V. — VÊTEMENT
qu'ils empruntèrent aux Geltibériens. Il serait malheureusement vrai de dire que , loin de leiu* ressembler, notre instinct d'imitation ne nous sert que pour nous faire accepter avec enthousiasme les coutumes les plus opposées à nos véritables intérêts. C'est ainsi , par exemple, que, lors de la formation du corps des chasseurs d'Afrique , au heu de nous inspirer des études locales, nous n'avons rien trouvé de mieux que d'affubler d'un uniforme polonais ces soldats africains. De même, nos schakos sont empruntés à l'Autriche; la cravate et le col, suivant Percy, nous viennent originairement de la Croatie ^; la veste en corset de nos cavaliers légers est imitée du gilet hongrois. C'est de la Pologne que nous tenons le czapska, le kurtka. Entre autres pièces étranges du vêtement , n'avons-nous pas encore le colback, le bonnet d'oursin, la pelisse; n'avons-nous pas nos sabretaches, nos cordons, nos brandeboiu*gs ; comme nous avons eu naguère nos toupets et nos queues , nos ailes de pigeon, nos cadenettes hongroises, nos faces à l'allemande encrassées de blanc d'Espagne, à la manière suisse ."^
Ainsi, l'on n'a pas assez remarqué que tout notre luxe palliait mal l'indigence d'im habillement qui ne nous protège qu'à demi, et dont l'exiguïté ne saurait être condamnée trop hautement. De là vient que la capote du fantassin serait encore , de toutes les parties du vêtement militaire, la plus hygiénique; mais elle est trop longue et trop lom^de; elle est disgracieuse à
* DicL des se. méd. t. VII, p. SaS-Sag.
l'excès. Signaler ces défauts , c'est en indiquer le remède. Au reste, il faut le dire, nous sommes sur la voie de réformes utiles. L'adoption de la tunique comme vêtement principal de toute l'infanterie* en est une preuve ; et les essais qui sc' poursuivent sur ce sujet conduiront sans doute à de nouvelles améliorations. Arrivons à l'étude des conditions spéciales du vêtement qui convient à ce pays.
S n. PROPRIETES.
Les qualités de l'habillement ont trait à la forme générale, aux proportions des diverses parties, à la nature, à la coloration des tissus dont il se compose. Le vêtement, poiu* être irréprochable , ne devrait pas seulement différer avec les lieux ; il devrait encore être approprié toiu* à toiu*, soit à l'état de guerre, soit à l'état de paix. Mais on ne peut prétendre à ce dernier perfectionnement, car l'uniforme ne saurait même être modifié suivant les saisons; tout ce qu'il faut obtenir, c'est qu'il soit en rapport avec les conditions générales du climat, et la nature des exercices et des travaux militaires. En Algérie, il ne peut y avoir, pour le moment au moins , de grande et de petite tenue. Le costume, qui doit d'ailleurs être peu dispendieux et d'un entretien facile, sera donc unique , et constitué de manière à servir en été comme en hiver, pendant la paix comme pendant
* Joum. mil off, ann. i845, sem. I, p. 239 et suiv.