‹ De l'hygiène en AlgérieChapitre 15 sur 74 · V. — VÊTEMENT · texte numérisé non relu

V. — VÊTEMENT

très-laurds, dont se trouvent à merveille les habitants de divers pays chauds; et quant aux suppressions de ia transpiration locale, elles ne sont nullement à craindre, grâce à l'habitude de ne point se découvrir sans précautions. Le turban met Tencéphale à Tabri de toutes les variations de la température, et de ces suppressions auxquelles peut donner lieu lusage de la plupart des coiffures, dans nos contrées. Il ne garantit pas moins du froid si dangereux des nuits; il est d'im port facile et même agréable; il ne gêne point dans le maniement des armes. De toutes les coiffures il est encore la plus favorable à la propreté, celle qui se détériore le moins vite en campagne, et celle à laquelle s'adapte le mieux le capuchon du manteau. Comme arme défensive, son utilité n'est pas contestable.

Une considération d'un autre ordre, c'est que les deux pièces dont se compose le turban rendent chacune isolément des services que tout militaire doit apprécier : l'une , la calotte rouge ou le fêci , peut alternativement tenir lieu de bonnet de police et de bonnet pour la nuit ; l'autre , le bandeau , ou la pièce d'étoffe qui constitue le bourrelet, étant déployée et tendue, peut, dans l'occasion, abriter le corps entier, des ardeurs du soleil, de la rosée ou même de la pluie; elle peut suppléer la corde à foiurage, trouver son emploi dans une foule de circonstances, et servir même, au besoin, à panser une blessure , à bander \me plaie. On devine aisément pourquoi le képi n'est point aussi défavorable au cavalier qu'au fantassin, d'où vient que la réforme

est surtout urgente à l'égard de ce dernier. Mais, d'autre part, le service de la cavalerie, les combats à Farine blanche exposent particulièrement à Taction des chocs sur la tête ; et c'est une des raisons pour lesquelles le turban nous paraît être aussi la coiffure qui convient le mieux au cavalier.

Cette coiffure se lie à tout un ensemble d'uniforme; et nous concevons qu'elle ne pourrait être adoptée sans difficidtés. Toutefois, étant reconnue la nécessité de réformer le képi comme défectueux, il est encore une espèce de coiffure que nous souhaiterions à l'armée, et qui pourrait, en attendant mieux, être affectée aux régiments servant temporairement en Algérie : ce serait, si l'on veut, une transaction. Cette autre coiffure gracieuse et commode, appropriée à la nuit comme au jour, aux vicissitudes atmosphériques, à tous les besoins de la vie militaire, et qui réunit, bien qu'à un degré moindre , la plupart des quaUtés que nous venons d'attribuer au turban, c'est le berret du pays des Basques, le berret semblable au chapeau thessahen, qui servait de couvre-chef à Rome et dans la Grèce ^ , coiffure dont les qualités principales se déduisent de la nature de son tissu, de sa durée et de son bas prix; mais à laquelle sa forme permet de donner diverses positions sur la tête inégalement échauffée par les rayons solaires; dont la couleur peut être variée utilement, et qui se prêterait, en outpe , à la distinction des grades ,

* Malliot, Rech. sur les cost et les mœars des anc. peupL 1. 1, p. aa ; t. II, p. 3a 5. Paris, i8o4.

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