‹ De l'hygiène en AlgérieChapitre 14 sur 74 · V. — VÊTEMENT · texte numérisé non relu

V. — VÊTEMENT

encore que la cavalerie; et c'est à son vêtement surtout que nous aurons égard dans Texamen qui suit.

La légion étrangère et les bataillons d'infanterie légère, corps spéciaux, sont vêtus comme en France, sauf le changement de coiffure et la suppression de rhabit. Il en est de même pour les régiments : leur uniforme n'est qu'à peine modifié. Quant aux chasseurs d'Orléans, ces troupes légères ne sont pas destinées pour l'Algérie seulement, et nous n'avons point à nous en occuper conune telles. Le premier des corps spéciaux français dans ce pays, le seid qui mérite ce nom , ce sont les zouaves.

Le costume du zouave a reçu la sanction de quinze années d'expérience ; et le montrer, c'est en faire déjà l'éloge. Le voici : calotte rouge et turban, mouchoir en cravate, gilet, veste et pantalon à la turque, vaste ceinture, jambières en peau, guêtres et souliers; et, conune pardessus, manteau court à peu près imperméable, avec capuchon. Tel est l'ensemble de ce costume élégant et hygiénique, dans lequel le gilet, la veste, le pantalon, le manteau, ne sont pas sans analogie avec la tunique, la saie, la braie et le cuculle de nos ancêtres. Analysons maintenant chacime de ces pièces du vêtement.

i** Coiffure. — La casquette appelée képi, pour être préférable au schako, dont elle n'est qu'im diminutifs ' Joam, mil off, ann. i833, a*seiii. p. 96.

constitue encore Tune des parties les plus défectueuses de Tunifonne. Tous les militaires le savent, car tous ont été témoins des accidents qu'elle peut occasionner pendant les marches d'été.

Vainement on a pratiqué des ventouses à la forme du képi ; on en a modifié la visière , vernissé et blanchi le calot; on a imaginé les coiffes et les couvre-nuques blancs : impuissants correctifs. Il eût été mieux de parer à Faccumulation du calorique, en substituant à Tair intérieur du képi , des corps peu conducteurs et légers. Les chapeaux de marin, ceux même de paille, ceux de feutre à l'espagnole, ont été successivement proposés. Nous ne croyons point que ces perfectionnements ou ces coiffures nouvelles soient appelés à résoudre le problème. Le képi , d'ailleurs , ne garantit ni des intempéries auxquelles il laisse exposée une partie de la périphérie du crâne, ni des transitions de la température, ni des chocs extérieurs; il s'accommode mal avec le capuchon, dont l'usage doit être adopté; il n'est d'aucun secours poiu*la nuit; et, déplus, il se détériore promptement. Mais , si l'on réformait cette coiffure , est-ce le turban qu'il faudrait lui substituer? Voyons quelles en sont les propriétés.

Le turban, qui sied si bien au zouave, par son application immédiate sur le tégument crânien , et par son épaisseur de tissus, offre des conditions entièrement opposées aux précédentes. Il empêche la transmission du calorique extérieur, et l'action des rayons solaires, de même que certains bonnets très-épais.

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