‹ De l'hygiène en AlgérieChapitre 13 sur 74 · V.— VÊTEMENT · texte numérisé non relu

V.— VÊTEMENT

Les chevaliers romains, sur le champ de bataille, sautaient quelquefois à bas de cheval; et Tite-Live nous apprend que cette évolution fut couronnée d'un plein succès à la bataille du lac Régille, dans la guerre du Latium, puis dans celle contre les Volsqués^ Telle était aussi la manière de combattre de l'ancienne chevalerie française : plus tard l'embarras des armures y fit renoncer. Nos fastes militaires modernes renferment beaucoup d'exemples semblables ; et nous avons vu mainte et mainte fois la même manœuvre exécutée en Algérie , soit pour débusquer l'ennemi dans des lieux escarpés, soit pour défendre ou pour garder des positions difficiles, jusqu'à l'arrivée de l'infanterie. Ces sortes d'épisodes, rendus si fi^équents par les accidents de terrain, suffiraient pour démontrer les avantages d'un vêtement, d'un équipement et d'un armement à deux fins, pour nos cavaliers.

De son côté, 'Abd-el-K'âder a quelquefois mis son infanterie sur la croupe des chevaux; et c'est ainsi qu'il parvint à nous devancer au défilé de la MakYa, en i83ô. Cette coutume arabe est ancienne, car au temps de Léon VI, l'infanterie des Sarrasins, qui se composait d'archers éthiopiens, était portée en croupe par la cavalerie, quand l'expédition n'était pas éloignée de la fi^ontière^. Quinte-Curce rapporte aussi que les chevaux des Dahiens, peuple des bords de l'Oxus, portaient chacun deux hommes armés , qui tour à tour sautaient à

* Lib. II, cap. XX ; lib. VI, cap. xxiv.

* Tact, miliL chap. xviii, S ii5-ii6.

terre avec agilité pour combattre ^ Ces manœuvres, nous le répétons, ne sont point dans nos mœurs; mais on voit par là quels services il serait permis d'attendre d'une infanterie montée , soit sur des mulets, soit sur des chameaux, comme nous Tavons déjà vu (t. I, p. 1 1 7-1 1 8). Au reste, dans tous les lieux difficiles il arrive que la cavalerie devient infanterie; et chaque homme doit pouvoir au moins se garder et se défendre. Dans les ravitaillements des places et des camps, les escadrons sont quelquefois chargés d'ime partie de l'approvisionnement, et le cavalier marche en muletier. Les chevaux peuvent être tués ou hors de service; ils sont nécessaires au transport des malades, des blessés; et de même alors le cavalier met pied à terre , et devient fantassin. Telle est sa laborieuse mission, et ce n'est qu'à ce prix qu'il se rendra toujours utile. Ainsi, Napoléon , en Italie , faisait exercer aux manœuvres de l'infanterie toutes les troupes à cheval*. Notre cavalerie pouvant être considérée comme de l'infanterie montée , il importe donc que son vêtement diffère le moins possible de celui du fantassin.

IL Infanterie. — L'infanterie a des attributions non moins belles, non moins héroïques. C'est à elle que reviennent la plus grande somme des fatigues , des travaux de tout genre, et la plus large part dans les maladies. A ces titres , eUe nous intéresse plus vivement

* Lib. VU, cap. vu.

^ Marmont , Toj. en Hongr, en Pa lest et en Egypte ^ t. III , p. a 6a -a 63 .

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