III. Haltes. — L'allure de la marche étant réglée
' De nox, palad. effluv, lib. I, pars i, cap. xxi, S i, a , 4« 5. * Defiaiih, éd. Foesio, i6ai, p. 3oo.
les repos seront plus ou moins fréquents , suivant les saisons et les heures du jour, suivant Tétat physiologique des troupes et la nature des lieux. Les haltes non-seulement reposent, mais elles servent à rallier les traînards , dont les angoisses ne saturaient se traduire quand , malgré tous leurs efforts, ils ne peuvent regagner le terrain qu ils ont perdu.
En général , il est bon de donner un repos de cinq à six minutes à chaque heure de marche , dans Tinfanterie. Si la chaleur était excessive, on se reposerait davantage, et beaucoup moins, s'il faisait froid. De cette manière, la colonne serait toujours massée, et chaque homme pourrait garder sa place. Le découragement ne se mettrait pas dans les rangs éclaircis; et Tarrière^garde n aurait à recueillir que les hommes vraiment fatigués, qu elle chargerait sur ses cacolets. Tout le monde arriverait en même temps à la halte du déjeuner ou du diner ; et ainsi, loin de perdre du temps, on en gagnerait.
Dans le cours des marches, principalement en été, les accidents de terrain, les hauteurs, les orientations différentes, exposeront aux transitions brusques, aux refroidissements subits , aux suppressions de la transpiration. Cette cause de maladie est sans cesse inuninente, et Ton ne saurait apporter trop de soin à s'en garantir. Les Ueux de repos seront choisis en conséquence; et poiu* la grande halte, toutes les fois que les hommes seront en sueur, il faudra craindre de s'établir siu* un sol humide ou trop ombragé , dans une de ces oasis , par exemple, dont le charme est comme irrésistible,
et qui font payer si cher leurs inimaginables voluptés. En arrivant, on fera bien de ralentir la marche, lorsque les hommes seront en sueiu*; et s'il pleuvait, on se hâterait de poursuivre jusqu'au lieu de l'établissement pour la nuit. Dans tous les cas, il est essentiel que le nombre et la durée des haltes soient réglés suivant un ordre constant , car si l'homme accablé de fatigue aspire anxieusement au repos, il supportera d'autant mieux sa peine qu'il lui sera permis d'en apercevoir le terme, ne fût-ce que pour un instant; et son courage, ses forces seront alimentés par cet espoir, qui sera luimême un soulagement.
IV. BiVAC. — Après une sage distribution de la marche, le bivac exigera tous les soins. L'emplacement que l'on choisira doit être abrité des vents nuisibles , éloigné des eaux stagnantes, des bois touffus, et présenter les autres conditions principales dW bon campement. (V. t. I, p. 3oo et suiv.) U occupera plutôt quelque relief du sol que le fond des plaines. Les sites les plus favorables seront, en outre, ceux qui permettront de se procurer sans peine l'eau, le bols, la paille et le fourrage , qui sont les principaux éléments de bien-être pour les troupes bivaquées.
Les heux élevés sont secs, ventilés et salubres; mais on sacrifie ordinairement ces avantages à la proximité d'im cours d'eau, quand il en existe dans une vallée voisine. Cependant, c'est là que les brouillards s'accumulent, et qu'ils séjoiunent encore le matin , lorsque