grammes environ
3. En somme les lésions étaient certainement plus marquées et plus anciennes à gauche qu’à droite, comme le faisaient d’ailleurs prévoiries commémoratifs de cette très remarquable observation. Le rein droit avait dû s hypertrophier, pour suppléer le gauche d’abord atteint, avant de devenir hydronépbrotique à son
tour. (iV. d. Tr.).
OBSERVATIONS
Observation IV.
Thompson (Traduction in extenso) *.
Hydronéphrose intermittente gauche. — Ponctions répétées de la poche hydronéphrotique. — Rupture de la j'hoche. — Autopsie.
Histoire clinique. — M. S.... vint me consulter pour la première fois le 21 mai*1851. Il se plaignait alors d’une violente douleur au côté gauche, dans la région du rein. Il y avait un gonllement considérable, une grande sensibilité à la pression dans les régions de l’hypocondre, des lombes et des fosses iliaques de ce côté. Je m’assurai qu’il avait eu des symptômes de maladie du rein pendant fort longtemps : rétraction du testicule., douleurs dans l’aine gauche et au-dessus de la hanche, enfin tous les accidents qui accompagnent d’ordinaire les maladies de cet organe. Un médecin m’assura qu’il avait assisté à l’état de choses que je viens de mentionner, et que le malade avait obtenu tout à coup un mieux réel après avoir uriné, en une seule fois, plus d’un vase de nuit d’un liquide ayant la couleur du vin de Porto. N’ayant pas de raison pour mettre en doute la véracité de ce récit et le cas ne demandant pas une intervention chirurgicale immédiate, je résolus d’attendre.
En une semaine environ, le sac sembla s'être vidé entièrement par l’uretère et la vessie. Les symptômes disparurent, et le malade guérit promptement, en apparence du moins; c’était le 31 mai 1851.
Le 28 novembre, il recommença à éprouver les mêmes symptômes, qui augmentèrent d’intensité jusqu’au 27 janvier 1852. A cette date, il présenta tous les accidents ci-dessus décrits : le côté gauche très tuméfié était sensible. On notait une sensation vague de fluctuation; et la tumeur, dure, s’étendait à droite jusqu’à la ligne blanche, en arrière jusqu’à la colonne vertébrale, en bas jusqu’à la partie la plus inférieure de la région iliaque. Le diaphragme et les poumons étaient refoulés en haut; on sentait dans la poitrine les battements du cœur beaucoup plus haut que normalement. Le malade souffrait maintenant à tel point que je résolus d’évacuer le liquide avec un trocart. Restait à préciser l’endroit où il faudrait ponctionner. Je ne doutais pas que le sac renfermant le liquide ne fût un rein dilaté ou un kyste ayant quelque connexion avec le bassinet de cet organe. Je choisis donc pour la ponction l’intervalle compris entre les deux dernières côtes flottantes, près de leurs extrémités antérieures.
Voici pourquoi je me décidai à agir ainsi : En supposant que le liquide fût contenu dans un sac communiquant avec le bassinet du rein, le rein se trouverait derrière le sac, en partie sous les deux dernières côtes, en partie sous le carre des lombes. L’instrument étant
i. Thompson. Pathological Society Tra7isactions, vol. XIII, p. 128, 1862.
DE l’hYDRONÉPHROSE INTERMITTENTE
donc introduit à l’endroit indiqué et sa pointe étant dirigée un peu en avant, il transpercerait le sac, sans risquer de blesser le rein. Si le sac n’était que le rein dilaté, l’endroit choisi serait encore le meilleur, car il serait près du centre, où l’organe commence à se dilater. Le kyste était-il sous le péritoine? il n’y avait pas de la sorte danger de léser cette membrane. Si la ponction avait été pratiquée par devant, le trocart aurait traversé deux fois le péritoine, d’abord au point où il tapisse les muscles abdominaux, ensuite au point où il passe au-devant du sac. Et en supposant qu’il n’y eût pas d’adhérences entre ces deux parties de la séreuse, quand on eut retiré l’instrument, un peu du contenu du sac serait tombé dans la cavité péritonéale, et aurait déterminé de l’inflammation. En outre, il y aurait eu, je crois, plus de danger de blesser l’intestin, si l’inilammation avait produit des adhérences entre les parois de l’abdomen et le sac.
Ponctions. — Je pratiquai donc la ponction entre les deux dernières côtes, près de leurs extrémités. Une incision fut faite à travers les téguments et les muscles; on y introduisit un petit trocart pour explorer, et l’existence du liquide étant évidente, on enfonça un instrument plus gros, en dirigeant la pointe un peu en haut. Et, fait très digne de remarque, que l’examen de la pièce anatomique explique d’ailleurs, peu de temps après l’enlèvement de ce liquide, le reste du contenu du sac reprit sa direction naturelle, c’est-à-dire la voie de l’uretère, etc. La qualité et les altérations de l’urine rendue le démontrèrent nettement.
Le malade guérit promptement; mais il fallut répéter l’opération le 1er décembre 1852. On retira alors trois quarts et demi de liquide; peu de temps après, comme précédemment, le sac se vida par les voies naturelles, comme le prouva la couleur de l’urine rendue. Le malade alla bien de nouveau et n’eut pas besoin d’opération avant le 24 mars 1860. Sept quarts de liquide furent alors extraits; après quoi le liquide suivit sa route habituelle, et le malade se porta bien.
Le 23 septembre 1861, on me rappela près de lui. Il se plaignait d’une douleur violente, et d’une pesanteur dans le côté gauche; les accidents habituels avaient reparu. Le mal fit des progrès comme dans les autres crises jusqu’au 5 octobre. Ce jour-là, à cinq heures du matin, je fus mandé en toute hâte. Le malade avait éprouvé tout à coup des douleurs vives dans l’abdomen, surtout dans la partie inférieure, des difficultés pour la miction, des sueurs froides; il avait la respiration fréquente, le pouls rapide et l’air hagard. L’abdomen était dur et tendu, et il y avait un arrêt dans les fonctions intestinales. Le côté droit du scrotum était distendu comme dans l’hydrocèle. En raison des circonstances, une ponction fut décidée, pour examiner le contenu du canal inguinal et s’assurer de la possibilité de la rupture de la poche. II n’avait pas de hernie. Les symptômes furent donc attribués à une rupture du sac hydronéphrotique.
Au bout de deux jours, les intestins fonctionnaient librement à nou-
OBSERVATIONS 225
veau, et le malade semblait se rétablir lorsque le 10 octobre son état s’aggrava soudain et il mourut.
Autopsie. — L’autopsie fut faite le 12 octobre. Le corps était gras et en bon état. Le malade, avant le début de cette dernière crise, disait de lui-même qu’il était « fort comme un lion ». En ouvrant la cavité abdominale, on trouva des preuves indiscutables d'inflammation péritonéale. Une grande quantité de liquide était épanchée entre les intestins qui étaient agglutinés ensemble; il y avait une masse considérable de liquide séro-purulent dans la cavité du bassinet. On retira en outre, de l’hypocondre, à droite, et de la région épigastrique, trois pintes de liquide foncé comme celui qui était contenu dans le sac, occupant la région lombaire gauche. Le colon transverse passait au-devant et près du bord gauche de la poche hydronéphrotique; l’aorte était près du bord droit; la rate au-dessus et en arrière; le diaphragme directement au-dessus. L'uretère entrait clans le sac par la partie inférieure et antérieure du bassinet dilaté. Il traversait obliquement la paroi. On relira au moins quatre pintes de liquide du sac, et découvrit, vers le côté gauche et en avant, un trou correspondant au point où la rupture avait dû se faire. En passant un doigt dans cette ouverture on sentit un corps détaché, dur, calcaire ou crétacé. On fit sur la face antérieure du kyste une large ouverture par où le liquide sortit.
La disposition de l’uretère pénétrant obliquement à travers la paroi du kyste, peut expliquer l’oblitération de ce canal quand le sac hydronéphrotique était plein. 11 redevenait perméable quand la poche était vide.
Je suis certain que la rupture se produisit le 5 octobre, quand la péritonite commença, et sans doute il y eut alors sortie d’un peu de liquide. Il s’en échappa beaucoup plus le 10, ce qui explique que le malade mourut subitement. Le liquide sorti ressemblait à celui qui était contenu dans le sac, il occupait la partie supérieure de la cavité abdominale et n’était mélangé ni de produits d’inHammation, ni du contenu du bassinet. Il n’y avait ni pierre dans la vessie, ni obstruction dans l’uretère lui-même. L’histoire de cejmalade m’avait fait penser qu’il rejetait des calculs avec l’urine; mais, après avoir été rappelé pour le voir, je ne pus jamais en découvrir les symptômes. On n’en trouva pas d’ailleurs à l’autopsie.
Observation V.
IIiLLiER (Cas I) (Traduction in extenso) h Ilydronéphrose intermittente à droite. — Amélioration.
Une femme mariée, âgée de quarante-sept ans, fut observée en novembre 1855 par Ilillier.