectée, c’est-à-dire compliquée d’urétéropyélite : ce que M. Guyon dénomme V uropgonéphrose. — Ce chirurgien a observé à diverses reprises de jeunes sujets atteints d’uropyonéphrose, dont les observations probantes doivent s’ajouter aux cas d’hydronéphrose intermittente type rencontrés déjà par lui.
3. L’infection par la circulation ou infection descendante est possible et prouvée, mais doit être très rare (Guyon, loc. cit.).
DE l’iiydronépiirose intermittente
véritable, la poche est remplie d’urine chargée de pus et le bassinet suppure. La fièvre ne tombe plus après les accès; elle persiste et la température oscille de 37*^, 5 à 38°, 5, avec élévation vespérale comme la plupart des fièvres de suppuration franche; et au moindre obstacle dans la sortie des urines purulentes le thermomètre monte à 40°.
Cette complication n’est pas rare et on connaît bien des cas de pyonéphrose compliquant le rein mobile ^ ; L. Landau nous écrivait récemment qu’il venait d’en observer deux cas. Inutile d’ajouter que cette complication est fort sérieuse et peut entraîner la mort.
L’infection peut se faire de façons différentes par la voie urétérale ou vasculaire peut-être (cas de Bryant), mais souvent aussi au cours de ponctions exploratrices ou évacuatrices faites sans précautions antiseptiques suffisantes, ou bien après la création d’une fistule du bassinet par infection secondaire au moment des pansements (Landau, Socin, etc.).
Nous avouons pourtant que ces considérations sont un peu théoriques; elles ne sont basées, en effet, que sur les notions actuellement connues de finfection urinaire, car aucune recherche bactériologique ne semble avoir porté jusqu’ici sur ce point très spécial %
2° Adhérences péri-rénales.
Il n’est pas besoin que la suppuration du rein soit très accentuée ou même définitive pour que d’autres complications, conséquences possibles d’une très légère infection et moins graves, apparaissent et progressent sans cesse. Nous voulons parler des phénomènes inflammatoires juxta-rénaux {périnéphrite , péripyélite, etc.) qui accompagnent assez rapidement le début de la pyélite même la moins intense; finfection semble ici se propager plutôt parles voies lymphatiques.
Il en résulte la formation d'adhérences qui fixent définitivement le rein en dehors de sa loge, en position vicieuse et qui le rattachent à différentes parties de l’intestin avec lesquelles il n’est pas normalement en connexion, aux organes voisins, etc. D’où des phénomènes névralgiformes ou bien des douleurs sourdes, des tiraillements, des sortes de coliques, qui peuvent se faire sentir en dehors des crises,