V. — VÊTEMENT
la guerre. H faut que le soldat soit toujours prêt à braver les intempéries, à marcher au combat.
I. Forme. — L'habillement militaire, dans ce pays, doit être assez ample pour laisser aux organes de mouvement la plus grande Uberté, et pour faciliter en même temps Tévaporation de la sueiu* à la surface cutanée ; il doit donner accèa à Tair, et garantir, autant que possible, de la chaleur et du froid, des rayons solaires, de Thumidité, des miasmes; il doit protéger particulièrement la tête et Tabdomen ; il doit être , tout à la fois, léger et chaud, solide et simple , de mise facile et prompte; il doit concourir à la défense de rhomme. Tel est le but. Eh bien! tels sont aussi les avantages que présentent la plupart des costmnes méridionaux, si différents de nos uniformes européens, et dans lesquels la richesse des proportions s'allie, en général, à toutes les conditions que peut rechercher l'hygiène. L'ampleur, en effet, pourvu qu'elle n'embarrasse point dans les marches, dans les manœuvres, est la première et la plus indispensable quahté d'un bon vêtement. Cette quahté seide, en faciUtant le dégagement du calorique propre, en protégeant contre l'action immédiate de l'humidité, tout en favorisant le développement de l'organisme, est d'un intérêt proph^actlque immense.
II. Matière. — Les principales vicissitudes dont nous ayons à nous défendre sont la chaleur, l'humi-
dite, les transitions brusques de la température. D'après cela, on sera conduit à éliminer, en principe, tous les vêtements tissus de lin ou de chanvre, d'abord à cause de leiu*s propriétés éminemment conductrices de la chaleur, qui leiu* permettent de s'échaufFer vite et de se refroidir de même; ensuite, pour la facilité avec laquelle ils s'imprègnent, et de Thumidité atmosphérique, et de la suem*, qu'ils n'abandonnent qu'en développant beaucoup de réfrigération à la surface du corps. Les tissus, les toiles de coton ne possèdent point, au même degré , ces propriétés. Us sont moins bons conducteurs que les précédents; ils conservent mieux la matière de l'exhalation cutanée ; ils exposent beaucoup moins aux refroidissements , et ils sont, en conséquence, préférables aux toiles de chanvre ou de lin. Mais, de tous ces corps, la laine est le plus mauvais conductem* du calorique et de l'électricité : elle s'humecte plus lentement encore que le coton, et laisse évaporer de même les fluides dont elle est pénétrée. Elle sera donc essentiellement convenable, et tout à fait appropriée aux besoins de l'honune en Algérie.
Les tissus de laine garantissent d'une chaleur intense, en modérant son action venue de l'extérieur; et, alors que la température de l'atmosphère est moins élevée que celle du corps, ils préservent également du froid, en conservant le calorique individuel. La propriété qu'ils possèdent, en outre, de se mouiller difficilement, et de retenir beaucoup l'humidité, a pour avantage de prévenir les dangers d'une évaporation