On sait que l’urine normale n’est pas septique
2. Elle a été faite une fois avec succès dans un cas d hydronéphrose fermée (J.-W. Taylor; in Lancet, 1888, vol. II, p. 158).
3. Il peut très bien y avoir des poussées de néphrite qui guérissent momentanément si elles sont légères ou qui évoluent très lentement (Eger , Newman cas II; etc.).
ÉTUDE CLINIQUE
ruromie. Les autopsies publiées n’oiit pas été rédigées avec assez de soin et sont de date trop ancienne pour que nous nous appesantissions longtemps sur ce point. Qu’il nous suffise de rappeler que la terminaison fatale a eu lieu dans ces conditions dans les cas de Johnson, de Hare (hydronéphrose double dans ce fait), de Wilse (néphrite chronique mentionnée), de Bryant (après incision de la poche), de Fürbringer (néphrite diffuse double à forme hématurique, avec anurie et urémie). Nous n’insistons pas; il n’y a rien là de spécial à l’hydronéphrose intermittente. Chez la malade de Morris, il y eut en même temps des phénomènes (ï occlusion mtestinale.
3° Guérison spontanée. — La guérison de l’hydrouéphrose intermittente est parfaitement possible si l’on en croit certaines observations, publiées même après une longue période d’observation des malades : Hillier (Obs. V), dix ans; Hare (Obs. II), vingt-cinq ans. On pourra s’en convaincre à la lecture des cas de Hillier, Hare (cas II et HI), Thiriar, Terrier (cas I), par exemple L
Bien entendu, si comme dans le cas de Rockwell, le calcul, cause de tout le mal, est éliminé, l’afTection peut guérir, si un autre calcul du bassinet ne se forme pas. Par contre, la guérison est impossible dans les cas analogues à ceux de Morris.
Mais faut-il accepter ces faits de guérison sans autre forme de procès? La guérison a-t-elle bien été réelle, radicale? Pour quelques cas au moins, le médecin ne s’en est-il point laissé imposer par des rémissions de plus ou moins longue durée ? Dans d’autres, l’hydronéphrose intermittente ne s’est-elle point transformée en une poche complètement fermée, partant non douloureuse, qui a pu réussir à passer inaperçue et à rester inconnue, si la tumeur n’était pas considérable et si l’autre rein était sain?
Gela est fort probable et les cas de guérison véritables, c’est-à-dire de disparition absolue de Phydronéphrose, en temps que tumeur et cause d’accès douloureux, doivent être en somme plus rares que certains l’ont pensé. D’ailleurs on ne peut guère compter sur la guérison que lorsqu’il s’agit d’hydronéphrose pure, due à un rein mobile, non encore infectée, comme dans notre première observation (Terrier, cas I). Il est à peii près certain que s’il y a de la pyélite, même à un léger degré, la disparition des accidents devient des plus aléatoires. Nous aurons à nous souvenir de ces réflexions quand nous discuterons le mode de traitement à préconiser dans les différents cas.
1. Le cas de M. Guyon, cité déjà de la thèse de M. Arnoutd (réimpression), en est nn autre exemple.
DE l’hYDRONÉPHROSE INTERMITTENTE
§ III. — Pronostic.
De tout ce que nous venons de voir, il résulte que l’hydronéphrose intermittente est toujours une affection fort sérieuse. C’est d’abord une porte d’entrée toute ouverte à la Pyonéphrose ou plutôt à l’infection du rein, par suite à la néphrite et à l’urémie. De plus, elle peut se transformer en Hydronéphrose fermée susceptible de suppurer aussi et de se rompre dans le péritoine. La possibilité d’une guérison spontanée et complète, admise par certains, n’est peut-être qu’un leurre; elle doit être au moins fort rare, car certaines conditions doivent être réalisées (disparition de la cause première, pas d’infection intense, etc.), et elles ne peuvent l’être qu’exceptionnellement.
Il faut de plus tenir grand compte du point de départ delà lésion. Il est évident que si c’est une tumeur de la vessie, comme dans le cas de Morris, il n’y a rien à espérer sans intervention chirurgicale énergique, et encore ! Le pronostic est moins sombre dans le cas de calcul de l’uretère, le corps du délit pouvant s’éliminer de lui-même; mais tout cela ne constitue que la grande exception.
Reste le rein mobile. Eh bien, même dans ces cas, pour les raisons que nous venons d’énumérer, l’hydronéphrose intermittente doit être considérée comme une lésion qu’il ne faut pas négliger, laisser évoluer à sa guise. Traitée de bonne heure, elle peut guérir par des moyens assez simples; abandonnée à elle-même au contraire, elle peut entraîner les plus graves désordres et même la mort à plus ou moins longue échéance. Et si elle disparaît, ou, pour parler peutêtre plus exactement, si les crises douloureuses s’atténuent assez et deviennent assez rares pour que la vie soit réellement supportable, il faut toujours songer aux ennuis que peut occasionner un rein resté mobile ou un rein antérieurement mobile, fixé désormais en une position vicieuse par des adhérences solides. Elle peut, en désespoir de cause, obliger à l’extirpation du rein.
On le voit donc, à laisser s’aggraver le rein mobile, les malades risquent tout simplement leur vie sur l’état de leur autre rein, et celui-ci est frappé quelquefois de son côté; c’est là une alternative qui doit donner à réfléchir au malade et au chirurgien.