‹ De l'hydronéphrose intermittenteChapitre 87 sur 123 · Cela est dit plus loin dans le texte anglais · texte numérisé non relu

Cela est dit plus loin dans le texte anglais

DE l’hYDRONÉPIIROSE INTERMITTENTE

de la rate. C’est vers l’âge de vingt-huit ans qu’elle commença à souffrir du côté droit de l’abdomen. Cette douleur, qui revenait de temps en temps, disparut une fois pendant douze mois; elle était vive, mais n’était point accompagnée de frissons; elle se propageait vers l’aine droite, ce qui empêchait la malade de remuer le membre inférieur de ce côté. Les crises douloureuses duraient parfois vingt-quatre heures et l’obligeaient à se mettre au lit.

Depuis juin 1854, les crises se succédèrent plus rapidement. De juin en janvier, il y en eut 4 ou 5, dont 2 en décembre. En dehors des crises elle ressentait très souvent des douleurs dans le dos.

Voici comment se passait d’ordinaire une crise; une sensation d’engourdissement ou une douleur sourde se faisait sentir dans le côté droit de l’abdomen, entre l’épine iliaque antéro-supérieure et l’ombilic. En posant la main à cet endroit, la malade sentait une masse dure, résistante, un peu sensible à la pression. En une heure ou deux, la douleur gagnait le côté droit et devenait très violente ; dans les lombes, elle était plus vive qu’au point où elle avait commencé. Elle n’avait pas les caractères de la sensation due à une piqûre; c’était plutôt une sensation de tiraillement ; elle ne s’irradiait pas du côté gauche de l’abdomen. Quand elle devenait si intense, la malade constatait la présence d’une grosseur, immédiatement sous les cartilages costaux droits, un peu en dehors de la ligne mammaire. La tumeur paraissait, au palper, constituée par deu.x grosseurs distinctes. La crise se terminait parfois en diminuant jietit à petit d’intensité, habituellement au bout de vingtquatre heures ou à peu près; mais le plus souvent, elle cessait subitement. — Dans les deux cas, l’amélioration coïncidait avec V évacuation d'une gravide quantité d'urine.

La malade aflirme que parfois la grosseur persistait après la diminution ou la disparition de la tumeur; mais, même dans ces cas, elle disparaissait complètement en un jour ou à peu près, ou bien diminuait peu à peu, de telle sorte que bientôt elle n’était plus appréciable.

Quand les crises survenaient l’après-midi, la miction avait lieu généralement la nuit suivante. L’urine était toujours très claire et jamais on n’avait remarqué qu’elle devînt trouble, même lorsque, comme dans ces dernières années, elle eut plusieurs refroidissements. Jamais les urines n’avaient contenu de sang.

Etat actuel (en janvier 1855). — Quand M. Rare vit cette malade, elle n’avait pas de crise, mais ressentait souvent de vives douleurs dans le côté droit. En examinant l’abdomen, il trouva que les parois abdominales étaient flasques; pas de maigreur extraordinaire, mais le pannicule adipeux est peu développé à ce niveau. Pas de différence apparente pour les deux côtés du ventre, au cours des mouvements respiratoires, sauf à la fin de l’expiration ; le côté droit semblait alors un peu moins déprimé que le gauche et la région lombaire présentait une saillie appréciable. A la percussion, résonance dans tout l’abdomen; matité prononcée dans la largeur d’un doigt ou un peu plus AU-dessous des

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cartilages costaux droits. Dans la région lombaire droite, matité en arrière jusqu’à la colonne vertébrale et en avant dans toute la partie externe. Les limites de cette matité n’étaient pas nettes ; le son, de sourd qu’il était, devenait graduellement retentissant, comme dans le reste de l’abdomen. Au palper, on constatait qu’il y avait une masse résistante, un peu dure, qui occupait la partie mate à la percussion.. Son bord antérieur, un peu convexe, qui s’étendait des cartilages costaux (ligne du bord antérieur de l’aisselle) vers la crête iliaque, était recouvert par l’intestin. Il n'y avait jms trace de fluctuation dans la tumeur; elle était un peu mobile, quand on appuyait avec la main sur la partie postérieure ou latérale de la région lombaire L

Aucune tumeur n’était visible dans la région correspondante du côté gauche, ni ailleurs, de sorte qu’on ne trouvait pas trace de la seconde grosseur que la malade disait parfois sentir dans ses crises les plus violentes.

Evolution de la maladie. — A la suite du traitement institué, les douleurs diminuèrent; mais en août 1855 elle souffrit à nouveau. On l’envoya dans un asile de convalescents. Là, elle se sentit mieux quelque temps. Le 6 septembre, tout à coup, vives douleurs dans le côté droit, au-dessus de l’épine iliaque antéro-supérieure. En ce point, ballonnement de l'abdomen qui augmenta peu à peu et M. le D'” Mott constata l’état suivant : Grosse tumeur dure, occupant l’espace situé entre la crête iliaque et l’ombilic, semblable, dit la malade, à celles qui s’étaient montrées déjà à diverses reprises et qui avaient disparu.

Le H septembre, la malade commença à souffrir du côté gauche et une tumeur, semblable à celle du côté droit, mais moins grosse et moins dure, apparut dans Vhypocondre gauche. Le lendemain, elle retourna chez elle et souffrit beaucoup pendant son transport en voiture. Elle ne pouvait presque pas se servir de la jambe droite, à cause de l’intensité des douleurs que tout mouvement des membres provoquait du côté de l’abdomen. Séjour au lit d’une quinzaine; pendant le séjour à l’asile et une semaine et même un peu plus après son retour chez elle, elle urina fort peu. Mais tout d’un coup, elle évacua une grande quantité d’urine et fut immédiatement soulagée; puis la tumeur du côté droit disparut presque complètement.

Le 16 octobre, M. Hare revit cette femme. A l’examen du ventre, il trouva une différence notable avec ce qu’il avait constaté en janvier. La moitié gauche du ventre était maintenant plus grosse et plus proéminente que la droite, surtout en dehors et en arrière, dans l’hypocondre et même dans la région épigastrique gauche. Il y avait dans ces régions une grande zone de matité ou plutôt de submatité. Le reste de l’abdomen était sonore, sauf en un point, résistant, tout près et audessus de l’épine iliaque antéro-supérieure droite. Cette dernière grosseur occupait moins d’espace transversalement que lors du pre-

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