‹ De l'hygiène en AlgérieChapitre 44 sur 74 · II · texte numérisé non relu

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sur les 60 ou 70,000 hommes qui sont libérés chaque année , il n'en est qu'un bien petit nombre dont Tintelligence ait suffisamment profité d'une instruction qu ils ne trouveront peut-être plus l'occasion d'acquérir. Plus largement répandue, cependant, cette instruction se refléterait sur la nation tout entière, car les soldats reçus ignorants pour la plupart, et que l'armée rend à leurs foyers, ne seraient pas seulement formés à l'ordre, à la discipline, à l'honneur : ils aiuraient appris les principes des connaissances usuelles, et sauraient tous au moins lire, écrire et compter.

Quant à l'officier, plus encore que le soldat, il doit cultiver son esprit et se familiariser par des études incessantes avec toutes les sciences militaires. Et peut-être faudrait-il aussi que des moyens d'instruction théorique fussent institués à cet eflet dans les corps de troupe.

Mais ce qui nous parait urgent, c'est que les hommes appelés à demeurer en Algérie, conformément aux vues que nouis avons exposées , reçoivent un enseignement en rapport avec la carrière qu'ils ont à parcourir. Et le principe admis, il est évident que cet enseignement spécial aurait d'abord pour objet la connaissance de la langue arabe. La communication par le langage n'estelle pas la première raison d'union et d'harmonie entre les hommes; n'est-elle pas un inmiense moyen d'action pacifique, et le plus fort levier que nous puissions faire agir?

Dans les écoles régimentaires, indépendamment de l'instruction habituelle, il y aurait donc des cours d'a-

rabe vulgaire à Tusage des troupes , et auxquels s'empresseraient toujours d'assister les officiers et ceux qu un goût particulier entraînerait vers cette étude. Des livres élémentaires seraient composés pour faciliter l'enseignement; et des récompenses seraient décernées, à la fin des cours, aux sous -officiers et soldats qui les auraient méritées par leur aptitude et leurs progrès.

Un jour viendra, nous l'espérons, où l'on croira devoir instituer des chaires d'arabe dans nos collèges et dans nos écoles militaires. Et prochainement, sans doute, toutes les villes algériennes jouiront du bienfait de cours publics d'arabe ; en attendant que , par l'établissement d'écoles françaises , nous cherchions à répandre parmi les jeunes indigènes, des germes d'instruction et d'éducation, d'accord entre leur esprit et le nôtre. Mais si nous voulons que l'armée aussi devienne un instrument de colonisation, de civilisation, enseignons l'arabe à nos soldats : soyons bilingues.

Enfin, nous voudrions voir fonder, non-seulement dans les villes, mais sur tous les points occupés par nos armes, même dans les camps et dans les villages, des bibliothèques contenant au moins quelques-uns des meilleurs ouvrages anciens et récents, sur l'agricultmre, la géographie et l'histoire du pays. Ces divers moyens de culture intellectuelle, tout en contribuant à vulgariser des notions utiles, et dont profiteraient les affaires du pays , préviendraient bien des loisirs dangereux , bien des écarts de régime, et, par conséquent, bien des maladies.

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