‹ De l'hygiène en AlgérieChapitre 71 sur 74 · PESTE DE 1817 A · texte numérisé non relu

PESTE DE 1817 A

Cette peste se trouve décrite dans le Moniteur algérien^; mais, comme Fauteur du travail inséré dans ce journal s'est particulièrement attaché à suivre la marche du fléau à Alger, je crois qu'on ne sera pas fâché de trouver ici des détails concernant d'autres localités, détails puisés, comme les précédents, dans les papiers de la Compagnie d'Afrique, ou dans des chroniques arabes manuscrites.

Pendant l'hiver de 1 8 1 6 à 1 8 1 7, il avait régné à Alger une maladie épidémique très-grave, que les agents consulaires avaient qualifiée de fièvre maligne, sur les patentes de santé. On a déjà remarqué que c'est un symptôme qui précède généralement l'invasion du fléau quand celui-ci reparaît après im long intervalle. Pour les indigènes, il y avait un autre avant-coiu'eur non moins certain, c'était l'apparition des sauterelles sahariennes qui, cette année, avaient traversé le Tell par bandes innombrables, et y avaient exercé de grands ravages.

(p. 116), que la peste parut dans ce pays en 1799 et y exerça de grands ravages. L'auteur n'indique pas Torigine de la date qu'il donne à Tinvasion de cette maladie. Si cette date est exacte, il faut prolonger d'un an la durée de la peste de 1793, car c'est bien celle qui sévissait dans le Maroc en 1799.

* V. n*' 1 06 , 1 08 . 1 09 , III, lia, 11 A et 1 1 6.

Un caractère fort remarquable de la peste de 1817, c'est qu elle se manifesta presque simultanément à Bône, à Alger et à 0^an^ Elle ne parut que Tannée suivante à Tunis et à Constantine.

Le 9 juin 1817, une polacre ottomane, qui ramenait des pèlerins d'Alexandrie, avait, disait-on, apporté la peste à Bône.

Le 2 I du même mois, trois Biskri meurent à Alger, et Ton constate siu* leurs cadavres Texistence de bubons de peste et de charbon. C'est peut-être le même bâtiment qui avait débarqué des pèlerins à Bône, et qui en

' On Ht dans une lettre de Marseille du 1 4 juillet 1817 : « La petite bombarde du capitaine Hugues , partie de Bône avec trente-six cafis , trois de blé seulement , est arrivée à Toulon et m*a apporté une lettre de M. Maunn, qui m'annonce, à la date du 33 juin , ]a fâcheuse nouvelle de Tintroduclion de la peste à Bône par une polacre ottomane ramenant des pèlerins d'Alexandrie. Sa lettre m'est parvenue le 7 du courant ; mais quatre jours auparavant , notre bureau de santé publique avait eu le triste avis de cet événement , par une dépêche de M. le consul de S. M. à Tunis, datée du a 1 juin, et, depuis, une autre dépêche lui est parvenue de la part de M. le consul du roi à Gibraltar. Celle-ci , datée du 1 9 juin , portait que le fléau contagieux s'est manifesté à Alger, où il mourait, dit-on, de quarante à soixante personnes par jour. Le lendemain , le consul de S. M. Britannique , d'après un avis , a communiqué officiellement cette nouvelle au même bureau , avec cette variante que la peste s'était déclarée à Oran et qu'on y mourait dans les rues ; mais si la contagion a commencé par éclater à Bône le 1 g juin , si , de là , elle a pu s'étendre jusqu'à Alger, et d'Alger se propager jusqu'à Oran, on a de la peine à concevoir comment elle aurait fait tant de chemin en dix jours, que la nouvelle eut pu parvenir à Gibraltar. »

aura débarqué à Alger et à Oran , qui a transporté le fléau sur le littoral. Il est fâcheux qu'on ignore s'il en a également déposé à Tunis; car, dans le cas de la négative, on s'expliquerait pourquoi cette ville ne fut atteinte que Tannée suivante.

Une autre particularité moins remarquable de cette épidémie , c'est qu elle éclata en été et dans im moment où les chaleiu's étaient très-fortes, du moins à Alger, fait contraire à ce qu'on avait observé jusqu'alors.

La contagion qui avait éclaté à Bône le 9 juin , ainsi qu'on l'a vu plus haut, força les consuls de cette résidence à abandonner la ville pour aller vivre à la campagne. L'agent de la Compagnie d'Afrique ne put suivre leur exemple , à cause de la présence sur ce point des bateaux corailleiu's avec lesquels il devait avoir des rapports journaliers de service. Ce fut, comme d'habitude, une calamité poiu* le commerce européen, d'autant plus que cette année les récoltes avaient été médiocres. Heureusement la peste cessa promptement à Bone, du moins il n'en est plus question dans la correspondance de cette année.

A Alger, elle continuait ses ravages avec des intermittences depuis le 2 1 juin. Les froids suspendirent complètement son action au commencement de 1818 (en février).

L'épidémie reparut à Bône dans l'été, en juillet. Elle faisait quelques victimes; mais la plupart des malades

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