‹ De l'hygiène en AlgérieChapitre 55 sur 74 · II · texte numérisé non relu

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ieuses dans la prophylaxie et la curation de la peste est bien connu, depuis notre expédition d'Orient \ P. Alpino nous apprend que de son temps cette pratique était usitée en Egypte, à la manière des anciens, « more antiquorum ^. > Parmi nous, Rivière avait aussi recommandé le liniment huileux d'Âétius , comme moyen de traitement de la fièvre pestilentielle'. Aux Antilles , au Mexique , on a constaté lefficacité de Thuile en frictions , contre la fièvre jaune * ; et Ton assure que ce médicament , pris à l'intérieur à grandes doses , a compté d'éclatants succès à Tile Bourbon, dans le traitement du choléra, en 1819. On ajoute que, vers la même époque, Thuile était employée avec avantage, « dans les iles orientales d'Afrique , contre le choléramorbus , à la Havane , contre la fièvre jaune , et à Tanger, en Barbarie, contre la peste du Levant*. » Nous avons dit, en parlant des onctions, l'utilité que Ton en peut retirer, à titre de préservatif, dans les contrées palustres.

Il est peut-être curieux de remarquer que l'-appUcation du froid a de même été faite à ces diverses maladies. Les frictions glaciales ont guéri de l'épidémie

^ Desgenctles, Hist. méd. de Varm, d'Orient, part. 11, éd. i83o, p. 287 elsuiv. — Larrey, Mém, de chir, mil. et camp, t. I, p. SSy. — L. Frank, Collect. d'opusc, de méd. prat. p. 6a et siiiv. — Pinel, Nosogr. phil. éd. i8i3, 1. 1, p. 807 et suiv.

' Op. cit. Hb. IV, cap. xv. éd. cit. fol. i46 b.

' Op. cit. lib. XVn, sect. m, cap. i.

* Humboidt, ouvr. cil. loc. cit. p. 78a.

* Moreau de Jonncs, ouvr. cit. p. 53.

pestilentielle à Moscou, en 1771^; et dans ce cas, comme dans celui des frictions huileuses , la diapkorèse parait avoir été le but. Les boissons à la glace sont employées dans la première période de la fièvre jaune , à la Vera-Cruz^; et l'on sait que beaucoup de médecins, notamment à Vienne, à Berlin, à Paris, ont fait usage de la glace , tant à Textérieur qu à Tintérieur, dans le traitement du choléra.

Ce qu'il y a de certain, d'ailleurs, c'est que les boissons froides et même glacées sont considérées comme un excellent préservatif des maladies, dans les pays chauds; d'où l'antique usage de vases à rafraîchir l'eau, sur les bords du Nil : « ... testaceis quibusdam vasis', » et des alcarrazas, dans ces divers pays, approvisionnés aujourd'hui de glace ou de neige, quelques parties de l'Amérique, par les Gordillières, l'Egypte par le Liban, l'Hindoustan par les navires des Etats-Unis. L'expérience apprend également que dans tous nos sites marécageux l'action des mauvaises eaux est moins nuisible lorsqu'elles sont fraîches que lorsqu'elles ne le sont point. C'est un fait que Lancisi ne manque pas de signaler, en se fondant sur l'opinion des auteiu's, qui regardent l'usage des boissons froides comme trèsfavorable aux habitants des marais. « Potus nive refri-

* Sàmoilowitz, LetL sur les expér, desfricL glac. p. 19, 3i , 4i el suiv. broch. Paris, 1781.

' Humboldt, ouvr. cit. loc, cit. p. 781.

^ Galien, Comment, in Epid, lib. Vi, coin. IV, sect. iv, S 10, l. Wll, pars II, p. i55, éd. cil. — Cf. P. Alpino, op. cit. lib. I,cap.x, fol. 17 a.

« geratus, dit-il encore , sub insalubri cœlo saluberrimus « est^ »

Enfin, quant à la médication antiphlogistique , tour à tour et tant de fois exaltée ou frappée de discrédit, en des circonstances semblables et dans les divers lieux, la considération de ses effets n est pas moins de nature à rapprocher entre elles toutes les maladies par infection palustre. Car au milieu du conflit des opinions et des observations sur ce point, s'il est une vérité démontrée en médecine, c'est que la pratique des déplétions sanguines est généralement nuisible dans les pays chauds, surtout chez les étrangers; c'est encore, que rien n'est moins sûr que son efficacité dans le traitement des maladies endémiques de ces contrées, ne fût-ce que par la difficulté d'apprécier les circonstances dans lesquelles seulement elle peut être utile. Tel est, ce nous semble , le dernier mot du plus grand nombre des observateurs. Et, pour ce qui concerne l'Algérie , cette médication dans les maladies régnantes nous a trop longtemps et trop malheureusement éclairé siu* ses dangers, pour qu'il puisse demeurer le moindre doute à cet égard : les cas de complications inflammatoires ou de grandes congestions peuvent seuls en réclamer l'emploi.

La maladie , loin d'être active , est au contraire passive. Les affections marécageuses présentent, en général, ce caractère : on ne le conteste plus. Donc il ne faut pas débiliter encore l'organisme; il faut bien plu-

^ Op. cit. lib- If pars ii, cap. vu, $ la, i3; lib. II, epid. II, cap. v, S 17; epid. m» cap. 11, $ 10.

tôt le tonifier, si Ton ne veut s'exposer à faire cause commune avec l'agent toxique, au lieu de le combattre. Ainsi , tandis que le sulfate de quinine , avec ou sans le concours de divers auxiliaires, est une sorte de panacée contre la plupart de ces affections; de même, la saignée , dont on a démesurément fait abus , ne doit être employée qu avec la plus grande réserve dans les pays de marais, et sous les climats chauds.

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