‹ De l'hygiène en AlgérieChapitre 2 sur 74 · V. — VÊTEMENT · texte numérisé non relu

V. — VÊTEMENT

divers climats , en Algérie et en France , chez les indigènes et chez nous, on ne songe pas à considérer, in* dépendamment des influences locales, la différence du vêtement. Enfin, Ton comprend qu'avec le temps Tétat sanitaire et la constitution des peuples pourront être modifiés par le fait seul de leur habillement; et nul doute pour nous que , depuis quelques siècles , les bizaiv reries de nos coutumes, sous ce point de vue, et que Tusage du maillot, par exemple, n'aient influé d'une manière sensible sur notre organisme actuel. Toujoiurs est-il que les nations vêtues amplement sont exemptes de plusieurs de nos maladies, et qu'elles jouissent, en général, d'une santé meilleure, d'une vieillesse plus assurée et plus valide, que les peuples vêtus à l'instar de l'Europe moderne.

L'armée , elle aussi , pour ne s'être pas mise en garde contre la tyrannie de la mode , a dû subir sa loi. Et c'est bien vainement que l'on a révolutionné le costume de mille manières ; car on a laissé subsister le principe du mal, alors cependant que la règle de l'uniforme eût mis à l'abri de toute fausse honte à s'afiranchir du préjugé ; tandis que les rigueurs de la tenue militaire aggravent au contraire la situation. Combien de soldats, chaque année, doivent aux seuls défauts du vêtement les maladies dont ils sont atteints , et pour lesquelles il faut les réformer, s'ils ne succombent ! Combien d'anciens militaires payent de leur santé l'honneur d'avoir vieilli sous l'uniforme I Or, notre costume étant vicieux en France, il le sera bien davantage dans un

pays comme TAlgérie, où les congestions cérébrales, les affections des viscères abdominaux, celles du cœur, celles des yeux sont plus à redouter que sous notre climat; dans un pays, d^ailleurs, où les modificateurs généraux de l'économie et le genre de vie du soldat placent au rang des premiers besoins, les bonnes conditions du vêtement. De là Fidée toute naturelle d'un habillement spécial pour le soldat en Algérie.

Il est vrai que, relativement à l'économie, la nature particulière du costume indiquerait la permanence du séjoiu* des troupes. Mais c'est une raison de plus poiur écarter toutes les dispositions de détail que l'on prend à l'égard des régiments, à leur arrivée, dispositions qui ne suffisent point pour améliorer beaucoup le vêtement actuel; car ce sont ici deux mesures que l'on doit considérer comme également nécessaires , qui se complètent l'une par l'autre, et qui ne peuvent se séparer, savoir : la spécialité des corps dont nous avons parlé précédemment (t. I, p. 108 et suiv.), et la spécialité de l'uniforme. D y a plus, c'est qu'au nombre des avantages attachés à l'établissement d'une armée perma* nente, il faut ajouter encore la facilité de réformer le costume du soldat. Ainsi l'économie elle-même trouverait son compte aux modifications que doit subir l'habillement.

Quelles seront ces modifications? c'est ce que nous rechercherons tout à l'heiu'e. Disons d'abord que dans le vêtement dont nous ferons choix , nous aurons pour guides les principes que la raison et l'expérience ont

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