S VI. TERRES INSALUBRES
De même que les eaux, le terrain est salubre ou insalubre. Le sol communique à l'eau ses propriétés particulières; et il réagit comme elle sur la nature de l'air. C'est donc par le sol aussi qu'il faut juger l'air et l'eau. La terre , selon qu elle est cultivée ou abandonnée à elle-même, est utile ou nuisible. Quand elle ne nourrit pas, elle tue ; et c'est dans ce sens qu'il est généralement vrai de dire: «tant vaut le sol, tant vaut l'homme. » Pour le genre et le degré de cette insalubrité , ils varieront en raison de la composition minérale du sol et de ses engrais ; d'où résultera d'abord son état de sécheresse
ou d^humidité. Nous savons que ce point est capital; et nous avons dit tout à Theure (p. i5^), que le terrain argileux qui constitue plusieui*s de nos contrées palustres en France se prête particulièrement à la formation des marais : il en est de même dans tous les pays. Là, régneront les fièvres intermittentes ; et s'il est vrai que la phthisie doive être considérée comme une pneumonie cakuleiise, peut-être que là aussi cette maladie ne trouvera pas les éléments nécessaires à son développement. Telle est du moins Topinion récemment produite de M. Wanner, qui regarde les tubercules pulmœiaires comme formés par l'introduction des sels de chaux dans l'économie, par la nutrition. La Sologne étant prise pour exemple, et la chaux n'existant sous aucime forme siu* ce territoire tout argileux , c'est pour cela que l'on n'y rencontrerait pas de phthisiques^ Ainsi, les faits déjà nombreux d'après lesquels le règne de la fièvre intermittente semble exclure celui de la phthisie pulmonaire, dans certains pays paludéens, s'expliqueraient tout autrement que par les effets d'une action spéciale de l'élément miasmatique ; et sous ce point de vue, on doit le remarquer, l'hypothèse de M. Wanner n'intéresse pas seulement les questions de salubrité et d'insalubrité des lieux, de géologie médicale et de thérapeutique, mais aussi les problèmes de lantagonisme pathologique (voy. t. I, p. 5 2 et suiv.).
' Compt rend, de lAcad, des se. t. XXII, p. 1 iâ8; ann. 18&6; ibid. t. XXrV, p. 791 ; ann. 1847. — Joarn. des conn. méd. prat. t. XIII, p. 42g, ann. i8&5«ii6; ibid. t. XIV, p. 35o; ann. iSà&'i']-
Quoi qu il en soit, c est à la nature argileuse du sol qu'il faut attribuer certaines localisations d'épidémies qui ne s'étendent point sur les terres limitrophes et d'une autre natiu*e : telle fut celle de Groningue et des environs de cette ville, en 1 82 6 ^ Alors que le scorbut est endémique dans certaines localités marécageuses et humides , en Angleterre , les sites voisins secs et sablonneux en sont entièrement exempts^. De même , les fièvres intermittentes < sont presque inconnues dans la partie septentrionale de la Martinique, dont le sol formé de la réduction des pierres ponces absorbe les eaux pluviales et n'en laisse point de stagnantes'... » Dazille avait fait des observations analogues sur les divers quartiers de l'île de Saint-Domingue *• Ainsi , le Gros-Uet , à Sainte-Lucie , doit à la constitution rocailleuse de son terrain le privilège d'être à l'abri des endémies qui désolent le reste de l'île ^. Leblond signale dans beaucoup de localités de l'Amérique équatoriale, la présence ou l'absence de la fièvre jaune et des fièvres graves, suivant que le sol est limoneux ou sablonneux^. C'est encore ainsi que, selon Bruce, il règne à Sennaar une insalubrité telle que les
* Fricke, ArcL gêner . de méd. t. XVII, p. 87; ann. 18a 8.
' lind, Traité du scorb. part. 11, ch. i, trad. fr. éd. 1788, t. I, p. 160.
' MoreaudeJonnès, liénL de Ut soc. méd. d'émuL t VIII, p. i83; ann. 1817.
* Ouvr. cit. p. 66, 68, 7a.
* Pugnet, ouvr. cit. p. 34a-343.
* Ohierv, iar la fihore jaune, p. i36, lâi-i&a, lAg et suiv. a43a44, aA6.
hommes et les enfants surtout y meurent en très-grand nombre, et que les animaux y sont stériles, et n'en peuvent supporter le séjour, pendant la longue saison des pluies. Les environs sont au contraire salubres; et c'est là que Ton doit aller chercher des conditions meilleures, durant six mois de Tannée. Or la ville est bâtie sur une terre grasse, et les environs sont des sables ^ L'imperméabilité ou la porosité de la superficie terrestre, la faculté de laisser infiltrer ou de retenir les eaux, seront donc toujours une première cause de salubrité ou d'insalubrité.
En Algérie, la nature du sol est généralement calcaire, ai^ileuse et marneuse; mais ces formations se montrent très-inégalement distribuées dans les diverses parties du territoire. Les fonds de plaines, par exemple, sont presque toujours composés d'argiles et de marnes. La terre végétale changera d'ailleurs suivant les lieux , et comme les couches dont elle dérive; elle empruntera les caractères des roches qui constituent les hauteurs voisines. Ainsi, bien qu'il soit difficile de saisir des diflTérences tranchées entre les principales régions, considérées indépendamment de leur altitude, on peut dire cependant que le sol paraît être plutôt argileux et marneux à l'Est, plutôt calcaire à l'Ouest. C'est du moins ce que nous voyons clairement pour les villes de
* Voy, en Nub, et en Abyssinie, Irad. fr. éd. 1791. t. IV, p. 538, 54i. — Cf. Poncet, Voy. en Étkiop. Lettr. édif. et car. éd. i838-43, 1. 1, p. 602.
Bône et d'Oran, Tune avoisinée par une plaine argileuse et basse, l'autre par des collines de terrain crayeux. Et il est remarquable que, dans ces cas, les modes pernicieux ou dyssentérique de la manifestation morbide coïncident avec ces états particuliers du sol; de même que la fièvre intermittente nous semble confinée en général et comme localisée dans les lieux où domine Tai^ile.
Tel sol inculte des montagnes, en raison de sa composition, alimente une végétation des plus vigoiureuses; tel autre suffit à peine à de languissantes broussailles. Ici, le sel abonde et s'effleiurit largement au dehors; il imprègne les eaux courantes et celles des lacs ou des marais. Là, les roches sous-jacentes sont de nature compacte et retiennent des nappes liquides. Ailleurs, les cours d'eau s'infiltrent et disparaissent, pour reparaître à quelque distance. De même, la terre agraire, tantôt ne constitue qu'une couche très-mince: elle est légère, peu colorée , aride et nue , semée d'oasis , ou comme perdue dans des lits de galets : tantôt elle est abondante et forte, très-humide, surchai^ée d'humus et d'une richesse extrême, mais aussi d'autant plus susceptible d'effets nuisibles. Et, dans ce cas, on conçoit que la pratique indigène du brulement des végétaux iautiles dont cette terre est siurchargée puisse avoir des avantages. Quelquefois ces mêmes terrains, par le fait du retrait qui survient pendant les chaleurs, se couvrent de gerçiu*es profondes, qui multiplient à l'infini les sources d'insalubrité.
Ëvidemment, suivant toutes ces conditions si différentes, Tatmosphère locale subira, dans ses principes, des modifications non moins variées. Les propriétés des eaux potables, leur volume, leur pureté, aussi bien que la nature des productions de la terre , seront subordonnés aux mêmes influences, et réagiront à leur tour sur la masse de l'air. Et c'est ainsi que, sous l'empire de certaines constitutions, les exhalaisons du sol détermineront bien souvent des affections véritablement palustres , en Tabsence de toute eau stagnante et de tout coiurant aérien chargé du miasme des marais proprement dit. De là le danger du séjour dans la plupart des lieux incultes, et même dans les villes en ruines; de là l'impureté, quelquefois l'insalubrité de l'air voisin des rivages, comparativement à celui de la pleine mer. L'expérience prouve également qu'un lest de sable peut se transformer en foyer d'infection, à bord des navires. Chervin cite à ce propos l'opinion de Blane, qui s'exprime de la manière suivante : « Une des sources les plus abondantes d'air corrompu et de mauvaises odeurs à bord des bâtiments a été les matières putréfîables absorbées et retenues par le gravier, le sable et autres substances terreuses employées jusqu'à ce jour'. » Enfin, les étés torrentueux sous la zone équinoxiale, avec l'exubérance de leurs produits du règne organique, et l'automne, dans la plupart de nos contrées chaudes et marécageuses, avec son sol humide et chaîné de dé-
* De Vident 3e nat. des fièvres d'orig. palad. p. 46-47» broch. Paris,
pouilles végétales, ne sont-ils pas les plus redoutables saisons de Tannée? «Igitur, a dit Celse (ex anni tem-
ff poribus) autunmus longé periculosissimus^ » C'est
la doctrine des anciens^.
Bien que cette influence des émanations du sol, ou cette infection humatile, semble peu marquée en général, elle donne lieu néanmoins, dans beaucoup de localités, à des émigrations de tribus, lorsque surviennent les saisons des maladies (v. t. I, p. 6). U est impossible d^en méconnaître les effets, quand Thumidité permanente de Tautomne vient détremper la surface du sol, et développer Télément paludéen; quand une pluie passagère ou la rosée nocturne viennent seulement rhumecter. Il est surtout impossible de les méconnaître , aussitôt quWe terre en friche est ouverte par la main de Thomme , aussitôt que le soc de la charrue lui demande ce qu elle peut donner : car alors les propriétés du miasme se révèlent , quelquefois sur une large échelle^ et par des afiections extrêmement graves. Déjà nous avons dit que les émanations de Thumus et des boues, dans les camps, dans les villes non pavées, ont souvent occasionné ces sortes d accidents
* Celse, Demedicin, lib. II, cap. i.
* Hippocrate, De aer, aq, et loc. 1. 1, 5 60 etseq. éd. cit. — Epideni. lib. I, sect. II , S & ; lib. IIl, sect. m, S a, 3, i3, i5; (lib. II, sect.i,S4); t II,p. 6i5 etseq. t. III, p. 67 et seq. 96, 101 ; t. V, p. 75, éd. Littré; — Aphor, ix, x, xxii, sect. m. — Galien, De teinper, lib. I, cap. iv, t. I, p. 5^7 et seq. Comment, in Ëpid. lib. 111, com. m, S 6G, 71 ; t. XVII, pars I, p. 719-720, 730-731; Comm, in Aphor. sect. m, S 9, 10, aa; t. XVII, pars 11, p. 676-577, 6a 1 et seq. éd. cit.
(t. I , p. 3o9 , 3 1 8-3 1 9 ). C'est ainsi que nos travaux de terrassement, de routes, nos ouvrages d'enceinte et de fortifications, nos défrichements, nos cultures, ont toujours été funestes aux premiers travailleurs.
Cela ne pouvait pas ne pas être. Il faut acheter chèrement la saluhrité, la moisson. Mais ce tribut, hâtonsnous de le dire, on ne le paye quune fois. Que tous les travaux d'assainissement se poursuivent, que Fagriculture rende à la terre son ancienne abondance, et rinfection ne régnera plus. Lair et Teau, ces deux grands aliments de la vie, sont naturellement renouvelés et assainis par des courants ; et à défaut de cette modification incessante, ils se changent en poison, ils donnent la mort : « Ni obstaret motus maris... id ipsum « corrumperet universum orbem ^ » De même,. la terre veut être renouvelée et assainie ; elle veut être puisée de son humidité , de ses miasmes , et c'est à l'homme qu'est réservée cette tâche. Elle veut qu^ tous ses produits végétaux et animaux soient plus ou moins favorablement doués, suivant qu'elle est ou non l'objet de soins constants. C'est poiur cela que les peuples les plus sages ont toujours eu l'art agricole en si grand honneur, et qu'ils l'ont fait même participer du culte de la divinité.
N'est-ce pas, en effet, à cette sorte d'influence qu'il faut attribuer l'origine d'une multitude de pestes ou d'infections véritablement palustres, qui se sont tant de fois appesanties sur l'homme , comme pour l'appeler
* R. Hawkins, dans R. Buyle, Observ, de salseil maris, sect. ii , cap. m. Op. var. éd. 168082, t. II!, p. 17.
à cultiver le sol ? N'est-ce pas à cette cause que doivent être rapportées les endémies ou les épidémies siu^venues durant tous les grands travaux de remuement de terre, aussi bien que les lièvres intermittentes des maraîchers de Paris? N'est-ce pas là l'histoire des Égyptiens, des Romains, des Indiens et des Nègres, des Européens , empoisonnés parleurs canaux, par leurs égouts immenses , dans les mines du nouveau monde, dans les défrichements de toutes leiu*s colonies? N'est-ce pas aussi la raison des métamorphoses qui se sont opérées dans l'état climatérique de maintes contrées alternativement incultes et cultivées y florissantes, riches ou dépouillées de tous leurs biens? Et n'est-ce pas la raison enfin des difierences si frappantes que nous apercevons, suivant les caractères spéciaux du terrain , dans la constitution des peuples dont les traits extérieurs et les expressions fonctionnelles, toutes choses d'ailleurs égales, sont en rapport constant avec la nature des lieux ?
Comme on le voit , nous ne parlons point ici des conditions générales des climats, dont l'empire, après celui du type originel, se traduit partout en imprimant à la nature humaine des modifications qui rattachent entre elles, par quelques liens de famille, les sociétés des divers lieux situés, configurés et constitués d'une manière semblable. Nous ne cherchons pas à caractériser l'influence particulière des divers ordres de terrains, sur l'organisme des êtres qui vivent à leur surface ; et nous ne parlons pas non plus des fléaux épidémiques
développés à la suite de ces commotions extraordinaires dont le tremblement de terre de 17 56 est mi grand exemple, et dont faction se fait sentir même sur les animaux de TOcéan^ Nous laissons de côté ces considérations de physiologie géographique et de pathologie en dehors des lois communes, pour ne nous occuper que des influences les plus immédiates et des vicissitudes du sol. Mais envisagée ainsi , dans les différents pays, f étude des éléments géologiques est encore d'un intérêt extrême ; et f on a lieu de s*étonner que les auteurs ne se soient point assez mis en peine d'éclairer ce sujet. Toujours est-il que si la chimie est appelée à combler une grande lacune, en ce qui touche les qualités des eaux potables, il appartient non-seulement à la géographie physique, mais à la géologie, ou mieux à la minéralogie , de rendre les plus éminents services i la topographie médicale proprement dite.
L'énergie de ce genre d'infection, fétendue de la sphère qu'il occupe, seront toujours mesurées d'après les diverses conditions que nous avons énoncées; et Ton comprend qu'avec l'aide de la chaleur et de l'humidité, les émanations humatiles aient eu le pouvoir de développer des accidents pernicieux. Nous en citerions pour exemples les épidémies de cette nature qui se sont déclarées auprès de Constantine, de Djidjel, et dans nos divers camps de la Metidja, en i838, 1889 et i84o: épidémies résultant manifestement de l'intoxication par les exhalaisons du sol (v. p. 137). C'est donc avec raison
* Alibert, Rev. méd, fr. ann. i833; t. II, p. 67 et suiv.
que le maître de Cos et le médecin de Pergame avaient montré la route, en rattachant les constitutions insalubres et les fièvres pestilentielles de leiu's climats , à Finfluence d'une haute température, jointe à celle des inondations ou des pluies (voy. p. i 7 i ). De nos jours, nombre de voyageurs , dans l'Asie méridionale , en Afrique, et la plupart des médecins, aux Antilles, ont fait des remarques semblables. Sur ce point, la voix de l'expérience est unanime.
La mesure de la chaleur et celle de l'hygrométrie étant données, peut-être est-ce aux qualités propres des substances organiques, végétales ou animales, à leiu^ proportions entre elles , à leurs degrés de décomposition, à leurs combinaisons, soit avec l'eau, soit avec l'humus, qu'il faut surtout rapporter le principe de la variété dans les formes pathologiques des divers pays chauds. Peut-être est-ce dans ces éléments qu'il faut chercher la raison des différences entre les phénomènes cholériques , pestilentiels, ictérodes, pernicieux, ou seulement intermittents de l'infection palustre. On ne peut admettre, en effet, que les différentes quahtés de ces substances, que leurs proportions dans le mélange, que leurs états particuliers de décomposition ou de combinaison, puissent être cause de manifestations identiques sous les divers climats (voy. p. i55- 166). Cette proposition, au reste, n'est pas nouvelle. « Paludes, disait Lancisi, majorem vel minorem insalu- « britatem aeri inferunt, i** propter diversam naturam, « copiam et mixtionem aquarum , alionimque corpo-
« mm eisdem permixtonim ; a® ob varia anni tempora; « 3** propter situm regionum^ » Rien n est plus saisissant que le passage où cet observateur suit TécheUe de gravité des fièvres, depuis le commencement de l'été, jusqu'à l'automne et l'hiver. «Itaque, dit-il, principio « aestatis febres ut plurimùm tertianae non malignae cor- «ripiunt : adaucto verô aestu, febres continuae, atque « etiam exitiales urgent; longé tamen détériores eva- « surae, et plané pestilentes circa œquinoctium autum- « nale, prœcipuè si pluviœ, nebulae, rubigines, ventique « australes accesserint. » On nous permettra de continuer ce tableau, que l'on dirait tracé pour nous. » Tan- « dem circa hyemale solstitium,depemicie ubique remit- « tunt ; sed in chronicas affectiones abeunt : qui enim ab « ejusmodi castrensibus febribus liberantur, ferè semper « contumacibus viscerum obstructionibus , et quartanis « longo dein tempore diu'aturis divexari soient^. »
Lancisi s'exprime avec non moins de précision sur la question de la différence de nature des miasmes. « Pri- « mùm eflluvia è paludibus prodeuntia, non qui dem « promiscuè singtdis anni tempestatibus , regionibus aut « aquarum coUectionibus ejusdem omninô esse naturœ, « atque eosdem morbos inferre ; sed multô inter se di- « versam indolem nacta, varias secundùm varia praedic- « tarum rerum discrimina , atque mixtionisgradus, aegri- « tudines inducere arbitramur^. » L'école hippocratique
' Op. cit. lib. I, pars i, cap. v, S 2.
* Ibid. toc. cit. cap. xi , S 4.
^ Jbid. loc. cit. S 2; cf. Ibid. î) .H, 5; Ibid. cap. xii.
avait dit que le mélange semblable des miasmes répandus dans Tair produit les mêmes fièvres : « Communis « igitur febris ideà communiter omnes invadit, quôd « eumdem omnes spiritiun attrahunt, et simili corpori « spiritu similiter permixto, similes oriuntur febres^ » Mais déjà précédenmient (t. I« p. 57 et suiv.) nous avons fait remarquer que Tagent miasmatique, en Algérie, peut donner lieu, dans les mêmes circonstances extérieures, à des phénomènes qui, pour être de nature semblable , n en sont pas moins de forme très-différente; et nous avons attribué ces différences à la non-identité des miasmes , dans les divers lieux. Nous n'entrerons pas dans plus de détails sur ce sujet.
S VII. EFFBTS COMPARAS.
Si nous nous demandons maintenant quels rapports généraux existent entre la sphère de Tempoisonnement palustre et les hommes qui Thabitent, nous aurons à constater, d'abord que la population indigène est atteinte des effets du miasme, dans une proportion beaucoup moindre que les Européens; et ensuite, que tous les phénomènes de Tinfection se montrent chez TArabe avec une bénignité remarquable : d'où il suit que, chez lui, les moyens les moins énergiques peuvent suffire pour en opérer la guérison. Cette sorte de privilège se lie, sans nul doute, aux conditions de la vie parmi ces habitants, à la frugalité de l'alimentation
* Dejlaiib, Foe»ii éd. cit. p. 297.