II. Morris. Loc.cit. (mémoire
OBSERVATIONS
La malade ne perdait plus ou ne perdait que peu de sang. Du 15 août à la deuxième semaine de septembre, M. Andrew Clark la soigna à la place de M. Morris. Le 2G août l’observation relevait moins de sang dans l’urine; quelque peine à uriner; état meilleur. Le 8 septembre, une grande quantité de sang fut rendue par les urines, et la malade accusa des douleurs violentes dans le dos et le ventre. La vessie fut examinée, et la découverte par la sonde d’une inégalité de la surface fortifia encore le soupçon qu’on avait d’une tumeur vésicale.
Le 19 septembre M. Morris, à l’examen du vagin, trouva encore une tumeur vasculaire, du volume d’une grosse noisette, qui faisait saillie hors du méat urinaire. Elle devait s’y être montrée tout récemment, car on n’en avait pas trouvé trace lors d’un examen récent. Elle était fort sensible au toucher, qui déterminait des douleurs très vives. Elle présentait un pédicule, et autant qu’on en pouvait juger, elle devait s’attacher près du col de la vessie, juste au-dessus de l’orifice de l’urèthre. L’urine était alors acide; elle renfermait environ 1/5 d’albumine, mais pas de sang; une douleur aigue se faisait sentir dans le dos et la région hypogastrique.
Le 29 septembre, on administra le chloroforme, et la tumeur de la vessie fut enlevée avec un écraseur. L’urèthre était si dilaté qu’on pouvait aisément introduire le petit doigt dans la vessie; mais on ne put trouver le point d’attache de la tumeur. Peu après l’opération les douleurs de la miction disparurent, mais il survint de V incontinence d'urine. La malade fut prise de vomissements et ne put plus supporter que la glace; l’urine était albumineuse, mais non teintée de sang.
Hydronéphrose. — Le 3 octobre, les nausées et les vomissements continuaient toujours. Il n’y avait pas de douleur dans la vessie, mais dans les lombes et l’hypocondre à droite. A l’examen de l’abdomen, on trouva dans ces régions une tumeur très distincte, arrondie, à peu près du volume de la tête d’un petit fœtus. La malade en ignorait l’existence. Le contour de cette tumeur était bien net, excepté à la partie supérieure, où elle s’étendait jusque sous le foie auquel elle semblait être unie. L’urine ne contenait ni pus ni sang; la miction n’était pas douloureuse (incontinence).
Néphrite et occlusion intestinale. — Le 4 octobre M. Morris, ayant demandé à M. de Morgan d’examiner cette tumeur avec lui, constata qu'elle avait complètement disparu. Le 6 octobre, la tumeur redevint nette. Les vomissements continuaient toujours, et les matières vomies avaient désormais une teinte verdâtre. Le 9 octobre les nausées sont encore très fréquentes : la malade mange à peine. Constipation. Lavement. Le 10 octobre, la malade évacue une grande quantité d’excréments solides; après quoi la tumeur disparut. Le 11 octobre, le corps, la face et les bras étaient couverts d’une éruption exanthémateuse rouge. Hoquet depuis le 8 octobre jusqu’à la mort.
A Le 22 octobre, pas de changements importants ; les vomissements, symptômes constants, so sont de plus en plus accentués et la constipation a
DE l’iIYDRONÉPHROSE INTERMITTENTE
augmenté. L’urine était toujours rendue spontanément, et quand on en eut recueilli un peu on n’y trouva pas de sang. La tumeur abdominale varia souvent de volume; distincte et même proéminente pendant plusieurs jours, elle fut une fois examinée par M. de Morgan et d’autres médecins. Puis elle disparut et revint de nouveau, aussi notable qu’auparavant. Elle ne semblait pas nettement fixée, mais elle n’était pas tluctuante et on ne pouvait lui faire abandonner sa position dans la région lombaire droite.
Autopsie. — L’autopsie fut faite douze heures après la mort, par le D*" Clark et par Morris lui-même. Il n’y avait rien de remarquable dans les organes thoraciques. Le foie et la rate étaient sains. Le rein droit était très gros, et son bassinet fortement distendu par l’urine, de sorte que le tout constituait une énorme tumeur occupant l’hypocondre droit et la région lombaire correspondante. A la face antérieure du bassinet distendu, une partie de l’intestin grêle adhérait par une large et forte fausse membrane. Le côlon n’avait pas d’adhérence avec la vessie. Le rein, outre qu’il était hypertrophié, était aussi très congestionné; beaucoup de ses canalicules étaient entourés de cellules de pus et, près de la surface, se trouvaient quelques dépôts purulents.
Le rein gauche était très petit, la substance médullaire étant entièrement détruite et la portion corticale fort altérée mais inégalement; le bassin et l’urèthre étaient dilatés de ce côté aussi, mais moins qu’à droite. Tous les autres organes du bassin, sauf la vessie, étaient indemnes.
La vessie était contractée et le trigone très petit; il n’y avait rien dans la partie étendue de l’orifice des uretères à l’urèthre; mais audessus de l’orifice de l’uretère droit se trouvait une r?iasse ovale, élevée, sans pédicule, paraissant couverte de verrues, fendue à sa surface muqueuse et de couleur crème, comme les excroissances du côté gauche. Elle s’étendait en haut sur la paroi postéro-latérale droite.
h'uretère droit était bien accessible, son orifice vésical n’était pas dilaté. L’orifice de l’uretère gauche était très dilaté, et pouvait laisser pénétrer un crayon. Immédiatement au-dessus se trouvait une excroissance vasculaire de 3/4 de pied de long, qui retombait sur lui, comme une valve et dont l’extrémité libre était de couleur noirâtre. Au milieu de cette masse et immédiatement au-dessus d’une ligne joignant les orifices des uretères était un nodule de la grosseur d’une bille avec une large base, faisant saillie dans la cavité de la vessie. Ce nodule était de consistance ferme, d’apparence non vasculaire, mais d’une couleur blanc crème à la surface et sur la section.
Au-dessus et à gauche, à peu de distance, la membrane muqueuse était infiltrée par ces productions nouvelles présentant une surface crevassée, dont les dépressions ou les fentes avaient aussi une couleur crème. Il y avait encore une petite tumeur attachée près du sommet de la vessie du côté gauche, et flottant dans la cavité, grâce à un long pédicule.
OBSERVATIONS
Les reins et la vessie furent examinés au microscope par M. leD'' Coupland. Des coupes minces du gros rein rencontrèrent des amas de pus entre les tubes urinaires et autour d’eux. Le petit rein présentait une atrophie des tubes urinaire«î, avec un excès considérable de tissus fibreux intermédiaires. La vessie était entièrement couverte de productions villeuses, presque exclusivement composées d’épithélium. Les papilles, quoique rompues à cause de leur extrême fragilité, paraissaient ramifiées à la périphérie. Le tissu sous-muqueux était infiltré de cellules épithéliales de diverses formes, qui se présentaient en groupes au milieu des amas du tissu conjonctif. En quelques endroits une petite infiltration des cellules remplaçait les boyaux épithéliaux. Ces caractères permirent de rattacher la tumeur à un papillome (Cancer villeux de la vessie).
Observation XI.
Bryant (Cas I) (Traduction in extenso) L
Pyonéphrose à évacuations répétées du côté gauche. — Poiictions répétées. Incision du bassinet. — Mort par péritonite
. Histoire clinique. — Mme S..., quarante-sept ans, habitant à Regent’s Park, a eu, à l’âge de vingt ans, dans l’abdomen, une tumeur qui disparut spontanément, après qu’elle eut rendu une notable quantité d’urine couleur de café
Peu de temps après la disparition de cette tumeur, regardée comme une tumeur ovarienne, cette dame se maria. Elle se porta bien et eut deux enfants.
Il y a huit ans, elle eut la fièvre typhoïde; et alors la tumeur réapparut du côté du rein gauche. L’état général devint très alarmant et de fait Mme S... fut si malade qu’on désespéra de la sauver
Au bout de quatorze semaines, il y eut une selle très abondante renfermant du sang et du pus. Enfin la malade guérit, la tumeur disparut et l’abdomen revint à ses dimensions normales.
Mme S... se portait bien depuis longtemps lorsque, le 18 mai 1874, la grosseur et les douleurs revinrent du côté du rein gauche, et, six jours après, on sentait au-dessus de la fosse iliaque une tumeur qu'on crut formée de matières fécales.
Le 2 juin, la tumeur s’étendait des côtes à la crête iliaque. L’urine était très colorée et paraissait mélangée à de la bile. Quelques jours après, la tumeur, qu’on avait reconnue désormais comme une hydronéphrose suppurée, atteignait l’ombilic.