‹ De l'hygiène en AlgérieChapitre 54 sur 74 · S VIU. TRAITEMENT · texte numérisé non relu

S VIU. TRAITEMENT

Il est temps de remarquer que le même moyen thérapeutique, la quinine, s'applique en Algérie, soit à la plupart de ces états morbides paludéens, soit encore à leurs accidents consécutifs pour lesquels, nous le répétons en passant, le changement de lieu est souvent la plus ui^ente , et quelquefois la seule indication. Ainsi Tancien adage ifuge cité y ac longé, redi tardè^, ne s*ap-

* Vitruve, Arckitect. lib. I, cap. iv.

* Dioscoride, De mater, med, lib. III, ed.lat. iSSy^cap. cxxxvi. — Cf. Matthioli, Comment, in Dioscorid, mat mei. com, ibid.

^ De simpL mediccun. temp. ac faculL lib. VI, cap. i, S 67; t. XI, p. 84 1, éd. cit.

^ Lancisi, op. cit. lib. II, epid. III, cap. 11, $ 5.

plique pas moins au soulagement de ces maux invétérés qu'à la prophylaxie de toutes les influences épidémiques.

L'emploi du sulfate de quinine est avantageux dans les diarrhées t dans les dyssenteries, dans quelques lésions des membranes muqueuses et même du tégument externe : nous l'avons vu réussir contre des engoi^ements de gansons lymphatiques, contre certaines perversions de la sensibilité , lorsque ces accidents , même sans présenter les caractères d'une intermittence marquée, reconnaissaient pour cause l'absorption miasmatique. Cet antidote s'adresse aussi, conune auxiliaire, à presque tous les cas des afiections intercurrentes, dans l'évolution desquelles le principe palustre joue un rôle qui se manifeste par la forme spéciale, et quelquefois par le type périodique de la maladie. Mais son application immédiate n'est jamais plus hautement réclamée que par les phénomènes de la fièvre grave ou pernicieuse dont le type est continu. C'est même dans ces circonstances que les sels de quinine opèrent de véritables prodiges; et alors, il faut bien reconnaître que le médicament n'agit point en vertu de propriétés anti-périodiques, comme on l'avait dit. D'où l'on voit combien serait fatale l'erreur de celui qui croirait encore devoir attendre le moment d'une insaisissable rémission, pour chercher à se rendre maître du mal. Enfin, le sidfate de quinine est d'un usage également précieux comme préservatif, et comme moyen de consolider la convalescence des fièvres. algériennes.

Cest ici le lieu de rappeler Taxiome reproduit en ces termes par Galien, « Materia enim est auxiliorum « ejusmodi affectuum cogIUtio^.. • car on ne peut disconvenir qu il ne soit applicable à ce sujet. L'identité de nature de beaucoup d'affections de formes différentes nous est donc révélée aussi par la communauté d'action du spécifique péruvien^.

Au reste , tous les médecins savent que Técorce américaine a été employée dans une foule d'épidémies de fièvre jaune, tantôt avec un succès marqué, tantôt sans résultat. Mais, alors surtout qu'il est administré dès le début, cet agent nous semble encore constituer le traitement le moins incertain de la maladie. Et peut-être un jour viendra-t-il où ce moyen, bien dirigé, ne sera pas sans efficacité dans la thérapeutique de la peste, et même dans celle du choléra épidémique. Nombre d'auteurs, dans le siècle dernier, en avaient fait usage contre les maladies pestilentielles, avant que cette pratique ne fiit suivie de quelques bons résultats entre les mains de

* De alim. faculL lib. I , cap. i , t. VI , p. A78. — Cf. De metkod. mei. lib. XII, oap. I, t. X, p. 81 3; Decomp. medicam, sec, loc. lib. I, cap. i, t. XII, p. 378, éd. cit. cf. éd. 16a 5, cl. II, fol. 9,0.

' En i838, rimportance du sulfate de quinine et la cherté de ce médicament nous conduisirent à penser qu*il pourrait être d*un haut intérêt d*essayer la culture et Tacclimatation de quelques espèces du cinchona sur divers points de TAlgérie. Nous présentâmes ce projet d'essai à T Académie des sciences* : une commission fut nommée pour Texaminer, et nous n'en avons plus entendu parler. . * Comptes reRdtti de VAcad. des te, t. VII « p. 659 , ann. i838.

plusieurs médecins de nos jours. Et pour le choléra, s'il n^a pas été modifié très-favorablement par le sulfate de quinine , ne serait-ce point parce que le mode d'emploi du médicament, son opportunité, ses doses sont encore à trouver, autant et plus que pour la fièvre jaune et pour la peste? Cest ce qu'il est toujours permis de se demander. Avant que Ton administrât le sel de quinine et durant la continuité des accidents pernicieux, et à doses énormes, combien n'a-t-on pas perdu de malades que Ton eût sauvés par ce genre de médication ! On sait que les différents stades des fièvres peuvent réclamer des traitements différents : « M ethodus curandi in imo eo- « demque morbo aliquandô varianda est^ » Comment donc n'en serait-il pas de même à l'égard des formes si complètement distinctes dont nous parlons.^ Enfin, toute puissance thérapeutique n'a-t-elle pas ses bornes.^ On conçoit , d'après cela , que si l'emploi de l'acide arsénieux dont M. Boudin obtient de bons effets en France était suivi d'un égal succès dans le traitement des fièvres intermittentes et des états pernicieux en Algérie , il pourrait se faire que ce moyen fût efficace dans les grandes épidémies des divers pays chauds. Et réciproquement, s'il existait quelques médicaments dont les avantages eussent été constatés dans ces épidémies, il faudrait ne pas négliger de les mettre à l'essai, dans les cas graves d'infection palustre algérienne. Ici, par exemple, nous rencontrons l'huile. L'emploi des frictions hui-

' R. Morton , Tract, de morh. univ, acut. exercît. ii , cap. i ; Op. med. éd. 1727, p. 108-109.

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