‹ De l'hydronéphrose intermittenteChapitre 86 sur 123 · Johnson. Loco. cit · texte numérisé non relu

Johnson. Loco. cit

DE l’hYDRONÉPHROSE INTERMITTENTE

Etat actuel. — Cette fe-mme était enceinte de huit mois à l’époque où Johnson l’examina.

Depuis trois mois les douleurs étaient continuelles et allaient en augmentant progressivement d’intensité ; depuis trois mois aussi, les urines étaient rares.

Le 6 mai, elle se plaignait d’une douleur violente, continuelle, siégeant dans le côté droit de l’abdomen et s’étendant de l’ombilic à la colonne vertébrale, de l’aine aux côtes flottantes. Les urines étaient peu abondantes, très colorées, le pouls fréquent, la langue sèche, la peau chaude.

En examinant le ventre, on constata qu’il était très volumineux; chose plus étrange, il y avait une sorte de sillon, allant de l’épigastre au pubis et de chaque côté on nota l’existence d’une tumeur abdominale.

Les deux côtés offraient, à peu près, le même aspect; mais, à droite, la tumeur était plus régulière, plus élastique la pression de ce côté causait une vive douleur.

Marche clinique. — Du 6 au 10 mai, vésicatoires, saignée, diurétiques, etc.

Le 10, le travail commença avant terme.

Le 11, à quatre heures, accouchement d’un enfant mâle, vivant. Après la délivrance, Mme B. affirma qu’elle ne souffrait plus et l’on porta le diagnostic de kyste de l'ovaire. Le 12, à la vue, le côté droit a diminué de volume légèrement. Mais, en déprimant du côté gauche, on découvre une grosse tumeur, d’un diamètre de sept à huit pouces, à surface parfaitement lisse, fluctuante (?), douloureuse à la pression.

Bientôt les symptômes redevinrent graves, quoique moins sérieux qu’avant l’accouchement : fièvre, diarrhée, incontinence d’urine, etc.

On diagnostiqua encore un kyste de l’ovaire ou plutôt une hydropisie ovarienne, pour être tout à fait exact.

Dans la nuit du 19 mai, tout à coup, survint un phénomène curieux, et le 20 au matin on trouva le lit de la malade complètement inondé par un liquide d’apparence laiteuse. Il y en avait même jusque sur le plancher, à travers lequel le liquide filtrait. La malade n’avait pas eu conscience de cette évacuation, qui s’était produite pendant le sommeil, spontanément. Ce liquide était identique à l’urine laiteuse que la malade rendait auparavant. Or, à l’examen du ventre, on constata que la tumeur avait disparu presque totalement (il persistait cependant un peu de fluctuation); les douleurs étaient moins fortes; et les urines étaient rendues en grande abondance.

Malgré ce changement brusque dans l’état local, l’état général s’aggrava. Au bout de quatre jours, le 25 mai, la mort survint, la malade ayant continué à rendre beaucoup d’urine et l’abdomen étant devenu aussi flasque que s’il n’y avait jamais eu de tumeur.

1. La tumeur de gauche n’était probablement que l’utérus gravide. {N. d. Tr.)

OBSERVATIONS

Autopsie. — Le 25 mai 1816, elle fut exécutée, huit heures après le décès, dans des circonstances très spéciales, et partant la relation en est forcément incomplète.

De l’angle du côlon ascendant se dégage une poche immense qui remplit la fosse iliaque droite et va du foie à l’aine. Organes génitaux sains (ovaires, trompes, utérus). La poche adhérait à toutes les parties voisines; pas de trace d’inflammation récente. L’uretère droit était tortueux et dilaté inégalement; il était distendu par du liquide. En le pressant, on pouvait faire refluer son contenu dans la vessie; mais de suite il s’emplissait de liquide descendant de la poche.

On ouvrit le sac; il en sortit un liquide blanchâtre, analogue à celui que la malade avait rendu par l’urèthre. Le sac hydronéphrotique contenait encore, lorsqu’il fut incisé, 3 pintes de liquide. Dans la vessie, il y en avait aussi. La capacité du bassinet dilaté devait être de 5 à 6 quarts de liquide K Dans la poche, il n’y avait pas trace d’inflammation récente ou ancienne

Observation III.

Hare (Cas I) (Résumé d’une traduction in extenso)

Ilydronéphrose intermittente droite. — Hydronèphrose intermittente gauche. — Urémie. — Autopsie.

Histoire clinique. — Mme M..., âgée de trente-huit ans, entre à rUniversity College Hospital en décembre 1854. C’est une femme de taille moyenne, un peu amaigrie, bien portante il y a quelque temps, très intelligente Le 3 janvier 1855, elle ne présente pas d’œdème, mais son teint est un peu pâle, foncé, non jaunâtre.

Antécédents. — Elle a été domestique et s’est mariée à trente ans. Pas d’enfants. Pas d’antécédents héréditaires. D’une santé délicate pendant son enfance, elle a eu la rougeole. Pas de scarlatine.

Début. — C’est vers l’àge de douze ans qu’elle commença à souffrir dans la région lombaire gauche. La douleur était tantôt légère, tantôt assez vive; elle cessait pendant le sommeil. Cela dura jusque vers dix-huit ans ; mais, dès l’âge de seize ans, un médecin, qui examina son ventre à travers ses vêtements, avait déclaré qu’elle avait une tumeur

1. Il n’y avait pas d’hydronéplirose double, comme l’a indiqué par erreur L. Landau {Wanderniei'e der Frauen, p. 07), ou du moins il n’en est pas fait mention dans l’observation fjue nous avons traduite in extenso.

2. Remarque faite au cours de la discussion de ce cas par Johnson lui-même.

3. Hare. Loc. cit. (Mémoire de 1857.) — Nous avons rapporté très longuement cette belle et unique observation, parce qu’elle est très complète et parce qu’elle a été extrêmement bien prise; inutile d’ajouter qu’elle présente un intérêt tout particulier en raison de la bilatéralité des lésions et de la date à laquelle elle remonte.

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