II
en prescrivait la mise à Tordre. « Les commandants, disait-il, sur Tavis et d'après la rédaction des officiers de santé, feront mettre, plusieurs jours de suite, à Tordre, Textrait de ces conseils, et donneront, pour leur exécution, les consignes nécessaires ^ »
Les médecins et chirurgiens en chef de nos armées ont maintes fois employé ce moyen pour recomman* der aux troupes les soins (pie réclamait la situation. C'est ainsi qu'en Egypte Tarmée recevait des avis sur la piqûre du scorpion, sur les bains, sur les dangers de certains états atmosphéricpies , sur les aliments, les boissons, les transitions de la température : c'est ainsi que le général en chef y défendait Tusage du h'achicb, et portait les peines les plus sévères contre Tivrognerie. Eh bien, en Egypte, nous avons eu de grandes batailles et de nombreux assauts à livrer; nous avons effectué des marches dans le désert; nous avons souffert du scorbut, de la fièvre, de Tophthalmie, de la dyssenterie, de la peste : et là cependant, au rapport de Desgenettes, le nombre comparatif des malades a été moindre « que dans aucune des autres armées de la république en Europe , sans nulle exception^. »
Enfin, il serait à désirer que des avis analogues à ceux dont nous venons de parler fiissent publiés par les autorités locales, dans Tintérêt de nos colons, venus,
' Coste, Biron, Heurteloup.... Avis sar la santé des troupes à l'armée d'Italie; broch. an iv, p. 65.
* Deagenettes, Hist, raidie, de l'armée d'Orient, part, i, éd. i83o, p. a36; cf. p. la, 18, 55, iii , i54» 179-180, aai.
pour la plupart, de climats fort différents de celui d'Algérie, et que leur ignorance expose à tant de périls. Et Ton devrait songer aussi, plus quon ne Ta fait, à traduire et à répandre parmi les indigènes, des instructions de même nature , qui seraient mises à leur portée et accommodées à leurs mœurs. Par ce moyen, tout en remédiant à bien des maux, on agirait sur Tintelligence de ces populations, on aiderait à leur progrès : et de plus, il est permis de croire que Ton préparerait des voies d'avenir à d'autres nations africaines qui doivent recevoir de nous le baptême d'une ère nouvelle, et d'ime destinée selon le vœu de l'humanité.
Sans nul doute, notre état sanitaire et nos affaires économiques eussent gagné beaucoup à ce que ces mesures, ou de meilleures encore, eussent été dès longtemps mises en pratique ; car l'hygiène n'est pas seulement la loi protectrice des armées, elle est aussi la loi politique des colonies. Mais que l'on ne cesse d'appliquer les moyens de la science à l'assainissement , à la fécondation du sol, à la conservation, au perfectionnement des honmies ; et l'on aura du moins fait pour le mieux.