‹ De l'hygiène en AlgérieChapitre 49 sur 74 · S V. MAUVAISES EAUX · texte numérisé non relu

S V. MAUVAISES EAUX

L'analogie ou la similitude des causes qui déter-

minent Tinvasion des maladies appelées choléra, peste et fièvre jamie , étant considérée comme suffisamment établie par les travaux de nos jours, demandonsHious, d'abord, si Ton n'a pas trop nég^gé de faire entrer dans cette appréciation étiologique Tespèce d'intoxication produite par Tusage d'eaux insalubres? Cela n'est pas douteux, selon nous. Ces maladies, en général, étant attribuées à la viciation miasmatique de Tair, il était rationnel d'accorder à l'usage des eaux un degré quelconque de nocuité, alors qu'elles sont altérées aux mêmes titres que l'atmosphère : et c'est ce que l'on n'a point fait ; c'est du moins une étude à laquelle on ne s'est point assez livré.

Nous reconnaissons, d'ailleurs, que les diarrhées et les dyssenteries ont ime origine qui leur est commime avec les diverses formes pathologiques régnantes en Algérie. Or, étant admise l'influence des eaux dans le premier cas, il en résulte que la même cause pourra bien, devra même aider à la production de tous ces autres états morbides, et conséquenunent des maladies par infection palustre qui sont propres aux pays chauds; car, si l'on ne peut nier qu'une perversion spéciale dans les éléments du fluide respirable soit nécessaire au développement de ces aflections, il est incontestable qu'une perversion du même ordre dans le liquide qui sert de boisson et de véhicule aux aliments pourra concourir à manifester non-seulement les diarrhées et les dyssenteries, non-seulement les fièvres intermittentes ou continues, mais toutes les maladies congénères.

Les faits viennent à Tappui de ces inductions. Partout où se déclarent les grandes épidémies d'Asie, d'Afrique et d'Amérique, ne retrouvons-nous pas des conditions climatériques de même sorte, savoir : l'humidité, la chaleur et l'intoxication de l'air, les inondations périodiques auxquelles succède l'abaissement des eaux, d'où leur altération ?

C'est sur les rives fangeuses des bras du Gange, et alors que l'indigène s'abreuve de ses eaux corrompues^ ; c'est par suite du débordement des rivières, sur la côte de Coromandel et sur celle plus inondée encore du Malabar^; et c'est partout ailleurs, aux bords des grands marais et des fleuves, principalement pendant et après la saison pluvieuse, que les endémies de diarrhée, de dyssenterie et de choléra sévissent avec le plus d'intensité, sous le ciel brûlant de l'Inde. C'est de même, après les crues périodiques ou les pluies, que l'insalubrité des côtes occidentales d'Afrique a toujours été si funeste aux comptoirs européens'. Et tout le monde sait que dans les iles et sur le continent de l'Amérique équatoriale , notamment dans les basses plaines et sur les rivages de la mer et des fleuves, au voisi-

^ Deville, Disiert. sur le chol morb. da Bengale; th. Paris, i8a8, n* a6, p. 6-7.

' Négrin, Ess, sar la topog. de la côte de Coromandel; th. Montp. i83&, n* &6, p. 3a -33, 43. — Laplace, Voy, ant. da monde sur la Favorite, 1. 1, p. a44* — Dumont d^Urville, Voy, pitior. aut. da monde, t. I,p. i58.

' Lînd, Ess. SOT les malad. des Europ, trad. fr. 1. 1, p. Sg et suiv. — Tfaévenot, Traité des malad. des Europ. p. ai et suiv.

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