SERVICE
Le service intérieur dans les places, de même que celui des troupes en campagne, doit être calculé diaprés les saisons, et sur le nombre et la validité des hommes. Sans doute on pourra craindre d^amoUir le soldat, quWe discipline sévère et des exercices multipliés doivent endurcir au métier. Mais le premier soin consistera toujours à maintenir Téquilibre entre le mouvement et le repos; car en temps de paix, aussi bien que durant les expéditions, Texercice incessant, exagéré des organes locomoteurs , aura pour résultat certain d'user vite et de détériorer prématurément l'économie tout entière. L'application de ce principe, pour être souvent difi&cile, n'en est pas moins de toutes les règles hygiéniques la plus importante, dans l'exécution du service habituel des troupes.
H faut examiner ici les gardes, les manœuvres, les travaux. Nous ferons quelques réflexions ensuite sur l'instruction dans les écoles, et sur les récréations qu'il faut donner au soldat.
S I. GÂBDES.
Quand le nombre des postes est trop considérable, eu égard à celui des hommes, les fatigues de l'orga-
nisme entraînent forcément des prédispositions aux maladies. Cest ce qui arrive toutes les fois que le soldat ne dort dans son lit qu*une nuit sur trois, ou même sur quatre. D'après la r^e, le service ne devrait pas obliger à plus d une garde tous les six jours. Voici les termes de la loi : « La force des garnisons sera réglée de manière à ce que, dans le cas du service ordinaire, chaque soldat d'infanterie ait huit nuits de repos et jamais moins de six, et chaque homme de troupe à cheval, douze nuits de repos et jamais moins de six^ » D'autre part, dans la saison chaude et dans les postes insalubres, ne conviendrait-il pas que la garde fût relevée plutôt le soir que le matin ? De la sorte, Thoaune serait mieux disposé pour réagir contre les impressions des miasmes pendant la nuit, et, après une journée pénible, il jouirait du repos au lit. Il serait rationnel aussi d'abréger, dans les mêmes circonstances, le temps de la faction, d'abriter le soldat, par divers moyens, du soleil, du froid, de la pluie; d'apporter quelques modifications dans le régime. Lorsque la chaleur et la lumière auront beaucoup d'intensité, le mouvement sera préférable au repos pendant la faction. Quelquefois une tolérance bien entendue devrait même permettre au factionnaire, ou de s'asseoir à l'ombre, ou de fumer dans certaines localités marécageuses, lorsque ces licences n'auraient d'ailleurs aucun inconvénient. Mais, autant que possible, les postes insalubres devront
* Loi da 10 juill. 1791 , tit. III, art. xviii; Lois et actes du gouvernement, t. in« p. 34 a.
être , sinon abandonnés ou assainis , du moins gardés par des indigènes.