V. — VÊTEMENT
vingt-deux jours de blé^; et, suivant Tite-Live, le consul Philippe et Scipion TAfricain firent porter à leurs troupes des vivres ou des grains pour im mois, menstraam\ D est moins rare de voir le soldat chargé pour dix-sept, pour quinze et pour dix jours, soit de blé, soit de vivres. Cependant on sait quel surnom fut donné aux légionnaires de Marins , à Toccasion de leur pesant fardeau : muli Mariani^. Josèphe dit aussi que les .soldats de Vespasien et de Tite n^ étaient guère moins chargés que des! chevaux^. Or il ne suffirait pas de se reporter à l'éducation martiale des Romains, ou même à leurs gigantesques travaux, pour être en droit de considérer ces faits comme prouvant la règle générale.
La ration de pain du fantassin était pom* un mois , suivant Polybe, et de son temps « de la moitié au plus d un médimne attique de blé : » ÀV7ixoC fjLsSifivov Svo fUpv, (JLakt</l(i "USùJs^. Et le médimne étant composé de 6 boisseaux, dont chacun contenait environ 20 livres romaines®, la moitié du médimne devait peser au plus 60 livres romaines, ou im peu moins de 20 kilogr. D'où Ton voit que la ration de blé de chaque jour pesait au plus 2 livres romaines, ou un peu moins de 655 grammes.
' Dehell crô. lib. I, S 78.
* Lib. XLIV, cap. n. — (Flonis) Epitom, in Tit. Liv. lib. LVII.
* Plutarque, in C. Mario, init — Frontin, Stratagem. lib. IV, cap. i.
* De helljud. lib. III, cap. v, S 5.
' Liv. VI, fragm. viii, éd. cit. p. a36. — Lib. VI, cap. v, S Sg, éd. gr. lat. i83g, p. 36a.
* Pline, Hist na^liv. XVIII, chap. xii. — Suidas, éd. 1706, t. II, p. 517.
A ce poids des vivres, il faut ajouter celui de Thabillement, de réquipement et d'un ioiu^d armement; mais que ne pouvait-on pas attendre de soldats aguerris dès lenfance, recrutés avec art, et exercés, conune le recommande Végèce, k marcher au pas militaire, chargés dHin poids que Ton peut élever jusqu'à 60 livres (romaines), afm de les habituer, dit-il, à porter ensemble leurs vivres et leurs armes , dans les expéditions difficiles ^ I
Au reste , il ne nous semble pas que Ton doive évaluer k plus de 9 ou 1 o kilogrammes le bagage proprement dit de chaque soldat, en y comprenant les ustensiles de cuisine, tels que vase d'airain, palette de fer, corbeille, un instrument de travail, et quelquefois deux ou trois pieux liés en faisceau. Et comme les vivres, consistant en blé, farine ou biscuit, chair salée, sel et vinaigre, ne se composaient, en général, que de huit, cinq ou trois rations, il suit de là que la charge habituelle n était pas extrême, comme on Ta dit. Viennent les différentes armes; et, bien que, d'après le langage de Gicéron, le casque , le bouclier, l'épée ne fussent pas plus comptés pour un fardeau, par les guerriers romains, que leiurs épaules, leurs bras, leurs mains, «Arma enim « membra militis esse dicunt^, » les armes, soit défensives, soit offensives, ne constituaient pas moins une partie considérable du fardeau des soldats de ligne. Quant à ces charges si pesantes que l'histoire a pris
* Op. cit. lib. I, cap. xix.
^ Tuscaî, qaœst, iib. II , cap.