‹ De l'hygiène en AlgérieChapitre 30 sur 74 · V. VÊTEMENT · texte numérisé non relu

V. VÊTEMENT

pour les organes întérieurs. Comme symbole de la force, les onctions étaient même passées dans les mœurs des religions anciennes^, et de là chez les chrétiens, imitateurs des Hébreux*. Dans les temps reculés, on distribuait quelquefois aux armées des rations d'huile, dont nous voyons se servir les soldats de Xénophon, ceux d^Alexandre et ceux d'Ânnibal, aussi bien que les troupes romaines *. Divers auteurs attribuent même à la cessation de cet usage, la décroissance de la force physique chez les modernes, et paraissent croire que les Romains devaient aux onctions la faculté de souffrir beaucoup moins que nous de l'action des climats^. Quoi quil en soit, nous devons nous demander sï ces onctions ne seraient pas encore employées avec avantage, parmi nous, dans maintes circonstances, en les accompagnant des soins de propreté qu'elles exigent.

Les onctions huileuses préviendraient les funestes effets de l'humidité, du froid; et, comme déjà Toiutelle l'avait fait remarquer*^, elles excitent la transpiration, loin de la modérer, et ne s'opposent point à l'écoulement de la sueur. Elles trouveraient leur emploi dans les saisons froides, et lors des abaissements subits de la

* Volney, Les Ruines, ch. xxi, m med.

' Regam lib. I, cap. i , S Sg , 45.

* Xénophon, Exped. Cyr, lib. IV, cap. iv ; CKuvr. cil. t. IV, p. 1 43-i44- — Quinte-Curce, liv. VII, chap. iv; IX, x. — Tite-Live, Uv. XXI, chap. LV.

* Hist de la chir, (par Dujardin etPeyrilhe), t. II, p. S^S-Sag. Paris, 1774-80. — Audouin, ouvr. cit. l. I, p. 47 et suiv.

' EUm. d'hyg, cl. Il, $ 2 , éd. i838, p. ig6-ig7.

température. Elles ne seraient pas moins indiquées dans les saisons et les jours pluvieux, dans les lieux humides. Elles pourraient être utilisées chez beaucoup d^hommes, au moment de lenr retour en France. Elles seraient encore efficaces durant la saison ardente, et dans les premiers temps du séjour, en atténuant la susceptibilité cutanée, en tempérant les effets d'une chaleiu* trop vive. Cela ne parait pas douteux quand on considère que cette pratique , bien qu'usitée aussi dans le nord du globe, pour modérer l'impression du froid, dérive particulièrement des pays chauds; quand on fait attention que la peau des peuples méridionaux est le siège d'une sécrétion onctueuse, très-certainement appropriée à l'existence de l'homme dans ces contrées. Et c'est ainsi que les onctions auraient pour effet de favoriser l'immunité de certaines migrations d'un climat dans un autre , et de prévenir bien des maux que nous devons aux vicissitudes des saisons. On conçoit, au reste, que cet usage n'est pas incompatible avec l'entretien d'une grande propreté , alors qu'il est associé à celui des lotions savonneuses ou des bains, comme faisaient les anciens.

n est un autre avantage que l'on attribue aux onctions huileuses, et dont nous devons ici tenir compte: c'est la faculté qu'elles auraient de mettre obstacle à l'action des miasmes, de préserver des fièvres graves, peut-être en affaiblissant l'énergie de l'absorption, sans nuire , en aidant, au contraire, à la fonction perspiratoire de la peau. Depuis Celse jusqu'à Raymond , à la fin du

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