V. — VÊTEMENT
jusqu'à présent, cause, dans les jours chauds et dans les temps de pluie, une fatigue extrême.
Les pièces con*espondantes du vêtement qui nous sert d'exemple, savoir, le gilet fermé par-devant et la veste-tunique, ofirent, au contraire, tous les avantages désirables. Leur ampleur les rend accessibles à Tair, et favorables aux fonctions des viscères thoraciques, à l'exercice des mouvements. Les épaules, les bras, le cou , jouissent aussi de toute la liberté qui leur est nécessaire, dans les travaux, dans la marche. Et cette liberté ne sert pas moins pendant le sommeil, au bivac; car alors l'homme ne peut se déshabiller pour la nuit.
4** Pantalon. — Les observations qui précèdent s'appliqueraient également, soit à notre pantalon, soit au pantalon turc. Celui-là, par son exiguïté, favorise l'accimiulation du calorique propre, et ne saurait être d'un grand secours contre im froid intense, contre la pluie et l'humidité. II a trop souvent l'inconvénient de ceindre la base de la poitrine, et d'être supporté par des bretelles non extensibles. De plus, il se déchire et s'use si rapidement en campagne , qu'il n'est pas rare de le voir tomber en lambeaux , durant le cours d'une expédition. Le pantalon turc, ou le seroaâl arabe, pourvu de plis larges et nombreux, présente des conditions tout opposées.
Fixé au-dessus des hanches, au moyen d'un épais lien, ce pantalon, d'uniforme pour le zouave, dispense
de Fusage des bretelles, et maintient les oi^anes abdominaux dans Tétat de chalem* qui leur convient. Sa forme et ses dimensions sont telles qu'il ne comprime nulle part; et nous croyons même qu'il expose moins que le nôtre aux accidents de hernies, qui sont, en effet , beaucoup plus rares chez les Arabes que chez nous, bien qu'ils se livrent sans cesse à l'exercice de l'équitation. Cette dernière observation est faite par Léon l'Africain : «In Barberia, dit-il, pochi patiscono quel «maie, o diffeto, che da Latini è detto hemia^ » Ce pantalon vaste et flottant a l'avantage de renfermer une masse d'air considérable; il défend contre l'impression immédiate du froid humide , de la rosée et même de la pluie. Enfin, se terminW au-dessus du mollet, où commence la jambière, il n'a point à souffrir, pendant la marche, autant de dilacérations que celui des troupes.
Du reste , l'usage de la brayette étant aujourd'hui d'uniforme*, nous voudrions encore que le pantalon ordinaire fût pourvu de quelques phs de ceintiu^e , sur l'abdomen. Une autre modification , suggérée par l'expérience , et que nous avons vue appliquée , dans le principe, au pantalon du chasseur d'Orléans, qui fut supprimée ensuite , c'est le prolongement de la brayette en arrière'; prolongement à l'aide duquel le soldat en marche pouvait satisfaire ses besoins sans se désha-
* Descrittione delV Africa, part. I , $ 3o.
' Joarn, mil. off. ann. i84i i a* sem. p. 45 1.
^ Ibid. ann. i84o, a* sem. p. 590; ann. i843, a* sem. p. 194.