‹ De l'hygiène en AlgérieChapitre 46 sur 74 · AVIS À L»ORDRE · texte numérisé non relu

AVIS À L»ORDRE

ÂprèS' avoir la ce travail , on aura compris que l'hygiène exerce un empire pour ainsi dire sans bornes sur les destinées des nouveaux Etats, et qu elle est encore aujourd'hui le premier élément de notre progrès en Algérie. On aura compris de quel poids est, dans la balance du bien et du mal, le bon choix des hommes, officiers et soldats, des administrateurs et des autorités de tous les rangs. On aura compris que les causes de

nos maladies résident beaucoup moins dans la nature du climat que dans les conditions générales de Texistence des troupes. On aura compris que non-seulement les co^ Ions, mais les indigènes, ont droit à toute notre soUici^ tude; et que ia politique et la science médicale se doivent allier ici, dans la conduite des choses et des hommes. Une dernière considération, c*est que pour veiller au salut d'une armée, il ne suffit pas encore de prévoir ses besoins et de lentourer de soins prophylactiques; il importerait qu'elle fût éclairée elle-même sur les dangers qui TenvironnenL En terminant, nous ferons donc quelques remarques sur Finstruction hygiénique des troupes.

Le ministre de la guerre, comme on le sait, prescrit ou sanctionne, par Torgane du Journal militaire officiel, les mesures préventives ou conservatrices qui lui sont proposées par le conseil de santé des années, et (pi'il approuve. Cet aréopage suprême donne l'impulsion à tout le service , par ses communications constantes avec les officiers de santé en chef de Tannée; et ceux--ci correspondent à leur tour, dans le même but, avec les chefs de service leurs subordonnés. En outre, les hommes de Tart s'éclairent mutuellement par la pro« duction de leurs écrits qui sont livrés à la publicité.

Mais tous ces grands ressorts du mécanisme général ne sauraient satisfaire aux besoins de détail , qui sont quelquefois les plus urgents. Ce sont les masses qu'il faut instruire; et, à cet effet, nous voudrions que des

instructions spéciales, des avis d'hygiène élémentaire appropriés aux indications les plus usuelles et les plus simples , fussent adressés sans relâche à Tarmée , par la voie des ordres du jour.

Les officiers et sous-officiers mettraient à profit ces notions, et s'habitueraient de la sorte à considérer toujours comme Tune des obligations de leur service, l'attention (pi'ils doivent à la santé des hommes qu'ils conunandent. Et (piant au soldat, combien de semblables avis ne lui serviraient-ils pas ! Obhgé par état à la plus stricte obéissance, déshérité, pour ainsi dire, de son libre arbitre par les justes rigueurs de la discipline; tous les actes de sa vie étant prévus et déterminés par des rè^es, comment pourvoirait-il aux exigences de l'hygiène, s'il n'en recevait le conseil ou l'ordre; et comment, s'il le reçoit , n'y pourvoirait-il pas? Telle est la toute-puissante influence des institutions, des recommandations même, sur l'état physique et moral du soldat.

Ces instructions hygiéniques publiées à l'ordre du jour, bien que particulièrement émanées des officiers de santé en chef de l'armée, seraient aussi fournies par les chirurgiens chefs de service des ambulances ou des corps, qui s'inspireraient des besoins du moment pour prendre l'initiative à cet égard. Et ainsi, le chirurgien, qui ne peut être présent partout et toujours, serait, en quelque sorte, suppléé dans ses fonctions, au moins pour les cas les plus vulgaires et pour ceux qu'il aurait su prévoir. Les officiers, enfin, ne manqueraient pas

de montrer Texempie, et de concourir à Texécution de ces préceptes , car ils savent comme nous que c'est peu pour eux de vaincre les armes à la rnain^ mais qu'ils ont encore à triompher de toutes les difficultés qu'impose l'honneur du commandement.

Tous ces avis, qui seraient au besoin reproduits de manière à pouvoir circuler dans les rangs, porteraient sur les constitutions atmosphérique ou médicale du moment , et sur les précautions qu^elles réclament; ils enseigneraient à l'homme comment il doit veiller à sa santé dans toutes les situations, en temps de paix, en temps de guerre; ils l'instruiraient sur les soins que demandent ses exercices et son sommeil; sur la protection qu'il doit à l'oi^ane de sa vue, à sa tête, à ses pieds ; sur les effets de la chaleur et de l'insolation, de rhumidité, des transitions subites de la température. Le soldat serait mis en garde contre les dangers d'un air marécageux, d'un sol infect, des écarts de régime, des spiritueux, des mauvaises eaux, d'un coucher insalubre, des animaux nuisibles. Il lui serait prescrit de réclamer des soins, aux premiers symptômes de ses maladies.

C'est, au reste, d'après ces principes, que les inspecteurs généraux du service de santé des armées se sont toujours fait un devoir de publier, non-seulement des travaux concernant l'art de guérir, mais des instructions sur les moyens de conserver la santé des troupes en campagne. Nous voyons même que le ministre de la guerre Petiet approuvait hautement ces écrits, et qu'il

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