‹ De l'hygiène en AlgérieChapitre 16 sur 74 · V. —VÊTEMENT · texte numérisé non relu

V. —VÊTEMENT

au moyen de galons. Que si l'on croyait devoir faire Tessai de cette sorte de bonnet, nous voudrions qu'elle fût complétée, au moins pour les expéditions, par une de ces petites calottes piquées de coton blanc , que les Arabes d'Alger nomment iark^ia, et qui s'applique immédiatement sur le cuir chevelu. Placée sous le berret, de même que sous le turban, cette calotte aiu*ait pour effet d'absorber la sueiir, de modérer la chaleur locale, et servirait à maintenir la propreté.

2® Cravate. — La plupart des anciens, et bon nombre de peuples modernes n'ont jamais pensé qu'il fût nécessaire d'affubler le cou d'aucun vêtement. L'habitude leur permettait, ou leur permet encore, de conserver nue cette région, et de se trouver bien d'un tel usage; mais, quant à nous, principalement dans les villes, l'usage et l'habitude ne nous autorisent point à suivre cet exemple. Et, pour le col d'uniforme , en particidier, loin d'atteindre le but que l'on doit se proposer, il est , de tous les genres de cravates , le moins hygiénique et le plus funeste. D'abord, il est trop rigide, et ensuite il embrasse trop étroitement les importants organes qu'il faut protéger, mais non étreindre. Ces inconvénients sont manifestes : ils sont trop sérieux, même en France, pour que, tôt ou tard, on ne songe pas à leiu* porter remède. Ces inconvénients sont des dangers en Algérie.

Le col non-seulement occasionne beaucoup de gêne et de chaleur locales, mais il peut devenir cause d'épis-

taxis, d'ophthalmîe , detroublescérébraux. Par suite, le soldat, dès qu'il est en sueur, croit pouvoir se débarrasser de ce lien douloureux, et de là des coryzas, des angines, des bronchites. Enfin, dans les marches d'été, dans les manœuvres au soleil, la constriction exercée par le col concourt au développement d'accidents encore plus graves. C'est un simple tissu , c'est un mouchoir qu'il conviendrait de lui substituer. En préservant suffisamment des intempéries, le mouchoir laisse aux vaisseaux superficiels du cou la liberté que réclame leur mode d'action. Il est, d'ailleurs, plus favorable à l'absorption de la sueur, et plus propre que le col noir. On voit quelquefois le soldat romain représenté sur les anciens monuments, portant en cravate une espèce de bande trèsbien nommée sudarium ou mappa^ et qu'il nouait sur la poitrine ^ Telle est à peu près la cravate de nos marins, et c^est ainsi que le zouave porte la sienne, sans que les avantages attachés à cette innovation se soient jamais démentis. U serait donc à souhaiter que ce changement, qui n'est pas incompatible avec l'uniforme actuel, fut d'abord introduit dans toute l'armée d'Algérie.

3® Veste. — La plupart de nos vestes boutonnées et surmontées d'un collet ont pour effet de comprimer le thorax, et de gêner à la naissance des bras et du cou. La veste de l'infanterie est trop légère pour suffire à elle seule; et la pesanteur de nos capotes, conservées

* Mailiot, ouvr. cit. 1. 1, p. 171. — Ferrario, Le cost. anc. et mod. (Europe); éd. fr. Milan, 1816-37, t. II, p. 3i4.

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