V.— VÊTEMENT
trop active. C'est à ces divers titres que les étoffes de laine furent très-usitées dans le vêtement des peuples anciens: les Egyptiens, eux-mêmes, par-dessus leur robe de lin, portaient un manteau de drap blanc ^ De nos jours, Tutile emploi de la laine se perpétue chez les ordres religieux aussi bien que chez les indigènes de la plupart des pays chauds.
Nous devons à notre propre expérience la confirmation de tous ces faits; et c'est ainsi que, sOus les divers climats chauds que nos troupes ont habités, nous avons reconnu qu'il était imprudent et dangereux de se vêtir de toiles, même dans les plus brûlantes saisons. En Espagne, aux Antilles, au Sénégal, en Egypte, on a vu que les maladies sévissaient avec une intensité marquée sur les régiments habillés à la légère; et partout, dans les pays méridionaux , il suffît de porter des habits chauds, pom* prévenir bien des affections du tube diges* tif, ou pour en combattre les premiers effets. Nous ne multiplierons pas ces exemples, mais nous dirons que, de même ici, les Européens trouveront toujoiu*s dans les tissus de laine, dans les vêtements de drap, un puissant moyen de résister aux influences changeantes des modificateurs ambiants.
Quant aux draps rendus imperméables de diverses manières, et que l'on avait proposés pour l'armée, tout le monde comprend que ces sortes de tissus, à moins qu'ils ne soient perméables à l'air, ne sauraient être
' Winkdmann, Hist, de Vart chez les anciens; Œuvr. compl. trad. fr. éd. ]7g3-i8o3, 1. 1, p. lay.
appliqués sans danger à la surface du corps, et qu^ils ne peuvent convenir que pour Tusage du manteau,
in. Couleur. — La coideur des vêten^ents les rend susceptibles d'absorber ou de réfléchir, davantage ou moins, les rayons solaires, suivant qu'elle est plus claire ou plus foncée; ce qui revient à dire qu'elle influe notablement sur la capacité de l'habillement pour le calorique, la nature du tissu restant la même. Cette propriété ne manque donc pas d'une certaine importance. Les teintes pâles, décolorées occasionneront moins de chaleur que les teintes rembrunies; elles absorberont moins le calorique extérieur, et retiendront davantage la chaleur propre. Conséquemment, en toute saison, que la température soit plus ou qu'eUe soit moins élevée que celle du corps , les vêtements blancs devraient être préférés.
Un autre fait qui résidte de quelques expériences, et qu'il faut prendre en considération, partout où l'on a souvent à se défendre contre Thiunidité, c'est que les tissus blancs laissent déposer beaucoup moins la rosée que ceux autrement colorés, et notamment les noirs ^ D'aiUeurs, la teinture peut altérer les quahtés du vêtement; elle en augmente le prix : et la matière de la coideur elle-même pourrait avoir des inconvénients, si Tétofle était appliquée immédiatement sur la peau. Enfin, la teinte blanche a l'avantage de se dérober plus que toute autre à la vue de l'ennemi. Aussi n'est-ce / Stark, Ann. d'hyg. publ t. XII, p. 63-64; ann. i834.