Uropyonéphroses de M. le P' Guyon
DE l’hYDRONÉPHROSE INTERMITTENTE
nous supposons qu’elle n’est pas appréciable — des caractères nettement intermittents et paroxystiques des douleurs. On peut croire à une Pyélite simple^ primitive, d’origine banale, au lieu de songer à une pyélite secondaire, compliquant une hydronéphrose au début, et restant latente. L’étude minutieuse d’une crise permet seule de lever cette difficulté, qui mérite seulement d’être soulevée ici L
Si nous avons tant insisté sur ces différentes affections, ce n’est point tant à cause des difficultés réelles qui se posent, en face d’un cas donné, que pour mettre sous les yeux toutes les erreurs qui ont été commises. Un homme prévenu, dit-on, en vaut deux ! Il en est de même pour le clinicien, qui « malgré tout le génie qu’il peut avoir et la science qu’il a pu acquérir )> ne saurait être ni devin ni sorcier. Quand les éléments d’un diagnostic scientifique manquent, il est plus scientifique de commencer par n’en point faire, plus honnête d’avouer son ignorance, et même plus prudent de se tenir sur la réserve, — surtout à une époque où un chirurgien peut être amené à démontrer un jour l’inanité d’une affirmation aventurée, quand les indications d’une opération, au moins exploratrice, se posent formellement.
IL Interventions exploratrices. — Ce serait peut-être le lieu de se demander si, dans les cas où l’on reste dans le doute, une opération exqüoratrice est de mise pour décider la nature des crises, la tumeur tardant à se montrer. Mais, en pratique, cela revient à se demander si dans un cas donné il existe oui ou non un calcul du bassinet ou du rein, derrière ces accès intermittents. Cette question ayant été suffisamment traitée par M. Legueu dans sa thèse, nous croyons inutile d’y insister, d’autant plus que dans ces cas la tumeur hydronéphrotique apparaît toujours bien avant que l’on puisse avoir la main forcée par la violence et la répétition des attaques.
Nous voulons simplement ajouter que nous repoussons de toutes nos forces — surtout quand il n’y a pas encore de tumeur appréciable — la ponction exploratrice et n’admettons comme opération exploratrice que Vincision^ lombaire ou abdominale. D’ailleurs cette incision est pour nous absolument bénigne, et non point grave comme on l’a écrit (Récamier). Il faut donc rejeter la ponction, incertaine et aveugle, qui, la plupart du terhps, ne fournit que des renseignements insuffisants, et qui de plus peut amener les plus graves accidents, en mettant en communication la cavité péritonéale avec celle du bassinet, très souvent infectée, et en exposant à une perforation de l’intestin.