Et dans celui de Giiillet
TRAITEMENT
intermittente est un déplacement du rein. Cette complication survient généralement de bonne heure, quand elle se produit dans un rein mobile; de bonne heure aussi elle attire rattention sur elle par la violence des crises douloureuses qu’elle détermine. Il est donc possible de la soupçonner dès son début, de la reconnaître alors qu’elle commence à peine; et si l’on tente de guérir à ce moment le rein mobile lui-même en le fixant artificiellement on peut parfaitement amener par contre-coup la disparition de l’Hydronéphrose intermittente si la lésion n’est pas trop avancée, si surtout le bassinet n’est pas déjà infecté, c’est-à-dire atteint de pyélite légère.
L’observation du professeur Guyon (cas I) est très intéressante et très démonstrative à ce point de vue; elle démontre de la façon la plus nette que, dans un cas de rein mobile accompagné d’hydronéphrose intermittente à grandes crises douloureuses, la simple néphropexie ^ a pu amener la cessation complète de tous les accidents en assurant la fixation du rein, et 7 mois après l’opération la guérison était encore parfaite.
Ce fait, le seul d’ailleurs, en dehors de celui de M. Quénu, qui soit parvenu à notre connaissance, prouve donc que si l’on intervient à temps dans cette variété d’Hydronéphrose on peut supprimer radicalement la cause, c’est-à-dire guérir la maladie. On doit en conclure que dans tous les cas où une hydronéphrose intermittente de dimensions restreintes peut se vider avec facilité et presque totalement à la fin de chaque crise, c’est-à-dire quand le rein mobile reprend sa place normale, l’indication qui se pose nettement est la néphropexie La seule contre-indication serait peut-être l’infection du bassinet; mais encore faut-il que les urines soient
1. Ce qui prouve qu’il faut opérer le rein mobile de bonne heure, pour empêcher cette complication de survenir.
2. La néphropexie est la fixation artificielle du rein. Ce terme a été préféré par l’un de nous dès 1888, immédiatement après la création de celui d'Hystéropexie par le Prof. Trélat (voir P?'og. méd.^ in C. R. de la Soc. de Chirurgie^ 28 novembre 1888, p. 4o3, 2® partie). Si nous nous permettons cette petite remarque, c’est que M. le Prof. Le Dentu, loc. ciL, p. 719, écrivait en 1889 : « Ne pourrait-on pas dire Néphropexie comme on dit Hystéropexie? » (Voir aussi Baudouin, Hystéropexie abdominale ayitérieure, thèse, 1890, p. 12.)
3. C’est L. Landau qui le premier (1888) a dit, d’une façon assez peu nette d’ailleurs, comme nous le rappelons plus loin, que l’opération de Hahn était parfaitement de mise pour rétablir le cours normal de l’urine dans l’hydronéphrose intermittente; mais c’est M. le Prof. Guyon qui a démontré la justesse de cette conception. On doit reconnaître qu’il opérait, non pas pour guérir l’hydronéphrose intermittente, diagnostiquée pourtant, mais le rein mobile, ce qui tient à ce que jusqu’à ces temps-ci on n’avait pas reconnu l’identité des crises d’étranglement aigu des reins mobiles avec les accès d'hydronéphrose intermittente.
Terrier et Baudouin.
DE l’iIYDRONÉPHROSE INTERMITTENTE
franchement purulentes après les crises, c’est-à-dire que l’infection ait atteint un certain degré K Alors en effet la néphropexie peut ne donner rien ou presque rien, comme l’un de nous l’a observé chez la malade de M. Quénu,à l’hôpital Gochin; l’infection n’en continue pas moins, les urines restent purulentes (Quénu) et les accès persistent — quoique moins fréquents peut-être — parce qu’il existe déjà à ce moment des altérations anatomiques de l’extrémité supérieure de l’uretère qui sont trop avancées pour être influencées par la fixation du rein. Le coude uretérin adhère au bassinet ou est trop accentué pour que le maintien du rein à sa place normale puisse en amener la disparition à la longue.
La néphropexie, quand elle sera indiquée, sera faite autant que possible dans l’intervalle des crises ; de la sorte on opérera dans les meilleures conditions d’asepsie pour le rein, de résistance pour les malades. Si des accidents absolument menaçants apparaissent on pourrait très bien la tenter au cours de l’attaque; mais il ne faudrait pas s’étonner outre mesure si l’évacuation ne se faisait pas de suite. On comprend très bien qu’au cours d’une néphropexie, au lieu de détordre ou de redresser l’uretère, on ne puisse par malheur qu’augmenter la lésion existante.
Le manuel opératoire à suivre sera, évidemment, celui qui semble présenter le plus de chances de réussite, c’est-à-dire la néphropexie lombaire avec suspension du rein à la dernière côte, à l’aide de fils de soie verticaux, et fixation de sa capsule propre à l’aponévrose du carré des lombes, à l’aide de soies horizontales traversant aussi la substance rénale elle-même. C’est tout ce que nous Voulons dire ici de cette opération, pour ne pas sortir de notre sujet. Bien entendu, elle est pour nous le seul mode de traitement rationnel des reins mobiles, simples ou compliqués de légères hydronéphroses; car dans la très grande majorité des cas toutes les sortes de bandages proposés ne procurent aucun soulagement durable. Ils ont de plus un grave inconvénient sur lequel on n’insiste pas assez : ils laissent évoluer la lésion alors même qu’ils sont bien appliqués par les malades, ce qui est des plus rares. Enfin leur port constant est chose absolument désagréable, et il n’y a rien d’ étonnant à voir avec quel enthousiasme les patients préfèrent aujourd’hui recourir d’emblée à l’opération si simple et si bénigne
1. Dans les cas II et III de Zawisza, par exemple, on aurait très probablement obtenu une guérison complète par la néphropexie.