‹ De l'hydronéphrose intermittenteChapitre 6 sur 123 · Braun. Loc. cit., p · texte numérisé non relu

Braun. Loc. cit., p

3. C’est pour faire opposition à ce terme d’IIydronéphrose ouverte que nous proposons de désigner les Ilydronéphroses avec oblitération totale de l’uretère (au moins cliniquement) sous le nom (P Ilydronéphroses fermées.

DÉFINITION ET SYNONYMIE

les Hydronéphroses intermittentes, en ce qui concerne la possibilité de l’écoulement au dehors d’une quantité plus ou moins considérable d’urine. Ce qui doit caractériser l’Hydronéphrose intermittente est donc bien plutôt la série de crises doidoureuses à répétitions, accompagnées d’augmentation de volume notable de la tumeur liquide, que la sortie, à un moment donné, d’une partie du contenu de cette tumeur.

M. H. Morris, qui n’emploie le terme d’Hydronéphrose intermittente que dans son sens clinique, ne voudrait pas qu’on l’étende aux cas où la tumeur varie très faiblement de temps à autre, parce que, dit-il, on pourrait alors trop facilement confondre ces variations de volume avec des modifications survenant dans d’autres organes de l’abdomen. Tout le monde sera de son avis; il suffit d’ajouter que ces cas à modifications de volume si peu importantes rentrent très nettement dans les Hydronéphroses ouvertes de Braun.

b. Hydronéphroses mobiles. — Les Allemands (Gzerny, 1880) emploient souvent aussi un mot qu’il importe de définir parce qu’il peut prêter plus facilement encore à la confusion. C’est le terme de Wanderhydronephrose ou de Bewegliche Hydronephrose L La traduction littérale étant Hydronéphrose mobile, on pourrait croire de prime abord qu’il s’agit d’Hydronéphroses présentant des variations de volume. Il n’en est rien. En Allemagne, on désigne ainsi certaines Hydronéphroses qui, par leurs symptômes objectifs, simulent à s’y méprendre les kystes de l’ovaire ou toute autre tumeur fluctuante, pédiculée, intrapéritonéale. C’est dire que ce sont des poches susceptibles d’être déplacées dans l’abdomen, énucléées de l’hypocondre où elles prennent naissance, et facilement transportées, au cours d’un examen, jusque sur la ligne médiane ou même dans le cul-de-sac de Douglas. Autrement dit, ce sont des tumeurs mobilisables, des tumeurs qu’on peut faire mouvoir dans la cavité abdominale avec une facilité véritablement extraordinaire A priori donc ces faits paraissent tout à fait différents de ceux qui nous occupent. Or nous verrons bientôt que cette Hydronéphrose mobile a, en réalité, des rapports assez intimes avec le rein mobile, de même que l’Hydronéphrose intermittente : ce qui explique pourquoi nous avons cru devoir la définir ici.

1. La confusion est d’autant plus facile à faire que dans un cas déjà ancien de Von Oppolzer, une Hydronéphrose fixe, à volume constant, survenue dans un rein mobile, est désignée sous la dénomination amphibologique de Bewegliche Hydronephrose {Ren locularis mobilis). (Voir Canstatt, 1859, 111* p., p. 212.) Nous reviendrons ultérieurement sur cette observation.

2. Rehn. Verhandlungen der deulschen Gescllschaft fiir Chirurgie, 19* Congrès,

avril 1890, U® partie, p. 113. ’

DE l’hYDRONÉPHROSE INTERMITTENTE

Rappelons encore en terminant que le mot Hydronéphrose s’applique à la fois à un état anatomique et à un syndrome clinique; par suite il ne faut pas oublier qu’anatomiquement, il peut y avoir Hydronéphrose fermée, sans que cette affection ait pu être constatée chez le malade. Eh bien! le même fait peut avoir lieu pour les Hydronéphroses ouvertes, plus ou moins intermittentes : ce qui s’explique encore beaucoup plus facilement.

4'^ FrécpAence.

Comme L. Landau a eu le mérite de le faire remarquer le premier, si l’on se fiait aux données de la littérature médicale actuelle sur l’Hydronéphrose, l’Hydronéphrose intermittente devrait être considérée comme une affection très rare. En réalité, c’est une variété clinique bien plus fréquente qu’on ne l’a écrit, malgré les dénégations en 1888 d’Israël et de Fürbringer, qui d’ailleurs ne sont plus aujourd’hui du même avis L Et cette fréquence devient manifeste, s’il est vrai, comme l’a avancé le premier le gynécologiste berlinois, qu’un grand nombre d’Hydronéphroses, décrites comme fixes, comme réalisant le type classique, ne sont en réalité que la phase terminale d’Hydronéphroses ayant été intermittentes à leur origine L

Les lectures que nous avons faites, en particulier au cours de nombreuses recherches bibliographiques à propos des reins mobiles ou déplacés, n’ont fait que confirmer dans notre esprit l’exactitude de cette remarque de L. Landau, formulée aussi depuis par Lindner et Zawisza (1890).

On s’en rendra facilement compte en parcourant la série des observations déjà nombreuses que nous avons pu recueillir. Certaines d’entre elles avaient échappé jusqu’ici au savoir et à la sagacité des trois véritables créateurs de ce type morbide, H. Morris en Angleterre, Newman en Amérique et L. Landau en Allemagne; mais la plus grande partie est d’une publication postérieure à leurs travaux. C’est ainsi que nous avons déjà pu réunir au moins 70 cas d’Hydronéphroses intermittentes. Ce chiffre prouve jusqu’à l’évidence que cette variété doit se rencontrer assez souvent. Certes, bien d’autres faits, qui ont été publiés sans étiquette suffisamment précise, dont le titre a été rédigé de telle sorte que notre attention n’a pu être

1. Communication orale de M. Israël, à Paris, le 15 mai 1S91.

2. Quand nous parlons de la fréquence de l’Hydronéphrose intermittente, nous comprenons sons cette rubrique et les Ilydronéphroses pures, aseptiques et celles, plus nombreuses, qui sont accompagnées d’une pyélite plus ou moins intense.

DÉFINITION ET SYNONYMIE

attirée sur eux nous ont échappé. Ici même, on en trouvera dans lesquels le diagnostic n’a été fait que d’une façon rétrospective, les chirurgiens n’ayant pas soupçonné à quelle forme clinique ils avaient eu affaire en réalité. Mais dans ces cas le tableau symptomatique était si frappant que le doute ne nous a pas semblé possible ^ Aussi nous n’avons pas hésité à les rapprocher de nos observations les plus probantes.

Nous tenons à ajouter que bien d’autres cas d’Hydronéphroses, qui auraient pu, à la rigueur, être classés sous la rubrique que nous avons adoptée, ont été éliminés de parti pris : les descriptions n’étaient pas assez claires ni assez circonstanciées, le diagnostic n’avait pas été posé avec la fermeté désirable. Il était inutile, nous a-t-il semblé, de compromettre notre démonstration par la discussion oiseuse d’observations incomplètement prises et dépourvues de vérifications anatomiques ou opératoires. De même pour les Pyonéphroses.

Tout cela n’est-il pas un indice que certainement cette forme d’Hydronéphrose va devenir d’une rareté bien moindre, aujourd’hui que l’attention commence à être fixée sur elle, que l’on connaît mieux ses débuts et son origine?

En voici encore une autre preuve. Tous les auteurs qui se sont occupés spécialement de cette question ont déjà rencontré plusieurs malades de cette sorte. C’est ainsi que H. Morris, comme Hare et plus récemment Zawisza, en a déjà vu au moins 3, que Newman en possédait 5 observations en 1888, que Landau aujourd’hui en est à sa septième, sans compter celles qu’il n’a pas recueillies que nousmêmes, enfin, avons déjà rencontré deux cas de ce genre, et que l’un de nous en a dépisté dernièrement un troisième dans le service de M. le D** Quénu, à l’hôpital Gochin L Et si, comme nous espérons pouvoir le démontrer plus loin, on remarque qu’un certain nombre des faits décrits sous la désignation d’« Étranglement aigu des Reins mobiles », ne sont souvent que des accès frustes d’Hydronéphrose intermittente restant inaperçue, on voit de suite quelle

1. Il est impossible que des cas d’IIydronéphroses intermittentes ne nous aient point échappé; comme le diagnostic jadis n’en était point fait, il aurait fallu relire toutes les observations, parcourir toute la littérature ayant trait aux Hydronéphroses, aux Pyonépliroses et aux Reins mobiles. Nous avouons n’en avoir pas eu le courage. Les résultats obtenus à la suite d’aussi fastidieuses recherches n’auraient pas pu d’ailleurs, nous en sommes persuadés, être plus démonstratifs que les conclusions auxquelles nous sommes arrivés, quoique celles-ci soient basées sur un nombre relativement restreint d’observations.

2. Par exemple, les cas de Fell, Desnos et Barié, Baker, etc.

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