‹ De l'hygiène en AlgérieChapitre 23 sur 74 · V.— VÊTEMENT · texte numérisé non relu

V.— VÊTEMENT

d'hui le poids total des objets que porte le soldat du génie, dans les marches en France, est de 2/^ kilogr. 7 ; et la fatigue que lui fait éprouver ce fardeau, déjà trèspesant, est telle que, «pendant Tétape, beaucoup d'hommes sont forcés de mettre leur sac à la voiture, ou d'y monter eux-mêmes ^ »0r, en Algérie, la charge de 1 8 kilogr. 5 peut être considérée comme équivalente à la précédente, en France, eu égard aux conditions du climat et de la vie militaire dans l'un et Tautre pays. Et cependant, combien il y a loin de notre infanterie, en général, au corps spécial du génie, par le fait du recrutement! Pour les mêmes raisons, le poids moyen de 1 5 kilogr. en Algérie, équivaut au moins à celui de 1 8 kilogr. 5 en France. Il serait donc permis de regarder ces chiffi^s, l'un, comme un terme moyen, et l'autre, comme un maximum, qu'il faudrait rarement atteindre, et ne jamais outre-passer. Dans tous les cas, cette matière, comme tout ce qui se rapporte à l'emploi des forces, doit être réglée par des chiffres. Voilà l'important.

Il faut le reconnaître , c'est dans l'usage d'un nombre suffisant d'animaux de chaîne, porteurs des approvisionnements, que réside le meilleur moyen d'alléger le fardeau de l'homme. C'est aussi dans le concours que pourront prêter au fantassin, tantôt la cavalerie, tantôt les chameaux ou les mulets , pour le transport du havre-sac ou de la couverture , qu'existe le remède au

* Gilgencrantz, Rec. de mém. de chir. et de pharm. mil. t. XLV, p. 169-170, ann. i838.

mal; et quelles que soient les difficultés qu'entraînent Tadoption et la généralisation de ce moyen, il suffit que nul autre ne le puisse suppléer poiu* que l'on doive y recourir partout et toujours, à moins d'empêchement absolu.

En siu^chai^eant le soldat de vivres, dans les expéditions, non-seulement on amoindrit, on ruine ses forces physiques et morales , mais on l'expose à la disette ; car on le sollicite à diminuer incessamment son fardeau par la satisfaction de sa faim. Nous l'avons dit (t. I, p. i33), sous peine de manquer du nécessaire , le soldat veut être rationné ; et c'est pour cela qu'il ne devrait, en général, recevoir du biscuit que pour trois ou quatre jours. D'autre part, le cheval, de même que l'homme , ne saurait porter un trop lourd fardeau sans être bientôt hors de service , sans que les mouvements de la cavalerie ne soient paralysés. Le fardeau du cavalier, comme celui du fantassin, ne devra donc jamais excéder le poids que de sages mesures aiuront une fois déterminé.

II. — On a beaucoup parlé de la charge que portait le soldat romain; et le témoignage des auteurs ne permet pas de douter que ce fardeau ne fût supérietu* au nôtre , et parfois très-considérable. Mais il faudrait se garder de l'exagérer encore, ou de prendre l'exception pour la règle, comme on l'a fait quelquefois.

César nous apprend, par exemple, que les légionnaires d'Afranius avaient reçu l'ordre de prendre pour

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